Depuis sa nomination le 7 mai 2025 à la tête de l’IGF, en remplacement de Jules Alingete Key, une figure emblématique dans la lutte contre la corruption, Christophe Bitasimwa Bahii incarne un tournant significatif dans la gestion financière du pays. Malgré les allégations infondées de ses détracteurs, Bitasimwa se positionne comme un technocrate déterminé à restaurer la rigueur financière et à redonner confiance aux citoyens dans les institutions publiques. Sous son impulsion, l’Inspection générale des Finances (IGF) recentre ses efforts sur sa mission fondamentale : garantir la transparence, prévenir les détournements de fonds et restaurer la confiance dans les institutions financières de l’État.
Déterminé à aller plus loin, Bitasimwa prévoit de moderniser les outils de contrôle et de digitaliser les procédures d’audit. Il entend également élargir le champ d’intervention de l’IGF aux provinces, souvent négligées lors des grandes opérations de vérification. Par ailleurs, il s’engage à renforcer la collaboration avec les juridictions financières et les organes de lutte contre la corruption, adoptant une approche de complémentarité institutionnelle.
Dans un pays où la mauvaise gestion est un défi persistant, ces initiatives visent à instaurer un cadre plus rigoureux et transparent.
Actions clés de Christophe Bitasimwa
Depuis sa prise de fonction, Christophe Bitasimwa a initié plusieurs actions majeures pour renforcer l’efficacité de l’IGF.
1. Renforcement de la présence territoriale de l’IGF
Bitasimwa a relancé les brigades provinciales de l’IGF, visant à intensifier les contrôles dans les entités décentralisées. Cette initiative a pour objectif de lutter contre les détournements de fonds souvent invisibles lors des audits nationaux.
2. Digitalisation des procédures de contrôle
Il a mis en place un système numérique de suivi des dépenses publiques, accompagné du lancement d’une plateforme intégrée. Cette dernière centralise les rapports d’audit et facilite les alertes tout en automatisant les vérifications.
3. Audits ciblés dans les entreprises publiques
Des contrôles ciblés ont été relancés dans diverses sociétés d’État, notamment dans les secteurs des transports, des mines et de l’énergie. Ces audits cherchent à évaluer la gestion des ressources ainsi que la conformité aux procédures budgétaires.
Ces mesures témoignent de la volonté de Bitasimwa de moderniser l’IGF et d’assurer une gestion transparente des finances publiques.
Rigueur et réformes
Christophe Bitasimwa a lancé une série d’initiatives visant à redynamiser la gestion des ressources publiques dans plusieurs sociétés d’État, notamment dans les secteurs des transports, des mines et de l’énergie. Ces audits ont pour but d’évaluer non seulement la gestion des ressources, mais aussi la conformité aux procédures budgétaires et la performance des dirigeants.
Vers une professionnalisation accrue
Dans un souci de renforcer les compétences de ses agents, l’IGF organise des séminaires de formation axés sur les normes internationales de contrôle, la lutte contre la corruption et l’éthique financière. Ces efforts visent à professionnaliser le corps des inspecteurs et à garantir un contrôle de qualité.
Collaboration interinstitutionnelle et harmonisation des efforts
Bitasimwa a également initié des partenariats stratégiques avec la Cour des comptes, l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), ainsi que le ministère du Budget. L’objectif de cette collaboration est clair: harmoniser les interventions et éviter les chevauchements dans les missions de contrôle, afin d’optimiser l’efficacité des audits.
Une communication renforcée
Sous la direction de Bitasimwa, l’IGF a adopté une approche de communication plus sobre mais régulière. En réponse aux critiques concernant sa discrétion, il a affirmé que «ceux qui sont contrôlés savent que l’IGF travaille», soulignant ainsi la nécessité d’un équilibre entre transparence et rigueur.
Perspectives d’avenir: vers une autonomie renforcée
Dans ses ambitions futures, Christophe Bitasimwa prévoit d’élargir le champ d’intervention de l’IGF aux projets financés par des partenaires extérieurs. Il souhaite également moderniser l’architecture juridique de l’IGF pour lui conférer une plus grande autonomie opérationnelle. En renforçant la transparence budgétaire dans les ministères et les gouvernorats, il aspire à préparer un rapport annuel consolidé sur la gestion des finances publiques, accessible au grand public.
En somme, Bitasimwa mise sur la rigueur et la méthode pour repositionner l’IGF comme un organe de contrôle crédible et durable. Malgré un style qui diffère de celui de son prédécesseur, ses premières actions témoignent d’une volonté manifeste de professionnaliser l’institution et de l’ancrer dans une dynamique de réforme systémique.
Le Maximum