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TROIS DECENNIES DE GUERRE GOMMEES : Mgr Muteba : agression reconnue, crimes méconnus

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Mgr Fulgence Muteba
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Cela n’était pas arrivé depuis des lustres. Au terme de deux jours de session au Centre Caritas de Kinshasa, le Comité permanent des évêques de la RDC réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) s’est jeté à l’eau. Par la bouche de son président, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, archevêque de Lubumbashi,  les calottes sacrées congolaises ont, finalement, reconnu l’agression rwandaise contre leur pays.

Connus pour leurs positions plutôt complaisantes au point que d’aucuns les répertorient au sein d’une opposition politique interne encline à voir dans la dernière agression rwandaise du pays de Lumumba une occasion en or de revenir à la table de distribution des cartes et des postes politiques, les évêques catholiques semblaient éviter soigneusement de scier la branche d’arbre sur laquelle comptaient leurs protégés, à l’instar de Moïse Katumbi, le ‘’Monsieur tiroir-caisse’’ des ecclésiastes exaltés.  

Surprise donc, le 20 février 2026 lorsque Mgr Fulgence Muteba que de mauvaises langues disent encartés dans le parti katumbiste et ses pairs ont publiquement nommé et condamné l’agression de la RDC par le Rwanda. Notamment, en accusant expressis verbis le Rwanda de soutenir les rebelles de l’AFC/M23, qualifiés à l’occasion de «supplétifs» de Kigali. Les prélats ont, comme à leur habitude depuis le début de l’agression rwandaise de 2022, exprimé leur vive inquiétude «face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays et les affrontements entre les FARDC et les rebelles».

Cerise sur le gâteau : les évêques catholiques ont salué les efforts des FARDC et de leurs alliés sur le terrain des opérations. Alors qu’il y a encore quelques jours, Mgr Donatien Nshole, porte-parole de l’épiscopat, déclarait sans aménité devant les caméras d’une chaîne de télévision kinoise que «les Fardc faisaient tuaient (faisaient des victimes) autant que les rebelles».

Une rarissime condamnation

La dernière prise de position des princes de l’église catholique par la voix de Mgr Muteba, un des prélats les plus alignés sur les thèses rwandaises, est perçue par nombre d’observateurs comme un tournant, parce que la sortie médiatique du 20 février dernier et la toute première dans laquelle la CENCO pointe un index  accusateur direct sur le Rwanda de Paul Kagame  comme agresseur de la RDC, malgré les résultats d’enquêtes crédibles comme celles des Nations-Unies qui se multiplient depuis quelques années.

Selon d’autres sources, ce qui ressemble à une volte-face des princes de l’église catholique de la RDC n’en est pas une, en réalité. Parce que la déclaration cléricale intervient dans un contexte politique qui contraint l’église catholique à amorcer une courbe rentrante en appelant à la cohésion nationale face à ce qu’elle présente comme des réponses internationales inefficaces pour résoudre la crise congolaise : les récents accords conclus et à conclure entre le gouvernement de Félix Tshisekedi et l’administration Trump. Sous cette angle, on se trouve face à une tentative pathétique de mettre sous le boisseau les initiatives, plutôt décriées par la majorité au pouvoir en RDC, de la coalition des églises catholiques et protestantes pour attraire les acteurs politiques du pays dans un nouveau dialogue politique.

Il n’échappe à personne que la dénonciation de l’agression rwandaise et du soutien de Kigali à ses «supplétifs» de l’AFC/M23 survient après que le Rwanda eût lui-même avoué euphémiquement entretenir une  «collaboration sécuritaire» avec les renégats congolais de l’AFC-M23. En effet, dans une déclaration faite au cours d’un hearing au Congrès américain, le 22 janvier 2026, Mathilde Mukantabana, Ambassadrice du Rwanda aux Etats-Unis, avait reconnue la coordination entre son pays et l’AFC/M23 «en matière sécuritaire». La diplomate rwandaise a laborieusement expliqué cette collaboration comme une mesure défensive visant à protéger les populations Tutsi du Congo et à prévenir toute résurgence de violences génocidaires.

Pas plus Saint que le Pape

Dans ces conditions, il n’y avait plus lieu, pour le Comité permanent des évêques catholiques de la RDC de s’évertuer à se montrer plus saint que le Pape, puisque le principal soutien de la rébellion qui endeuille l’Est de la RDC depuis 30 ans reconnaissait à haute et intelligible voix sa responsabilité dans ce désastre.

Enfin, une nuance se dessine entre les déclarations du Comité permanent des évêques, réunis en séances plénières, et celles d’un groupe de ces évêques et de leur porte-parole qui ne s’expriment pas toujours au nom de tous les prélats, qu’il est difficile de joindre à temps et à contre-temps en dehors des périodes de sessions comme celle en cours depuis quelques jours à Kinshasa. «Face à ses pairs des territoires martyrs de l’Est du pays, le président de la CENCO ne peut se permettre de nier certaines évidences au risque de provoquer une esclandre», confie un prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa, interrogé sur le sujet.

Mgr Fulgence Muteba et le Comité permanent des évêques de la CENCO n’auraient, ainsi, quasiment pas dévié de leur trajectoire politique, franchement hostile à la majorité au pouvoir à Kinshasa et proche de l’opposition, y compris rebelle. La sortie médiatique du 20 février au Centre Caritas est révélatrice à cet égard, puisque les évêques retire de la main gauche ce qu’ils offrent par la main droite : la guerre et les nombreux crimes de guerre commis par l’agresseur rwandais et ses supplétifs depuis trois décennies et qui ont coûté plusieurs millions de vies humaines sont présentés comme une simple « dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays ». Encore une fois, les évêques catholiques remettent dans le même panier les agresseurs et les agressés en déplorant «les affrontements entre les FARDC et les rebelles ».

Crimes ou banale ‘’dégradation’’ ?

Ce ne sont pas pourtant pas les preuves des crimes multiformes commis par les troupes d’occupation rwandaises et leurs supplétifs au Nord et Sud Kivu. Les rapports récents des experts des Nations-Unies et des organisations de la société civile font état de bilans très lourds pour les années 2025 et début 2026. En janvier 2026, la société civile a rapporté environ 12.000 morts enregistrés en une année sur l’ensemble des provinces du Nord et du Sud Kivu. Pour la seule province du Nord-Kivu, la société civile locale a documenté plus de 11.000 décès attribués aux actions de l’AFC/M23 jusqu’en juin 2025. Alors que bien que l’offensive rebelle au Sud Kivu soit plus récente (fin 2025), au moins 74 civils ont été tués lors des premiers combats majeurs dans cette province en décembre 2025. 

Sans compter plusieurs pics de violence relevés par des organisations internationales comme l’ONU et l’ONG Human Rights Watch :

Juillet 2025 : Plus de 300 civils (certaines sources citent 319) ont été exécutés par le M23 dans le territoire de Rutshuru, ciblant principalement des agriculteurs.

Janvier 2025 (Goma): Des combats violents aux abords de la ville ont fait 17 morts et près de 370 blessés.

Exécutions sommaires : En août 2025, Human Rights Watch a documenté l›exécution de plus de 140 civils en un seul mois dans le Nord-Kivu. 

Autant de crimes proches de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité allègrement rangés sous l’étiquette de « dégradation de la situation sécuritaire » indiquent que les évêques n’ont pas modifié d’un iota leurs positions politiques. Et leur loyauté à la patrie pose toujours problème, selon tous les observateurs.

J.N.

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