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SAILLIE EN FORME D’APPEL DU PIED A L’OPPOSITION : Bahati se fait hara-kiri

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Modeste Bahati
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Sortie médiatique remarquée, le 4 mars 2026 à Kinshasa, de Modeste Bahati Lukwebo. Le 2ème vice-président de la chambre haute du parlement congolais, également autorité morale de l’AFDC & Alliés, important regroupement politique de la majorité tshisekediste au pouvoir en RDC s’est épanché devant un parterre de journalistes et de professionnels de médias, s’attaquant sans aménité à la politique étrangère du gouvernement de la majorité USN à laquelle il appartient et à la révision constitutionnelle proposée par le président Tshisekedi. Avant de rétropédaler piteusement en affirmant sa fidélité au… patron de l’USN !

Bahati Lukwebo s’est ainsi offert une prestation médiatique qui a survolé d’importantes préoccupations politiques de l’heure, autant que la majorité politique de l’Union Sacrée de la Nation (USN) dont il faisait partie du présidium, en prenant de bien curieuses libertés. Si l’autorité morale de l’AFDC/Alliés a bien pris soin de réaffirmer son soutien à l’Accord de Washington, conclu sous l’égide des présidents Donald Trump et Félix Tshisekedi, saluant au passage la diplomatie agissante de ce dernier et exhortant ses compatriotes à accompagner les efforts pour le retour de la paix en RDC, son assentiment s’est limité là.

Pour le reste de son intervention devant la presse kinoise, le 2ème vice-président du Sénat a craché son fiel sur le cessez-le-feu auquel le gouvernement congolais sous la présidence du président Tshisekedi a souscrit dans le cadre du même Accord de Washington, en raison du statu quo que favoriserait ce texte, selon lui. «Lorsqu’on observe un cessez-le-feu, chaque camp conserve ses positions. Or, aujourd’hui, une bonne partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est occupée et administrée par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Ceux qui soutiennent le statu quo appuient la partition de notre pays», a déclaré Modeste Bahati, qui, sur ce point, dénonce sans vergogne la politique gouvernementale. De son point de vue, la mise en œuvre de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies devait être prioritaire parce qu’elle exige le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Problème : des résolutions des Nations-Unies relatives au conflit qui dévaste la RDC depuis trois décennies, il en existe plus d’une dizaine, rangées dans les tiroirs de l’organisation planétaire sans le moindre début du commencement de leur mise en œuvre.  «Dormir sur ses lauriers dans l’attente de l’exécution d’une des dernières de ces multiples résolutions rituelles du Conseil de sécurité est tout aussi statuquoiste et participe autant de la partition du pays», rétorquent les détracteurs de l’autorité morale de l’AFDC/Alliés.

Hostile à la révision constitutionnelle

Poursuivant sur sa lancée résolument critique vis-à-vis du gouvernement et de la majorité au pouvoir, le professeur Modeste Bahati a ensuite vertement critiqué la perspective de révision constitutionnelle proposée par le président Tshisekedi depuis 2024. «Ceux qui ont protégé la même constitution hier veulent la changer aujourd’hui. Si ceux qui ont 50 ou 60 ans ne sont pas matures, comment voulez-vous qu’une Constitution de 20 ans soit vieille ?», s’est-il interrogé ironiquement, faisant allusion au combat de l’UDPS contre toute modification constitutionnelle à des fins d’augmentation du nombre des mandats présidentiels sous les mandats de Joseph Kabila. Pour Modeste Bahati, la constitution en vigueur depuis 2006 en République démocratique du Congo ne poserait pas problème. Ce seraient plutôt les hommes chargés de son application qui font problème. L’argument, plutôt proche de la stratégie narrative rwandaise qui consiste à rejeter la faute sur les victimes des agressions armées en territoire congolais a été perçu comme l’expression d’un acteur politique qui a résolument choisi son camp.

Enfin, ceci explique-t-il cela ? La rencontre presse-Bahati Lukwebo du 4 mars 2026 à Kinshasa a abordé ce qui aurait pu s’apparenter à banal un fait divers non politicien mais qui, à l’examen, semble constituer la véritable raison d’une sortie médiatique que rien ne justifiait par les temps qui courent, a priori.

Victime d’une cabale affairiste

L’autorité morale de l’AFDC/A s’est déclarée victime d’une cabale montée par des officines non autrement identifiées en complicité avec une société brassicole et un cabinet d’avocats dans le cadre de l’acquisition supposée de la succursale de cette entreprise brassicole, propriété d’un groupe néerlandais à Bukavu. Ce qui enrage particulièrement Modeste Bahati dans ce dossier, c’est la transmission à la présidence de la République d’un rapport relatif à cette acquisition-polémique, qui le présente comme l’actionnaire qui aurait acquis l’entreprise brassicole. Le 1er vice-président du Sénat proteste et assure que l’information est fausse. Il se présente comme la première victime de la guerre injuste imposée à la RDC par le Rwanda, faisant allusion au pillage de certaines de ses propriétés commerciales dans sa province d’origine par les troupes d’occupation rwandaises et leurs affidés. Ci-git vraisemblablement le vrai problème qui a fait sortir de ses gonds cet acteur politique issu de la société civile des dernières années de la deuxième République, que ses détracteurs disent à la tête d’une impressionnante fortune, acquise par des voies peu reluisantes. Selon plusieurs sources, Bahati Lukwebo se serait accommodé de l’invasion et de l’occupation des territoires congolais de l’Est pour protéger ses intérêts financiers. Dans les réseaux sociaux, des propos attribués à Justin Bitakwira, un notable fuliro du Sud-Kivu connu pour son franc-parler, suggèrent que ce sont les troupes d’occupation de la Rwanda Defence Force qui assurent la sécurité des propriétés commerciales et industrielles du 2ème vice-président de la chambre haute du parlement congolais. L’affaire dépasse donc le seuil de la simple transmission d’un rapport dénonciateur erroné au sommet de l’Etat.

Contre sa majorité plutôt que l’opposition

La prestation médiatique polémique de l’autorité morale de l’AFDC/A apparaît donc aux yeux de certains observateurs comme une réplique et un repositionnement politique. Elle semble davantage dirigée contre sa majorité politique que contre l’opposition au sujet de laquelle Modeste Bahati ne pipe mot.

«Accuser le gouvernement de favoriser un statu quo qui entretienne la partition du pays est extrêmement grave puisqu’il exonère l’agresseur rwandais et ses supplétifs et menace la cohésion nationale indispensable pour mettre un terme à l’agression», réagit à ce sujet Matamba, un internaute kinois. Tout autant que s’attaquer de front à la proposition de modification de la constitution, suggérée par le président de la majorité à laquelle on appartient depuis 2024, il y a donc deux ans de cela.

Sur la question de la modification constitutionnelle, les détracteurs de Bahati Lukwebo au sein de la majorité au pouvoir lui reprochent l’adoption de la stratégie de l’opposition politique qui consiste à réduire les objectifs de cette modification au dessein supposé d’augmentation ou de prolongation du mandat du président de la République en place. Alors que dans ces milieux politiques aux affaires en RDC, la constitution de 2006 qui a consacré les Accords de Sun City (Afrique du Sud) est perçue comme une « constitution-butin de guerre » en ce qu’elle a fait la part trop belle aux belligérants qui écumaient la rd Congo. Plusieurs analystes estiment en outre que la constitution de 2006 a également favorisé une occupation de fait d’une partie du territoire nationale et le pillage des ressources minières du pays en dépossédant le pays de son sous-sol. Modifier la constitution apparaît dès lors comme un acte de recouvrement de la souveraineté phagocytée de la RDC, de ce point de vue.

Valse de dénonciations

Au sein de la majorité présidentielle au pouvoir en RDC, l’heure n’est donc pas aux atermoiements dans l’affaire Bahati Lukwebo. Au Sénat, une motion de défiance, qui reproche au 1er vice-président un «manque de respect» envers le président de la République a été initiée quelques heures après la saillie médiatique du 4 mars dernier. Et des réactions se multiplient, qui dénoncent l’attitude de l’autorité morale d’une des principales composantes de l’Union sacrée de la nation, la plateforme tshisekediste. A l’instar de celle de l’actuel ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. Cet ancien gouverneur de la province-martyre du Nord-Kivu accuse Modeste Bahati (et nombre d’acteurs politiques de la RDC) d’obéir aux injonctions des chefs d’Etats voisins comme Paul Kagame et Yoweri Museveni, qui encouragent l’opposition à toute modification de la constitution de leur voisin rd congolais. «Je suis étonné de voir ces deux présidents instrumentaliser certains politiciens congolais pour faire des sorties médiatiques contre la révision de la constitution. J’ai des preuves et je sais de quoi je parle. De l’argent aurait même été donné du côté du Katanga pour pousser la jeunesse katangaise à prendre des armes», écrit-il sur son compte X, le 8 mars 2026, soit 4 jours après l’exploit Bahati Lukwebo. «Monsieur Bahati et d’autres politiciens devraient être des vrais politiciens et non des serviteurs de Kigali», ponctue Julien Paluku.

Autre membre du présidium de l’Union Sacrée de la Nation, le député national et PCA de Lignes Maritimes Congolaises, SA Lambert Mende Omalanga a déclaré au cours d’un entretien avec notre consœur  Chancella Tshala de CT News que «personne n’a le droit d’interdire à notre peuple de réfléchir. A force de se prendre pour le nombril de l’univers, notre ami Modeste Bahati Lukwebo risque de connaître le destin futile d’un grain de sable dans le désert ou d’une goutte d’eau dans le fleuve».

Pire, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent au Sénat pour dénoncer une attitude jugée fourbe et perfide du 2ème vice-président. Le 7 mars, le bureau du Sénat a pris formellement ses distances des propos de son membre, qui «n’engagent que sa personne», selon le communiqué publié par l’honorable Nefertiti Ngudianza, la rapporteure. 48 heures plus tard, le 9 mars dernier, le groupe parlementaire AFDC/A à la chambre haute du parlement a littéralement dénoncé les propos de son autorité morale, qui «n’avaient fait l’objet d’aucune concertation préalable» au sein du groupe.

De toute évidence, l’addition de cette pantalonnade sera plutôt corsée pour Bahati, malgré des dénégations quasiment inaudibles au milieu du tintamarre des réactions suscitées par sa sortie médiatique du 4 mars 2026.

J.N.

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LE MAXIMUM 12 mars 2026 12 mars 2026
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