Le successeur de l’UNC Vital Kamerhe au perchoir de la chambre basse du parlement congolais est connu depuis mercredi 29 octobre 2025 dans la mi-journée. L’Union sacrée de la Nation, par la bouche d’André Mbata, a mis fin au suspens. Ce sera Aimé Boji Sangara.
L’information a été transmise de manière assez subliminale aux membres du présidium de l’USN. La décision émane de Félix Tshisekedi, autorité de référence de la majorité en personne, leur a indiqué André Mbata. L’élu de Walungu sera donc le candidat unique de la plateforme présidentielle au poste de président du bureau de l’Assemblée nationale.
Finie donc la course au perchoir dans laquelle s’étaient lancés, outre l’heureux désigné, les députés Christophe Mboso et Mayo Mambeke pour le compte de la même plateforme de la majorité au pouvoir.
Fort de son expérience récente aux mêmes fonctions, Christophe Mboso, actuellement 2ème vice-président du bureau, entendait remettre son expérience au service et se montrait plutôt serein, jeudi 23 octobre dernier, quant à ses chances de l’emporter sur ses concurrents. Alors que Me Mayo, également membre de l’UNC de Vital Kamerhe, avait tôt fait d’afficher ses ambitions aussitôt son mentor déchu de son piédestal. Jusqu’à mercredi 29 octobre, l’élu du Mont-Amba à Kinshasa semblait déterminé à sprinter jusqu’à la ligne d’arrivé. Mais la géopolitique nationale l’a emporté sur ses bonnes intentions.
La carte du chef
La carte Aimé Boji à la présidence du bureau de l’Assemblée nationale, est en effet une carte présidentielle. Leader et ressortissant de la province du Sud-Kivu, comme son prédécesseur, Vital Kamerhe, le postulant représente donc un atout géopolitique important pour le président Félix Tshisekedi, qui n’a pas intérêt à écorner la sensibilité à fleur de peau de peau de ses nombreux électeurs de l’Est, particulièrement ceux de cette région martyre du Sud-Kivu, partiellement occupée par l’armée rwandaise à laquelle des autochtones, les Wazalendo, résistent courageusement, de concert avec les FARDC.
Il reste que, pour certains analystes, en soutenant jusqu’au bout la carte Boji, le président Félix Tshisekedi, fragilise irrémédiablement son allié de tous les temps dans la région qu’est Vital Kamerhe.
Force est de constater, à cet égard, que le profil de ce fils d’ancien gouverneur de province ne manque pas d’intérêt. A 57 ans, Aimé Boji cumule une expérience politique et un parcours plutôt impressionnant. Son cursus universitaire élogieux, débuté à l’Université de Lubumbashi, poursuivi à l’Oxford Brookes University (économie et administration des affaires) et à l’Université d’East Anglia (économie de développement) a de quoi impressionner. Politiquement, Aimé Boji est parmi les cofondateurs de l’Union pour la Nation Congolaise, le parti politique de Vital Kamerhe, avec lequel il chemine depuis les années ‘2005. Il est élu député PPRD en 2006 avec 25.000 voix et n’a plus perdu son siège de Walungu depuis cette date. Puisqu’en 2011, il a été réélu pour le compte de l’UNC, cette fois-ci. Avant de récidiver en 2018 puis en 2023. Ce qui en fait un des leaders incontestés de la province du Sud-Kivu à ce jour.
J.N.