«Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve», c’est l’intitulé de la feuille de route présentée par Juliana Amato Lumumba, fille du Héros de l’indépendance congolaise Patrice-Emery Lumumba, quelques jours après sa désignation comme candidate de la République démocratique du Congo au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Elle en a décliné la teneur devant le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi qu’entouraient les chefs des corps constitués, à la Cité de l’Union africaine, au cours d’une audience, vendredi 20 mars dernier.
Au centre de cet agenda stratégique qu’elle compte mettre en œuvre au cas où elle parvenait à se hisser à la tête de l’organisation, la postulante a notamment prévu d’imprimer une politique mettant en exergue non seulement l’ambition d’une Francophonie qui tisse des liens solides et durables entre toutes les communautés ayant en partage cet espace, mais aussi une structure plus solidaire, prête à défendre la paix et la souveraineté des États membres, tout en investissant dans la jeunesse, l’éducation et l’innovation.
La bénédiction de Félix Tshisekedi
En dépit de son incontestable poids démographique et linguistique, la République démocratique du Congo n’a jamais eu à prendre les rênes de l’OIF en 56 ans d’existence. Cela justifie amplement l’initiative prise par le Chef de l’État congolais qui a tenu à rassurer publiquement Juliana Lumumba que la RDC mettra tout en œuvre pour accompagner sa candidature aussi bien au plan diplomatique que politique.

Cet engagement de la première des institutions publiques constitue en soi une promesse de succès pour l’impétrante rd congolaise. Le 19 mars dernier, le président Tshisekedi a tenu à présider personnellement la présentation officielle Juliana Lumumba au groupe des ambassadeurs francophones accrédités à Kinshasa en sollicitant officiellement le soutien de leurs États et gouvernements respectifs à cette candidature de la République démocratique du Congo en perspective de l’élection du secrétaire général de l’organisation au mois de novembre prochain au Cambodge, en marge du 20ème Sommet de la Francophonie. «Je souhaite rappeler que la République démocratique du Congo a officiellement présenté la candidature de Mme Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Cette démarche procède d’une vision claire : contribuer au renouveau et au rayonnement d’une francophonie plus forte, plus cohérente, plus influente et plus proche des peuples. C’est pourquoi, en cette occasion solennelle, je sollicite officiellement le soutien de vos États et gouvernements à la candidature de la République démocratique du Congo», a déclaré à ce propos le chef de l’État devant plusieurs partenaires et diplomates.
Consentement et engagement
Pour Félix Tshisekedi, soutenir la candidature de Juliana Lumumba ne se réduit pas seulement à accompagner une femme d’expérience. C’est surtout le choix d’une Francophonie orientée plus résolument vers sa vocation politique et humaine qui semble avoir été délaissée au cours des dernières années ; une Francophonie qui abandonnera toute réticence à défendre la paix, la coexistence pacifique et la souveraineté des États membres ; une Francophonie qui investit dans la jeunesse, l’éducation et l’innovation et qui fait du français une langue d’avenir, d’influence et de progrès.

Pour sa part, Juliana Amato Lumumba a dit à haute et intelligible voix son engagement à assumer pleinement la responsabilité à laquelle son pays la destine. «Je prends la parole, non pour parler, mais pour m’engager. Monsieur le Président, devant la nation, devant les peuples francophones et devant l’histoire, j’accepte la mission que votre Excellence nous donne», a affirmé celle qui, au-delà de son riche parcours dans le landerneau politico-institutionnel congolais et africain, n’a eu de cesse de défendre avec conviction l’héritage intemporel de son géniteur.
Fidel Songo, avec Le Maximum
