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RETOUR DE KARMA POUR UN VA-T-EN GUERRE : Débaptisation de la ‘Paul Kagame Road’ à Lilongwe

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L’information a tout d’un fait divers plus ou moins croustillant. Le revers diplomatique que le président rwandais Paul Kagame vient de subir au Malawi, un pays membre de la Southern African Development Community (SADC), suite au retrait de son nom sur une des principales artères de la capitale Lilongwe et son remplacement par celui du héros national malawite John Chilembwe était pour certains chroniqueurs une banale péripétie des relations interafricaines. L’événement a fait l’objet d’un traitement trop aride qui ne permet pas d’en appréhender correctement les tenants et aboutissants.
Plus un jour ne passe sans que de nouvelles sanctions, ou pressions, ne ciblent le Rwanda pour la déstabilisation de la RDC. La pression internationale sur Kigali se fait de plus en plus forte, 5 ans après que le Rwanda se fut lancé dans une nouvelle agression de son voisin congolais en mars 2021. Le président rwandais Paul Kagame qui n’aime rien moins qu’assumer crânement ses incessantes incursions prédatrices à l’Est du Congo sur pied de prétextes spécieux est en train d’expérimenter pour la première fois le phénomène du retour de bâton appelé aussi ‘’karma punition’’ qui renvoie à des conséquences négatives d’actions passées.
Qui sème le vent récolte la tempête
Une lecture exhaustive de la chienlit dans laquelle le régime rwandais post-génocide a délibérément plongé la République Démocratique du Congo ne peut faire l’économie d’un questionnement sur la cohérence et l’opportunité d’un certain nombre de prestations stratégiques empreintes de ce triomphalisme bruyant et arrogant dont M. Kagame est très familier. Manifestement convaincu de son bon droit à faire usage de la force brute pour ponctionner chez son immense voisin de l’Ouest les ressources économiques et l’espace qu’il estime avoir besoin, l’homme fort de Kigali ne recule devant aucune atrocité. 
Un rapport de force assumé
Paul Kagame se distingue par sa propension à fabriquer des incidents fallacieux qui servent à légitimer ses actions bellicistes surannées se traduisant par des incursions sanglantes et prédatrices en territoire congolais. Mais comme l’a écrit Gautier de Coincy, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle finit par se briser. Quelques timides sanctions ont été annoncées par l’Union européenne le 17 mars 2025. Huit individus et une entreprise rwandaise ont été inscrits sur la liste des personnes sous sanctions européennes pour leur contribution déterminante à l’agression contre la RDC. La «petite mort administrative et financière» qui en découle est considéré à Kinshasa comme un signal fort susceptible d’alourdir le coût de l’aventurisme militariste des Rwandais en territoire congolais.

Le 4 mars déjà, l’Allemagne, première puissance économique du vieux continent, avait annoncé la suspension de ses engagements financiers avec le pays des mille collines. Svenja Schulze, alors ministre du Développement, a annoncé la suspension de tout nouvel engagement financier de son pays envers le Rwanda, invoquant euphémiquement le soutien du pays de M. Kagame aux rebelles du M23. Elle avait précisé que la coopération bilatérale avec Kigali serait restreinte de concert avec les partenaires européens qui avaient naguère signé moult conventions stratégiques et miniers avec Paul Kagame.
Tous ont reconnu expressis verbis que la présence de l’armée rwandaise sur le territoire de la République Démocratique du Congo que les porte-voix du régime rwandais présentent comme une mesure défensive contre les génocidaires FDLR était en fait «une agression armée et une violation flagrante de la souveraineté de ce pays qui entretient l’instabilité et l’insécurité dans toute la région des Grands Lacs africains». Et que les revenus de l’extraction illégale et du trafic des ressources naturelles de l’Est de la RDC sont utilisés pour financer le groupe armé M23, contribuant ainsi à l’escalade du conflit. Les généraux rwandais Ruki Karusisi, Eugène Nkubito et Pascal Muhizi, furent les premières cibles de ces sanctions. De même que Bertrand Bisimwa, le chef politique du M23 et Francis Kamanzi, patron de l’Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz (RMB) et principal relais vers l’Europe ou l’Amérique des minerais du sang en provenance de la RDC.

Timide réveil de la communauté internationale
Certes de telles sanctions qui frappent le régime rwandais et des renégats congolais à sa solde sont loin d’être suffisantes. Beaucoup de décideurs européens se montrent toujours complaisants envers M. Kagame. Les sanctions de l’UE n’en constituent pas moins une incitation des investisseurs et donateurs internationaux à réfléchir avant de parier sur la principauté militaire qui règne sans partage sur le Rwanda depuis le milieu des années ’90. Pour le député français Thierry Mariani, les sanctions de l’UE sont «une première victoire mais il faut aller plus loin, exiger le retrait immédiat et inconditionnel de l’armée rwandaise et du M23 de l’Est de la RDC ; annuler l’accord UE-Rwanda sur les minerais critiques ; et sanctionner Paul Kagame en personne».
Stavros Papaioannou, un homme d’affaires d’origine grecque proche de l’opposant Moïse Katumbi, qui a pris fait et cause pour le Rwanda ne décolère pas. «La vérité est que nos adversaires ont su mieux se préparer sur le plan de la guerre diplomatique. Le M23, l’AFC, et même le Rwanda, n’ont malheureusement pas été à la hauteur de ces joutes stratégiques», a-t-il rageusement vitupéré. 
Lundi 3 avril 2025, c’était au tour de la ministre canadienne Mélanie Joly, d’annoncer la suspension de «la délivrance de permis pour l’exportation au Rwanda de biens et technologies réglementés», ainsi que de «tous les nouveaux projets économiques gouvernementaux».
Revirements en cascade
Cette vague de sanctions sur le Rwanda de Kagame suivait de nombreuses mises en garde de la communauté internationale qui ont été superbement ignorées par M. Kagame. A commencer par celle du 21 janvier signé par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département américain du Trésor qui avait gelé les avoirs du général James Kabarebe, à l’époque ministre d’État rwandais chargé de l’intégration régionale, en raison de son rôle dans le soutien au M23.
Mardi 25 février 2025, le Royaume-Uni, qui n’avait jamais ménagé son soutien au régime de Paul Kagame, s’est résolu à suspendre la majorité de ses aides financières au Rwanda à cause du soutien des troupes rwandaises à l’avancée du M23 dans l’Est de la RDC. Dans la foulée, Londres avait décidé de «se coordonner avec ses partenaires sur de potentielles nouvelles sanctions».
Trois jours avant cet épisode, le 22 février 2025, le Conseil de sécurité des Nations-Unies avait adopté une résolution condamnant le Rwanda pour son soutien à l’offensive du M23 et réclamant le retrait immédiat de ses troupes de la RDC.
Les ressources financières dont le pays de Kagame peut difficilement se passer sont gravement impactées par ces sanctions. Il s’agit notamment des revenus aurifères générés par Gasabo Gold Refinery, raffinerie rwandaise frappée par les sanctions de l’UE. Les exportations rwandaises d’or se chiffraient à quelque 880 millions USD pour la seule année 2024. Pour 2025, ce sont 1 milliard 350 millions USD qui étaient attendus. Là où le coltan, en comparaison, ne rapporte que 72 millions USD/an. Avec ces sanctions européennes, les exportations aurifères rwandaises ont enregistré une baisse drastique des recettes fiscales de plus de 1 milliard 300 millions USD sur un budget annuel d’à peine 4 milliards USD.
Depuis 2022, le passage en transit de l’or par le biais de Gasabo Gold Refinery, seule raffinerie d’or du Rwanda, a contribué bon an, mal an, à faire prospérer l’exportation illicite et le trafic interlope de l’or congolais. La perspective angoissante de se voir privé des ressources mal acquises de la RDC est la véritable cause du franchissement de la frontière congolaise par plus de 6.000 militaires rwandais et de la radicalisation des renégats congolais de l’AFC/M23 qui leur servent de supplétifs.
Cette présence indésirable de l’armée rwandaise dans les provinces congolaises du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constitue pour l’UE «une violation de l’intégrité territoriale de la RDC et entretient le conflit armé, l’instabilité et l’insécurité dans la région en plus de la responsabilité des soldats rwandais dans les graves violations des droits de l’homme, y compris les punitions collectives, et autres violations des droits de l’homme commises par des membres du M23».
Kagame fait le dos rond face à ces pressions et applique sans coup férir la vieille tactique de talk and fight qui lui permet d’enfumer la communauté internationale en participant aux négociations avant de refuser in extremis de conclure.
La gifle de Lilongwe
Dans sa livraison du 17 mars 2016, alors que Paul Kagame faisait campagne pour prendre la présidence tournante de l’Union africaine, on pouvait lire ce commentaire dégoulinant de fatuité dans les colonnes de l’agence de presse gouvernementale rwandaise Igihe : « L’inauguration de la chaussée principale de Lilongwe, capitale du Malawi, longue de 3,5 Km sous le nom de Paul Kagame Road renforce l’estime du Malawi pour le Rwanda. Cette dénomination a eu aussi l’heureux effet de redorer l’image des Rwandais résidant au Malawi qui ont bénéficié d’une confiance soudaine contrairement aux années 1994-2007 où ils étaient fichés socialement comme escrocs, falsificateurs de documents, invivables et douteux en qui on ne peut pas se fier. L’annonce de ce prestigieux nom de la principale chaussée de Lilongwe, Malawites et autres étrangers résidants ont commencé à s’intéresser à la personnalité du Président rwandais Paul Kagame un homme de parole et de confiance et, en plus, conséquent. Il le décrivant comme impulseur du développement populaire. Les malawites ont donc décidé de le prendre comme un modèle vivant en lui attribuant la chaussée principale de Lilongwe nouvellement construite pour suivre son type de leadership et gouvernance centré sur les citoyens ». Et de rappeler que Kagame avait été invité au lancement des travaux de cette chaussée en 2007.
Des zélateurs de moins en moins nombreux
Igihe avait en outre relayé les propos dithyrambiques en faveur de Kagame d’un certain Eric Deo Kabera qui, tout en ayant obtenu le statut de réfugié rwandais au Malawi, n’en était pas moins un propagandiste zélé du régime en place dans le pays qu’il avait prétendument fui. Selon cet exilé paradoxal, « le président Kagame est célèbre pour son engouement aux TICs, sa fréquence sur les réseaux sociaux, sa sportivité, son action dans l’arrêt du génocide des Tutsi et son attitude dans la relance redécollage du développement socio-économique du Rwanda. Contrairement aux parias que nous étions avant ce nouveau développement, nous sommes respectés partout au Malawi et dans tout l’espace SADC. Aucun Rwandais n’a plus honte de décliner sa nationalité ».
Huit ans plus tard, de bonnes sources indiquent que le gouvernement malawite sont préoccupés par le chaos provoqué par les stratégies erratiques de M. Kagame dans la région des Grands lacs africains. Le Malawi, ancienne colonie britannique de 21 millions d’habitants, est un État membre de la SADC qui prend très au sérieux les risques de déstabilisation d’une région voisine qui pourrait avoir de graves répercussions sur sa propre sécurité.
Un itinéraire de sang et de ruines
Le recours habituel du régime post-génocide rwandais à la ruse du cheval de Troie – consistant à s’introduire dans un pays avec une intention malveillante en se faisant passer pour inoffensif – a de quoi inquiéter Lilongwe qui a vu affluer plusieurs dizaines de milliers de réfugiés rwandais depuis le génocide de 1994. Les dividendes de la victimologie en lien avec cette hécatombe sont pulvérisés jour après jour par les incessantes dénonciations du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui n’a de cesse de ramener à la surface les crimes odieux perpétrés en RDC, pays membre de la SADC, par les forces gouvernementales rwandaises. « Nous n’excluons pas que des réfugiés rwandais établis de longue date sur le territoire malawite puissent servir de vivier de recrutement de groupes armés portés à bout de bras par le Rwanda à l’instar de l’AFC/M23 ou les Twirwaneho en RDC et le Red Tabara au Burundi », estime un enseignant-chercheur malawite qui s’alarme de la multiplication des cas d’activités d’espionnage et de harcèlement voire des tentatives d’assassinat contre des dissidents ou opposants rwandais en exil. Il évoque à ce sujets des « précédents angoissants » comme l’assassinat de l’ancien ministre Seth Sendashonga à Naïrobi (Kenya) en 1998 et de l’ancien patron de la sécurité rwandaise Patrick Karegeya égorgé dans un hôtel de Johannesburg (Afrique du Sud) en 2014.
Qui veut la paix prépare la guerre
Depuis le premier coup de feu marquant le début de la cinquième agression militaire du Rwanda contre la République Démocratique du Congo à Bunagana en 2021, le président Félix Tshisekedi en a régulièrement dénoncé les conséquences humainement inacceptables devant toutes les instances internationales et régionales dont la SADC. C’est ce qui a conduit un pays comme le Malawi à diligenter une surveillance resserrée de ses sites d’hébergement qui accueillent des réfugiés rwandais. Le Dzaleka Refugee settlement dans le district de Dowa à une quarantaine de kilomètres de Lilongwe, a été ainsi le théâtre d’une série d’opérations d’envergure du Malawi Police Service qui a soigneusement scruté les 55.000 demandeurs d’asile rwandais, burundais, congolais et éthiopiens qui s’y entassent et qui sont autant de cibles de prédilection pour les recruteurs rwandais.
Les sanctions et menaces de sanctions à l’encontre de la principauté militaire qui s’est emparée du Rwanda depuis 1994 auraient dû logiquement amener l’homme fort de Kigali à résipiscence. Il n’en a rien été parce que la sagesse, le repentir et la volonté de corriger une erreur ne font manifestement pas partie des caractéristiques émotionnelles, cognitives et comportementales de M. Kagame qui multiplie les dérobades et les pantalonnades pour garder la main sur les riches régions de l’Est de la RCD que son armée occupe. Tantôt, c’est une prétendue protection des ‘’génocidaires’’ FDLR réfugiés au Congo par les FARDC qui est brandie ; tantôt, c’est le sort ‘’préoccupant’’ des Congolais rwandophones qui seraient malmenés par leurs compatriotes ou encore un imaginaire litige territorial qui serait né lors de la Conférence de Berlin de 1884-1885 alors que le Rwanda n’existait pas comme une entité étatique ! De toute évidence, l’homme s’inspire du régime nazi allemand lorsqu’en 1939, son chef, Adolf Hitler, avait simulé une attaque polonaise contre un émetteur radio situé en Allemagne pour justifier l’invasion de la Pologne. Il est aussi influencé par les militaristes japonais qui prirent prétexte en 1937 de l’absence prolongée d’un de leurs soldats dans sa caserne pour attaquer la Chine, déclarée ‘‘coupable’’ de l’assassinat du militaire qui revint, bien vivant, quelques jours plus tard, s’étant simplement égaré dans le no man’s land à la frontière séparant les deux pays…
Cette peau de banane supplémentaire sous les pieds du va-t-en-guerre Paul Kagame n’exonère donc pas les pouvoirs publics congolais de l’incontournable nécessité de se concentrer sur la consolidation des capacités de défense de la nation dont l’efficience est intimement lié à une gouvernance vertueuse. Ainsi que le disait fort opportunément l’auteur romain Végèce, « si vis pacem, para bellum » (si tu veux la paix, prépares la guerre).
Lambert Mende Omalanga

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