Le climat politique au Sankuru est marqué par une série de contentieux électoraux et des manifestations populaires qui suscitent de vives tensions. Après la victoire de Jules Lodi Emongo à l’élection de gouverneur, ses adversaires Joseph Lumu Akutu et Justin Omokala Wemambolo, candidats au même scrutin ont contesté les résultats, affirmant que trois non députés ont pris part au vote. Saisi, la Cour d’appel du Sankuru, sous la présidence du 1er Président Jacques Womodi Yodi, avait rendu des arrêts vivement contestés lors du contentieux des candidatures, ce qui avait conduit les contempteurs de Lodi à porter l’affaire devant le Conseil d’État où l’instruction est toujours en cours.
Audiences sous haute tension
Les audiences du contentieux à la Cour d’appel du Sankuru ont débuté dans une atmosphère particulièrement tendue. Dès lundi 27 avril 2026, le premier jour, les avocats de Justin Omokala Wemambolo se sont retirés de la barre, dénonçant une partialité manifeste d’au moins deux juges dont Jacques Womodi Yodi qu’ils soupçonnent d’avoir été corrompu par la partie adverse. L’attitude partisane de magistrats dont l’intégrité et l’impartialité sont une obligation professionnelle incontournable, a provoqué la colère de larges couches populaires du Sankuru, qui se sont mobilisées du jour même de l’élection jusqu’à présent pour protester contre la vénalité de ceux qui ont la charge de dire le droit au plus haut niveau au Sankuru. Plusieurs dizaines de manifestants ont été molestés par des policiers réquisitionnés par le 1er président de la Cour d’appel mis en cause selon des témoignages concordants recueillis sur place.
Le deuxième jour, un autre dossier est venu envenimer d’avantage la situation : celui opposant Joseph Lumu Akutu (Allié UDPS) à Jules Lodi, proclamé provisoirement élu par la CENI. Là encore, le comportement des juges a été jugé d’une partialité déroutante. Dans la salle d’audience, le désordre était tel qu’un avocat de la partie demanderesse a été invité à quitter la salle après s’être vu refuser de plaider sans aucune raison valable, une attitude perçue par beaucoup comme inacceptable dans un État de droit.
Une population frustrée et inquiète
Ces incidents renforcent le sentiment de méfiance envers l’appareil judiciaire dans la province du Sankuru. La population locale, déjà frustrée par les arrestations arbitraires qui se multiplient, redoute que les décisions à venir soient influencées par des intérêts politiques égoïstes plutôt que par le droit et l’intérêt général. D’aucuns parmi les observateurs sont d’avis que cette crise de confiance alimentera sans aucun doute de nouvelles tensions dans cette partie de la République.
Verdict attendu
Le prononcé officiel de la proclamation des résultats définitifs de l’élection des gouverneur et vice-gouverneur du Sankuru est attendu pour le 4 mai prochain. Dans un contexte où la transparence et l’impartialité sont passablement malmenées, cette échéance sera déterminante pour l’avenir social, économique et politique de la province d’origine du leader intemporel de l’indépendance de la République démocratique du Congo Patrice-Emery Lumumba.
Pascal Lookolo