AIsiro (Haut-Uélé), le cimetière de Pwame, profané avec des constructions inapropriées en un tel endroit, sucite l’indignation des parents et proches des morts censés y reposer en paix.
La situation est d’autant plus alarmante que le ministre provincial en charge de l’Aménagement du territoire, Jean-Louis Paypay Gundo a pris la décision de démolir les constructions déjà érigées sur 60% de ce site funéraire.
«Cette occupation anarchique du cimetière relève non seulement d’un manque de contrôle dans l’affectation des terres urbaines, mais aussi d’une pression foncière croissante dans la ville d’Isiro», commente un habitant. Pour un autre, proche du dossier, il s’agit tout simplement d’un manque de planification urbaine et du manque de respect des normes urbanistiques. «Des gens se sont installés ici au mépris de la vocation initiale du site, brouillant ainsi les limites entre l’espace des vivants et celui réservé aux morts», souligne-t-il indigné.
Face à une telle dérive, le ministre provincial en charge de l’Aménagement du territoire promet de lourdes sanctions contre les auteurs de cette profanation.
Mais au-delà de la répression attendue, c’est la problématique sur la gouvernance foncière qui rebondit mettant en cause la responsabilité des services compétents. Car en fait, l’on peut se poser la question de savoir comment un cimetière peut être pris d’assaut par des individus sans foi ni loi au nez et à la barbe des responsables. Même après les sanctions annoncées contre les coupables, encore faudra-t-il s’assurer que plus personne ne sera tenté de se livrer à de telles pratiques. Le cimetière de Pwame n’est qu’un cas parmi d’autres des défis auxquels les autorités provinciales sont appelées à relever. Notamment, une urbanisation incontrôlée, ainsi que la faiblesse des mécanismes de régulation quant à l’occupation des sites interdits.
Alain PANGUIMO