C’est un véritable franchissement d’obstacle que le président Félix-Antoine Tshisekedi et son gouvernement viennent de faire opérer à la République démocratique du Congo. L’adhésion du pays à l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), une organisation régionale regroupant les États d’Afrique de l’Est et Australe engagés dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme a été annoncée en marge de la 51ème réunion de cette organisation tenue à Arusha (Tanzanie), du 23 au 27 mars 2026.
Cette participation à l’éradication du recyclage des fonds mal acquis dans les deux sous-régions du continent constitue une démonstration éloquente de la volonté des pouvoirs publics rd congolais d’en finir avec la procrastination qui pousse souvent la plupart des hauts dirigeants du Congo chaque fois qu’il s’agit de matérialiser le projet d’une gouvernance vertueuse dans la gestion publique.
Ce ‘’happy end’’ est en outre un puissant stimulant en direction des partenaires économiques et financiers internationaux après des décennies de ces sauts de puces plus ou moins cosmétiques que furent les multiples tentatives déficientes et lacunaires d’aligner le pays sur les standards internationaux pour consolider sa crédibilité financière. En effet, c’est ainsi et ainsi seulement que la RDC se convertira de manière irréversible aux valeurs de la transparence et de l’attractivité des investissements.
Fruit d’un processus conduit avec dextérité par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, cette intégration traduit la volonté du gouvernement congolais de faire de la lutte contre les flux financiers illicites un pilier central de la gouvernance publique conformément à la vision du chef de l’État Félix Tshisekedi qui entend donner une chance à ce ‘’royaume des paradoxes’’ selon une formule empruntée à Isidore Ndaywel.
Le nouvel arsenal synergétique instauré présente l’avantage d’encadrer de manière plus robuste les mécanismes de modernisation de la législation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Il fixe des ajustements permettant le balisage du chemin vers une gestion financière pouvant garantir l’élaboration et la mise en œuvre des décisions stratégiques compatibles avec l’émergence et le développement du pays.
Les réformes engagées portent sur plusieurs axes structurants, notamment le renforcement du cadre légal et réglementaire, la consolidation des organes de contrôle et de supervision, l’amélioration des mécanismes d’identification et d’évaluation des risques.
Une attention particulière a été accordée aux voies et moyens d’imposer la transparence dans l’identification des bénéficiaires effectifs des flux financiers afin d’en garantir la netteté et la traçabilité.
L’argentier national Doudou Fwamba a bûcheronné sur le renforcement et la fiabilisation des dispositifs d’enquête ainsi que sur les procédures de répression (action disciplinaire, poursuites pénales, confiscation d’avoirs illicites etc.). Son objectif avoué est de perfectionner et optimiser les diagnostics en capacités opérationnelles concrètes afin de rendre le système national de circulation des fonds plus efficace et conforme aux normes internationales en vigueur.
Tout compte fait, ce chantier de mise en ordre des mouvements des capitaux s’inscrit également dans une dynamique de mobilisation accrue des ressources internes et de lutte renforcée contre la corruption qui gangrène la société.
Au-delà de l’ESAAMLG, cette adhésion s’inscrit également dans un dispositif plus large de coopération régionale qui inclut le Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC), une institution spécialisée de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) basée à Bangui qui permet le développement harmonieux de cette sous-région en s’appuyant sur le Franc CFA.
La coordination interétatique enclenchée par cette démarche fait entrer la République démocratique du Congo de plein pied dans une boucle de rétroaction positive qui mérite d’être encouragée.
Fidel Songo avec Le Maximum