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APPEL AU CESSEZ-LE-FEU : Test pour le plan angolais

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Les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Joao Lourenço
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Sous l’égide du président angolais Joao Gonçalves Lourenço, Luanda a lancé un appel solennel à un cessez-le-feu immédiat dans la guerre entre le Rwanda et la RDC à partir de mercredi 18 février 2026. C’est une énième exhortation face à la persistance des violences armées qui continuent de déstabiliser la région des Grands Lacs et d’aggraver une situation humanitaire déjà dramatique.

Dans un communiqué officiel, le gouvernement angolais a demandé avec insistance à toutes les parties impliquées dans le conflit de «cesser les hostilités pour privilégier le dialogue et respecter les engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques régionales». Luanda insiste sur la nécessité d’une désescalade afin de créer un climat propice à des négociations sincères, seules à même de conduire vers une paix durable.

En sa qualité de médiateur régional, le président angolais, qui présidait jusque-là l’Union africaine, a réaffirmé l’engagement de son pays à œuvrer pour une solution politique et concertée à cette crise qui dure depuis plus de trois décennies. Il a indiqué que la poursuite des combats était de nature à mettre en péril non seulement la stabilité de la partie Est de la RDC, mais aussi celle de l’ensemble de la sous-région.

Cette recommandation intervient dans un contexte de tensions accrues, marqué par des affrontements armés récurrents, des déplacements massifs de populations civiles, des violences extrêmes et une pression croissante sur les capacités humanitaires disponibles. Selon Luanda, un cessez-le-feu effectif permettrait de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire indispensable et de protéger les populations affectées. La communauté internationale et les organisations régionales sont également invitées à soutenir activement  cette démarche de réduction des tensions.

L’Angola appelle enfin à un respect strict de la souveraineté des États et des principes du droit international, condition essentielle au retour de la paix et de la sécurité dans l’Est de la RDC.

Kinshasa, favorable au cessez-le-feu

La République Démocratique du Congo a répondu favorablement à la proposition de l’Angola visant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre les FARDC et la coalition RDF-AFC-M23, à partir de mercredi 18 février 2026. Selon la partie congolaise, cette proposition est acceptée dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit qui dévaste le Pays dans sa partie orientale.

Cependant, alors que le président Félix-Antoine Tshisekedi et son gouvernement ont officiellement accepté le principe d’un cessez-le-feu, l’agresseur rwandais et ses supplétifs de l’AFC-M23,  appelés à se prononcer sur cette initiative angolaise, affichent une attitude hésitante et dubitative. Interrogé par la presse à l’issue d’une réunion de travail avec la MONUSCO vendredi 13 février à Goma, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23, s’exprimant au nom de ce mouvement rebelle, s’est limité à réaffirmer rituellement l’attachement de son organisation au processus de Doha, sous l’égide du l’Émirat du Qatar.

Négociateur du mouvement rebelle à Doha, Mbonimpa a déclaré ne pas comprendre le sens de la démarche angolaise, d’autant plus que son mouvement n’a pas pris part à la réunion ayant conduit à cette proposition. «Nous ne sommes pas informés de ce qui a été décrété par l’Angola. Nous, nous sommes toujours respectueux de ce qui se fait à Doha et nous assumons toute responsabilité sur le processus de Doha. Ce qui se passe en Angola, nous n’avons pas été invités, nous ne savons même pas le contenu mais nous, nous avons toujours été respectueux du cessez-le-feu plusieurs fois signé unilatéralement, cette fois-là, cela a été consacré à Doha», a déclaré Benjamin Mbonimpa.

Cette divergence, dès le départ, entre la rébellion pro-rwandaise et le médiateur angolais est perçue par l’opinion comme un mauvais signal pour le cessez-le-feu angolais. D’aucuns craignent que cette initiative louable connaisse le même sort que les précédentes tentatives. Il ne s’agirait pas de la première initiative visant à instaurer un cessez-le-feu sur le terrain dans le cadre de la crise persistante dans l’Est de la RDC qui finisse en eau de boudin.

D’aucuns rappellent à ce sujet les multiples initiatives antérieures restées sans effet, la première étant la trêve annoncée en février 2025, à la suite de l’occupation des villes de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu) par l’armée rwandaise flanquée des renégats congolais de l’AFC-M23 laquelle n’a jamais été effective. La deuxième initiative concerne le cessez-le-feu convenu entre mars et avril 2025, après la signature d’un communiqué conjoint à Doha (Qatar) entre Kinshasa et l’AFC/M23 auquel le porte-voix des supplétifs congolais de Paul Kagame fait allusion sans expliquer pourquoi les hostilités continuent. Ce communiqué, lu à la grande surprise du public sur la télévision nationale RTNC, n’a, là encore, jamais été d’application.

Trois mois plus tard, au mois de juillet de la même année, un autre cessez-le-feu permanent avait été conclu à Doha, sans connaître la moindre concrétisation. Par la suite, la signature d’un texte relatif au mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu est intervenue, mais personne jusqu’à ce jour n’est au courant de la matérialisation de ce mécanisme sur le terrain.

A partir de la partie du territoire congolais qu’il occupe sans vergogne depuis 2021, l’armée rwandaise a fait monter d’un cran la létalité de sa présence sur fond d’accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu entre les deux parties comme si le fait de déployer ses troupes dans un pays étranger était chose normale.

Le prix Nobel congolais de la paix Denis Mukwege a mis en doute la durabilité du dernier cessez-le-feu envisagé dans l’Est de la RDC face aux rebelles de l’AFC/M23. Interrogé par un média européen, le dimanche 15 février, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, il a estimé que cette initiative risquait de s’apparenter à une simple trêve, sans que l’on sache combien de temps elle pourrait tenir. «Nous avons déjà vu de nombreux cessez-le-feu en RDC qui n’ont pas duré», a-t-il fait remarquer.

Toutefois, l’adoption de la résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, renouvelant pour une année le mandat de la MONUSCO avec un objectif révisé, place désormais la Mission onusienne en première ligne du soutien aux efforts de paix. Ceux de l’Union africaine et de la médiation togolaise, ceux des organisations sous-régionales et de leurs facilitateurs, ainsi que ceux des États-Unis et du Qatar, semblent commencer à faire bouger les lignes.

Cette dynamique est notamment illustrée par l’arrivée à Goma de la cheffe de la MONUSCO par intérim, dans le cadre des préparatifs liés au suivi et à la vérification du cessez-le-feu. Il s’agit d’une étape opérationnelle importante, après une interruption prolongée de l’accès à cette ville par voie aérienne depuis janvier 2025. Lors de son dernier séjour en RDC, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de paix, a affirmé que la MONUSCO est prête à jouer pleinement son rôle. Il a précisé que la Mission entend soutenir, dans les plus brefs délais, les efforts en vue de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu, en commençant par Uvira, avant une extension progressive, espérée, vers l’ensemble des zones affectées par la situation sécuritaire actuelle.

Limites de la médiation onusienne

A l’évidence, la seule volonté de l’Organisation des Nations-Unies et de ses technostructures ne suffit pas. La redevabilité de toutes les parties prenantes est indispensable pour faire avancer l’agenda de la paix, à commencer par le respect tangible du cessez-le-feu. Ce constat est d’autant plus renforcé par la récente interview d’António Guterres, secrétaire général de l’ONU, sur RFI, au cours de laquelle il a rappelé que l’action de la Mission onusienne en RDC demeure limitée, celle-ci n’ayant «pas la capacité d’imposer la paix». Les deux parties au conflit portent ainsi la lourde responsabilité de privilégier l’intérêt des populations civiles, premières victimes de la guerre, afin de faciliter et d’accompagner, en collaboration avec la MONUSCO, la mise en œuvre effective du cessez-le-feu.

Cet appel au cessez-le-feu fait suite à une rencontre tenue à Luanda entre les présidents angolais João Lourenço, congolais Félix Tshisekedi et togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des anciens chefs d’État désignés par l’UA comme facilitateurs du processus de paix en RDC.

On rappelle que cette dynamique diplomatique a été précédée par une réunion de haut niveau tenue à Lomé, au Togo, le 17 janvier 2026, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’Est de la RDC, cette rencontre a réaffirmé sa volonté de travailler en étroite coordination avec les États-Unis et le Qatar, afin d’encourager les différentes parties à honorer leurs engagements.

Soutien de la communauté internationale

La Belgique, partenaire historique de la RDC, a été l’une des premières à réagir publiquement. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévôt, elle a salué sur la plateforme X les «avancées ouvertes» par cette initiative angolaise. Bruxelles y voit une «étape importante» vers un apaisement et une «nouvelle dynamique diplomatique». Le chef de la diplomatie belge a également relié cet appel à la récente mission de la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU à Goma, estimant que ces démarches se renforcent mutuellement pour consolider le dialogue.

Au-delà des déclarations de principe, la position belge met l’accent sur des mécanismes opérationnels jugés indispensables. Maxime Prévôt a ainsi insisté sur l’importance cruciale du mécanisme de vérification du cessez-le-feu et sur la facilitation de l’aide humanitaire. Cette insistance tient compte des leçons tirées de précédents accords fragiles qui n’ont pas fait bouger les lignes dans la région des grands lacs africains. L’absence d’un monitoring crédible a souvent conduit à l’effritement rapide et systématique de toutes les résolutions allant dans la bonne direction. La priorité est claire : transformer les engagements sur papier en réalité palpable pour les civils pris dans l’engrenage d’une guerre surannée.

De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis ont émis un son de cloche plus clair et teinté d’un réalisme pragmatique. Massad Boulos, le conseiller principal pour l’Afrique du président Donald Trump, s’est dit encouragé par l’acceptation par Kinshasa de la proposition angolaise, y percevant un «signal positif». Cependant, le ton s’est fait dur lorsqu’il a évoqué la mise en œuvre de l’initiative angolaise. Washington a, par sa voix, appelé à une «traduction immédiate» en actions concrètes, citant explicitement la nécessité d’une cessation totale des hostilités – incluant les attaques de drones – et la protection prioritaire des civils.

Le point d’achoppement central, souligné tant par Washington que par d’autres partenaires, réside dans la mise en œuvre rapide du mécanisme de surveillance et de vérification issu des discussions de Doha. Cet outil est considéré comme la pierre angulaire de toute crédibilité future. Sans lui, les déclarations de cessez-le-feu risquent de n’être qu’un vœu pieux de plus dans un conflit marqué par les ruptures d’engagements. La diplomatie Angola – RDC se trouve donc sur une véritable ligne de crête. Elle a réussi à créer une ouverture, mais sa pérennité dépend désormais de détails techniques et de la volonté politique réelle des belligérants sur lesquels l’Oncle Sam n’est pas dépourvu de moyens de pression.

J. Mbembo

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LE MAXIMUM 19 février 2026 19 février 2026
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