Le gouvernement a résolu d’accroître la sécurisation sur l’ensemble de la filière aurifère nationale. Déjà, une batterie de mesures de garde-fous visant à mieux encadrer l’exploitation et l’exportation de ce métal précieux a été adoptée par la 1ère ministre lors d’une réunion du Conseil des ministres la semaine dernière.
Il s’agit en clair d’une traçabilité renforcée, la bancarisation des opérations artisanales, ainsi que le déploiement des services de contrôle aux frontières. Autant de précautions en vu de l’assainissement de ce secteur stratégique longtemps fragilisé par les circuits informels.
Une phase pilote a ainsi été annoncée très prochainement dans la province du Haut-Uélé, avec un suivi rapproché destiné à évaluer l’efficacité des réformes engagées pour endiguer les flux illicites d’or en RDC.
A l’occasion, Judith Suminwa a rappelé les préoccupations soulevées par le président de la République lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres du 20 février 2026.
En soulignant «la nécessité de renforcer la stratégie du gouvernement dans la captation et la sécurisation du flux d’or», avec un accent sur les enjeux tant économiques que sécuritaires de ce secteur.
D’ores et déjà, une task force constituée d’experts issus des ministères et des services techniques concernés a été mise en place, avec pour mission l’identification des solutions concrètes et opérationnelles aux fins du meilleur encadrement de la chaîne de valeur de l’or, de l’extraction à l’exportation.
Plusieurs axes d’intervention prioritaires ont été définis, dont les mesures phares pour la finalisation de la révision du manuel de procédures de traçabilité des produits miniers, afin d’assurer un suivi rigoureux de l’or à chaque étape de son circuit. En même temps, le gouvernement veut en finir avec la révision du décret encadrant le Centre spécialisé d’achat, de commercialisation et d’exportation de l’or issu de l’exploitation artisanale, sur les aspects procéduraux et fiscaux.
La problématique de la formalisation des transactions et de réduction des flux financiers informels sera résolue via la bancarisation progressive des coopératives minières et des négociants. À cela s’ajoute le déploiement effectif de l’Inspection générale des mines (IGM) ainsi que du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) aux postes frontaliers, en vue de renforcer les contrôles et de lutter contre la fraude.
Au-delà, le gouvernement prévoit d’intensifier la participation de la RDC aux mécanismes régionaux, au sein du comité d’audit et dans la mise en œuvre du plan d’action du mécanisme régional de certification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), dans une dynamique de transparence et de traçabilité à l’échelle sous-régionale.
Vu l’importance stratégique de ces réformes, le ministre des Mines a été enjoint d’en assurer la mise en œuvre «dans les meilleurs délais», en commençant par le Haut-Uélé, l’une des principales zones aurifères du pays.
Un rapport de démarrage et de mise en oeuvre à mi-parcours est attendu pour un suivi rigoureux afin d’ajuster, le cas échéant, les mécanismes déployés pour pouvoir tester l’efficacité des mesures prises à cet effet.
FIDEL SONGO