Ce communiqué de la Direction Générale des Impôts (DGI) datée du 02 janvier 2026 défraye la chronique. Il fait état du lancement officiel par ce service d’assiette du lancement à partir de mardi 6 janvier 2026 de l’opération du changement de plaque d’immatriculation des véhicules automoteur sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Barnabé Muakadi Muamba, le patron de ce service public, explique que l’instauration de la nouvelle plaque minéralogique vise à renforcer la sécurité des automobilistes, harmoniser le système national d’immatriculation et faciliter le travail des services de contrôle. Pour toute explication, il s’est limité à préciser que le gouvernement entend par cette initiative «améliorer la sécurité des automobilistes, harmoniser le système national d’immatriculation des véhicules et faciliter le contrôle routier par les services de la Police».
Les nombreuses réactions enregistrées ci et là révèlent que la mesure, telle qu’annoncée a plongé un grand nombre de contribuables dans le désarroi. Leur malaise est bien résumé par le chroniqueur Lionel Kibuluku qui, dans un article publié en ligne sur le site FNTV, écrit que «la nouvelle plaque d’immatriculation arrive au pire moment pour les automobilistes. Alors que les Congolais comptent chaque franc pour survivre, l’État leur demande désormais de changer de plaque d’immatriculation. Plus sécurisée et conforme aux standards internationaux (…). Sur le papier, la réforme se veut ambitieuse mais elle est perçue par de nombreux usagers comme une contrainte de plus. Le problème n’est pas tant la plaque que le moment choisi. Les automobilistes congolais croulent déjà sous les obligations : contrôle technique, permis de conduire, contrôles routiers à répétition, souvent accompagnés de tracasseries dénoncées de longue date. À cette liste s’ajoute désormais une nouvelle dépense, dont le coût reste inconnu, d’où les réactions qui oscillent entre lassitude et sarcasme mettant en exergue le fardeau financier supplémentaire dans un contexte économique déjà difficile est bien réelle».
Le silence de la DGI à propos des contribuables concernés par cette nouvelle plaque et des mesures d’accompagnement donne lieu à des conjectures en sens divers dans l’opinion.
Dans un louable effort d’éclairer ces zones d’ombres, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde qui a sous sa tutelle la DGI s’est fendu de la mise au point ci-après :
Primo : Le lancement de la nouvelle plaque d’immatriculation ne concerne pas les véhicules déjà immatriculés et en circulation à travers le pays. L’opération cible en premier lieu tout véhicule destiné à entrer en circulation pour la première fois en RDC. C’est-à-dire tout véhicule non encore immatriculé. Ainsi, il y aura coexistence légale de deux types de plaques d’immatriculation jusqu’au lancement du processus de mise en conformité.
Secundo : La nouvelle plaque d’immatriculation moderne tient notamment compte de la codification internationale de la République démocratique du Congo, ce qui n’est pas le cas de l’actuelle. Elle est en outre dotée d’un dispositif de sécurité et de lecture des données d’identification du véhicule et de son propriétaire stockées dans une base centralisée. L’ensemble des spécificités techniques de cette nouvelle plaque est en instance d’entérinement par décret du 1er ministre afin de produire ses effets.
Tertio : Le lancement de la nouvelle plaque d’immatriculation vise également (i) à opérer la mise en conformité – c’est-à-dire le remplacement de l’ancienne plaque par la nouvelle, conforme aux standards internationaux, à des coûts réduits fixés par l’arrêté ministériel y afférent – et (ii) à lutter contre la prolifération des fausses plaques minéralogiques émises en dehors du système intégré de la Direction générale des impôts (DGI).
Quarto : À partir de fin décembre 2026, les propriétaires de véhicules arborant encore l’ancienne plaque d’immatriculation devront se rendre à la DGI pour se soumettre au processus de mise en conformité. Il ne s’agira pas d’une réimmatriculation des véhicules, chose proscrite par l’article 59.2 du Code de la Route, mais d’un simple changement de la plaque d’immatriculation, tout en maintenant les éléments enregistrés lors de l’immatriculation initiale. Ce processus permettra au Gouvernement de détecter les fausses plaques et de sanctionner les fraudes et violations des textes légaux et réglementaires. Si la plaque a été obtenue légalement, le propriétaire du véhicule ne paiera qu’un montant réduit prévu pour la mise en conformité.
A l’évidence, cette explicitation fournie par l’argentier national a le mérite de rendre plus déchiffrable la situation par l’aridité du communiqué de la DGI qui était de nature à alimenter les pratiques illicites en lien avec les antivaleurs qui freinent l’émergence et le développement du Congo.
Le document rendu public par la direction générale de la DGI porte une communication déficiente qui compromet l’intelligibilité de la parole publique, condition sine qua non d’un État de droit dont les fondamentaux sont, entre autres, la transparence, l’éthique et l’efficacité.
Les non-dits du genre de ceux que d’aucuns ont débusqué dans le communiqué du 2 janvier sont à proscrire impérieusement car elles ouvrent la voie à des attitudes et comportements contraires aux lois et règlements en vigueur.-
J. Mbembo avec le Maximum