Le découpage territorial mis en oeuvre en 2015 ayant conduit à l’installation effective des nouvelles provinces ne profite pas au territoire Mweka. Il se constate avec gravité et constance, la marginalisation progressive et systématique de cette entité territoriale tant au niveau provincial que national.
Pourtant, l’histoire politique récente de la jeune province kasaïenne nous rappelle la part active prise par Mweka dans le redéploiement institutionnel consécutif à ce découpage. Notre territoire a pesé de tout son poids dans les arbitrages qui ont permis l’implantation des nouvelles institutions provinciales à Tshikapa, au détriment de l’ancien district de Luebo auquel il était traditionnellement rattaché et conformément aux standards administratifs admis.
Mais, depuis lors, force est de constater une dérive préoccupante.
Sur le plan national : une exclusion structurelle
Le constat est sans appel : les portefeuilles ministériels stratégiques, les postes de responsabilités dans les entreprises publiques et établissements étatiques, sont accaparés de manière récurrente par une seule et même sphère communautaire, au détriment d’une représentation pluraliste et inclusive.
Cette concentration pose un problème juridique et politique majeur. Elle viole l’exigence d’équilibre et de représentativité nationale, principe fondamental découlant de l’esprit de la constitution, notamment en matière de gestion inclusive des institutions publiques.
Elle consacre une inégalité d’accès aux fonctions publiques, contraire au principe d’égalité des citoyens devant la loi et dans la répartition des charges publiques.
Elle fragilise la cohésion nationale en instituant une perception de l’Etat capturée par des intérêts particularistes.
Dans ces conditions, Mweka est purement et simplement exclu des circuits décisionnels nationaux.
Au niveau provincial : une marginalisation organisée
On note une absence de Mweka dans les centres de décision névralgiques de la province du Kasaï : sous-représentation flagrante dans les institutions provinciales, inexistence lors des arbitrages stratégiques.
Un espace géopolitique privilégié accapare le gouvernorat, les leviers de l’assemblée provinciale, et les relais administratifs clés.
Ce déséquilibre n’est ni fortuit, ni conjoncturel. Il est structuré et entretenu.
Qualification juridique et conséquences
La situation politique de Mweka dans la province du Kasaï se traduit par :
Une rupture du principe d’équité territoriale, une atteinte au principe de justice distributive, et une forme de discrimination indirecte fondée sur l’appartenance territoriale et communautaire.
A terme, elle constitue une menace pour la stabilité institutionnelle, la cohésion provinciale et l’unité nationale.
Proposition pour Mweka
Face à une telle situation, Mweka dénonce cette logique d’exclusion, rejette toute confiscation communautaire du pouvoir, et exige le respect strict des principes constitutionnels d’équilibre et de représentativité.
En conséquence, une réintégration immédiate et effective de Mweka dans le processus de répartition des divers portefeuilles au niveau national, une représentation équitable dans les institutions provinciales, une redistribution transparente et inclusive des responsabilités publiques est requise.
Perspectives et options légales
A défaut de correction rapide de ces déséquilibres, le territoire de Mweka se réserve le droit de recourir à toutes les voies légales et démocratiques pour les rétablir en sa faveur, notamment : initier, faire signer et adopter une pétition populaire d’envergure, saisir les judiciaires étatiques et politiques compétentes, reconsidérer son positionnement et sa situation géo-administrative.
Des dynamiques sont déjà mises en œuvre pour un éventuel rattachement du territoire à d’autres provinces limitrophes, ou encore pour la création d’une nouvelle entité territoriale dénommée Ouest-Kasaï avec Mweka comme chef-lieu afin de garantir et de s’assurer une gouvernance politique plus juste et plus équitable.
Mweka ne réclame pas un privilège. Mweka revendique un droit. Un droit fondé sur son apport dans l’édification de la province du Kasaï, son apport historique et culturel, sa loyauté institutionnelle et les principes fondamentaux d’un Etat de droit.
Le temps de l’injustice doit s’arrêter et céder la place au temps du respect des équilibres territoriaux.