Quelques jours après la mission du chef d’état-major général adjoint chargé des opérations et renseignements, le lieutenant-général Jacques Ychaligonza Nduru, dans le Haut-Uélé, le message des Forces armées de la RDC reste sans équivoque : rassurer la population, tout en maintenant un niveau élevé de vigilance. A Wamba, territoire voisin de Mambasa et régulièrement exposé aux incursions des rebelles ADF/MTM et de leurs alliés, le général-major Mukalay Ngoy François s’est rendu sur le terrain pour évaluer de près la situation sécuritaire.

Cette visite revêt une double portée, à la fois morale et opérationnelle. Devant les militaires rassemblés en parade, le commandant du secteur opérationnel Uélé a pris le temps de s’adresser à ses hommes dans une causerie morale marquée par un ton de fermeté. Au-delà du rappel classique à la discipline, l’officier général a insisté sur la cohésion interne des troupes, mettant en garde contre toute forme de division, notamment le tribalisme, susceptible d’affaiblir l’efficacité des opérations sur le terrain. Dans un contexte sécuritaire encore fragile, ce rappel à l’unité et à la loyauté envers les institutions de la République prend tout son sens. La cohésion des forces déployées demeure l’un des piliers essentiels de la stabilité dans cette partie du Haut-Uele, confrontée à des menaces persistantes venues des zones d’activisme rebelle. Sur le plan opérationnel, le général-major Mukalay Ngoy François a également suivi un exposé détaillé présenté par le commandant du 32053ᵉ bataillon d’infanterie, portant sur la situation administrative de l’unité ainsi que sur ses capacités opérationnelles. Cette évaluation permet de mesurer le niveau de préparation des troupes et d’ajuster les dispositifs sécuritaires selon l’évolution de la menace. La participation du haut gradé au conseil local de sécurité, en présence des autorités territoriales, traduit par ailleurs la volonté de renforcer la coordination entre l’armée et l’administration locale. L’objectif affiché est de faire le point sur les risques encore présents et d’adapter les stratégies de riposte aux réalités du terrain. Si une relative accalmie semble se dessiner dans la zone, la proximité de Wamba avec des foyers d’insécurité impose une vigilance de tous les instants. Pour les FARDC, le défi reste majeur : préserver la pression militaire contre les groupes armés tout en continuant à rassurer une population encore profondément marquée par les violences passées.
Alain Panguimo