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SANCTIONS AMÉRICAINES CONTRE L’ARMEE RWANDAISE : Minuit moins cinq pour Kagame !

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Le président rwandais Paul Kagame
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Le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement salué la décision du Département du Trésor des États-Unis, à travers son organe de contrôle financier, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), d’imposer des sanctions ciblées contre les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que quatre de leurs responsables au plus haut niveau.

Ces sanctions, annoncées le 2 mars 2026, inscrivent l’institution Rwanda Defence Force et quatre de ses principaux animateurs sur une liste intitulée Specially Designated Nationals (SDN). Elles font suite à l’implication présumée des RDF aux côtés du M23 dans les opérations militaires menées dans l’Est congolais, une région en proie à une insécurité persistante depuis plusieurs années. Elles frappent aussi bien l’armée gouvernementale rwandaise elle-même que les officiers généraux rwandais ci-après  individuellement :

Général Vincent Nyakarundi, Army Chief of Staff des RDF,

Général Ruki Karusi, Commandant de la 5ème division d’infanterie des RDF,

Général Mubarakh Muganga, Chief of Defence Staff des RDF et

Général Stanislas Gashugi, Commandant des forces spéciales

Un signal diplomatique fort

Dans son communiqué, le gouvernement de la République démocratique du Congo considère ces mesures comme un signal fort et clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Kinshasa y voit également une confirmation de la nécessité d’aligner les engagements diplomatiques avec les réalités opérationnelles sur le terrain.

L’OFAC explique que les sanctions ont été motivées par la persistance active du soutien de la Rwanda Defence Force au mouvement rebelle congolais M23 (formation, équipement et participation aux offensives sur le terrain. Il est aussi rappelé que ce mouvement composé théoriquement de renégats congolais est déjà sanctionné par les Etats-Unis et l’ONU pour des violations des droits humains et des déplacements massifs de civils. «Les avancées territoriales du M23 comme la prise des de villes stratégiques et de zones riches en minerais dans l’Est de la RDC n’auraient pas été possible sans l’appui opérationnel des forces rwandaises notamment grâce au déploiement de troupes, d’armements et d’équipements militaires sophistiqués (drones, systèmes de défense, brouillage, GPS etc.)», lit-on dans le communiqué de cet organe de l’US Treasury Department.

Les forces de défense et de sécurité du Rwanda sont également ciblées par les sanctions américaines à cause des violations constantes et délibérées des accords de paix signés en décembre 2025 à Washington DC entre le Rwanda et la RDC sous la médiation du président Donald Trump. Pour le gouvernement américain, l’appui de la RDF au M23 alors même que les signataires s’étaient engagés à désengager leurs forces constituait une violation flagrante de ces accords.

Les autorités congolaises insistent notamment sur la mise en œuvre effective des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington, destinés à baliser la voie vers une désescalade durable de la crise sécuritaire et humanitaire dans la région des Grands Lacs.

La paix dans les Grands Lacs au centre des priorités

Pour Kinshasa, la stabilisation durable de l’Est du pays et de la région passe impérativement par:

• la cessation de tout appui aux groupes armés ;

• le respect strict de la souveraineté des États ;

• l’observation rigoureuse des principes du droit international.

Le gouvernement congolais qui se dit prêt à assumer toutes ses responsabilités pour faire respecter la souveraineté de son peuple et l’intégrité de son territoire engage une fois de plus le Rwanda à s’inscrire dans une approche cohérente et rationnelle des partenaires régionaux et internationaux qui est la seule susceptible de matérialiser définitivement la paix et la stabilité dans la région des grands lacs.

Remerciements appuyés à Washington

La République démocratique du Congo a exprimé sa profonde gratitude au président Trump et au gouvernement des États-Unis d’Amérique pour leur implication constante et leur leadership dans les efforts visant à mettre fin au chaos et à la déstabilisation qui assaillent depuis trois décennies l’ensemble de la région des grands lacs.

Kinshasa encourage Washington à poursuivre ses initiatives avec le même élan afin de garantir la restauration dans cette région au cœur de l’Afrique des équilibres indispensables pour une paix durable et la prospérité auxquelles les populations ont un droit inaliénable.

Enfin, le gouvernement congolais réaffirme son engagement total, aux côtés de ses partenaires régionaux et internationaux, à restaurer la paix, la sécurité et l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et ce, quels que soient les défis à relever à cette fin.

Une nouvelle étape diplomatique semble donc franchie. Reste à savoir si ces sanctions auront un impact concret sur la dynamique sécuritaire dans l’Est du pays, où les populations civiles continuent quotidiennement à payer le prix fort des tensions régionales provoquées par la boulimie d’un quarteron d’hégémonistes prédateurs derrière le président rwandais Paul Kagame.

Explosion de la baudruche FDLR

On assiste par ailleurs à un réajustement des vues notamment au Congrès américains où de plus en plus de législateurs tapent du poing sur la table pour exiger de la part du Rwanda et de ses proxies du M23 des mesures concrètes relativement à la démobilisation des FDLR, ces dissidents hutus rwandais réfugiés au Congo depuis 1994 et dont la présence a toujours servi de prétexte à Kigali pour justifier ses multiples intrusions armées en territoire congolais qui sont aux sources de l’instabilité sécuritaire que vivent les populations de l’Est (Kivu).
La déclaration a été faite par le congressman républicain  Chris Smith, président de la Sous-commission Afrique de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis. Selon lui, «les zones autrefois connues pour être sous contrôle des FDLR sont aujourd’hui passées sous celui du M23 et du RDF. Cette nouvelle configuration sur le terrain implique des responsabilités claires dans le chef du Rwanda».

Pour les parlementaires américaines, même lorsqu’ils cesseront de contrôler ces zones de déploiement des FDLR conformément aux accords de Washington, Kigali et le M23 devront «démontrer, de manière transparente, les actions qu’ils ont entreprises pendant qu’ils occupaient cet espace pour neutraliser ou démobiliser ces combattants».

Depuis plusieurs années, la question des FDLR constitue un point central des tensions diplomatiques et sécuritaires entre la RDC et le Rwanda. Nombre d’observateurs sont d’avis que le gouvernement rwandais a régulièrement «recyclé» des miliciens FDLR capturés au Kivu pour les renvoyer au Congo afin de se ménager de bonnes raisons de poursuivre indéfiniment ses rapines dans le pays voisin.  Aujourd’hui, alors que plusieurs localités et sites miniers stratégiques sont toujours tenues par la RDF et ses supplétifs du M23, Washington attend des actes concrets de Kigali afin de «clore définitivement ce dossier», selon des analystes proches du Congrès américain.

José Mbembo avec Le Maximum

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LE MAXIMUM 5 mars 2026 5 mars 2026
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