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EDITORIAL : La puissance fragile du Congo

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L’oxymore associant la puissance à la fragilité, deux concepts contradictoires, n’est pas une simple figure de style. Il ne fait que souligner le paradoxe et la complexité de la situation dans laquelle se trouve le pays de Lumumba depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale le 30 juin 1960.

La crise protéiforme qui ébranle dans ses fondements la République Démocratique du Congo, cette ‘’gâchette du revolver Afrique’’, selon une formule que l’on doit au psychiatre et essayiste franco-algérien Frantz Fanon, résulte des choix de ses élites dans les contextes historiques variés qui ont jalonné leur histoire.

Depuis que le navigateur et explorateur portugais Diego Cao, ébloui en 1482 par la majestueuse embouchure du fleuve Congo se rendit, trois ans plus tard, à Mbanza-Kongo pour présenter ses ‘’civilités’’ au roi Nzinga Nkuvu jusqu’aux temps présents, les Congolais ont vu déferler sur eux des péripéties et des mutations qui ont affecté substantiellement leur vécu quotidien et leur rapport au monde extérieur sans y apporter la moindre touche intrinsèque significative. Dans ces conditions, leur espoir de tirer un bénéfice quelconque des immenses ressources naturelles et humaines dont le pays regorge ne peut être qu’illusoire.

Il y a quelques jours, un chroniqueur américain avait visité la RDC pour un article sur l’accord de paix dans la région des Grands Lacs entre le président congolais Félix Antoine Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame sous la médiation du président Donald Trump. Interrogé sur ses impressions après cette première visite au Congo, il a répondu après une courte hésitation : «it was murky» (traduction : c’était glauque). Avant d’expliquer ce jugement sévère par l’atmosphère sordide et malsaine qui imprègnerait selon lui la mégapole kinoise, siège de nos institutions.

Ce chroniqueur étranger n’est pas le seul à émettre un jugement aussi définitif. Le président de la République Félix Tshisekedi a eu des mots très durs au sujet des dysfonctionnements de la gouvernance et de l’insalubrité qui ont élu domicile dans la capitale et les grandes agglomérations congolaises.

Plusieurs analystes attribuent ces dysfonctionnements qui contribuent aussi à plomber les capacités défensives du pays à la corruption provoquée essentiellement par «la malédiction des minerais». Avec un certain fatalisme, d’aucuns affirment qu’on ne peut pas modifier le cours des infortunes et revers qui se répandent sur ce pays et son peuple depuis les temps immémoriaux de la colonisation belge car ils sont déterminés d’avance par une force surnaturelle supérieure à la volonté humaine.

La classe politique congolaise doit conjurer cette idée d’une malédiction des minerais incarnée par le paradoxe de l’abondance des richesses minières qui entraverait le développement à cause des convoitises suscitant des conflits pour le contrôle des richesses et lui substituer le concept de «bénédiction du sous-sol» comme c’est le cas ailleurs. En effet, qu’il s’agisse du diamant de l’Angola ou du Botwana, de la platine, du palladium, de l’iridium ou de l’uranium de l’Afrique du Sud ou encore du pétrole pour le Nigéria, ces ressources minières permettent aux pays qui les détiennent d’afficher régulièrement un taux de croissance économique et un développement substantiels.

La persistance des étreintes toxiques du néocolonialisme et de l’impérialisme au cours des 65 années qui ont suivi la proclamation de l’indépendance du Congo nous contraint d’ingurgiter une vision extravertie des problèmes qui traversent notre pays et le monde environnant. Ceux qui se cantonnent dans l’habitude d’y répondre en recourant au prisme d’un déterminisme résigné qui tétanise la conscience politique du peuple ont tort car ils s’accrochent à une grille émasculatrice qui contribue à  l’engourdissement de la pensée et explique les retards accumulés dans le processus d’émergence et de développement du pays.

Ainsi que l’a souligné le président de la République dans son message à la nation devant les deux chambres parlementaires réunies en congrès le 4 décembre, le paradoxe congolais se manifeste de manière flagrante à Kinshasa, siège de nos institutions, qui croule littéralement sous des montagnes de détritus, l’anarchie, les incivilités et les déviances de toutes sortes. Des responsables des marchés municipaux des zones périphériques dans lesquels s’entassent des tonnes de déchets et d’ordures accusent le gouvernement provincial de centraliser abusivement toutes les recettes qui leur permettaient naguère de prendre en charge avec efficacité la salubrité.

La Nouvelle citoyenneté qui constitue la réponse idoine à ces dérèglements suicidaires sont un concept basé sur l’engagement civique actif, participatif et responsable, individuel et collectif, pour le bien commun en intégrant les valeurs de patriotisme, de solidarité, du respect des lois et des biens publics. Au-delà des programmes éducatifs ex cathedra et des gestes symboliques qui permettent d’en inculquer les fondamentaux au Congolais lambda, les pouvoirs publics feraient œuvre utile en prenant en compte le principe hédoniste en vertu duquel la recherche du plaisir et l’évitement de la souffrance constituent la pierre angulaire de la morale comportementale de toute personne normalement constituée. Il est donc vain d’espérer que le changement des mentalités qui est la planche du salut adviendra miraculeusement par une sorte d’auto-aggiornamento qui verrait tout le monde ici abandonner la complaisance face aux antivaleurs qui anéantissement les perspectives de développement et de stabilisation et rendent le pays fragile face aux convoitises de toutes sortes et aux externalités négatives.

Pour donner du sens, et une chance au changement de paradigme dont ce pays a besoin, il importe que les élites intègrent dans leur praxis la stricte rigueur qui permet aux uns et aux autres d’anticiper une sanction positive ou négative selon que l’acte posé sera conforme ou non à la norme en vigueur.

C’est la seule chance pour les Congolais de réduire la fragilité de leur puissance.

Lambert Mende Omalanga

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LE MAXIMUM 11 décembre 2025 11 décembre 2025
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