L’épilogue du procès ouvert à la Haute cour militaire de Kinshasa contre le président de la République honoraire sera connue ce vendredi 12 septembre 2025. Un communiqué du greffe de la plus haute juridiction militaire congolaise, datée du 9 septembre, indique que l’audience solennelle, qui se tiendra au croisement des avenues des Bâtonniers et Pumbu dans la commune de la Gombe, sera ouverte dès 9 heures. Opposé à l’auditeur général près la Haute cour militaire et aux parties civiles RDC, Provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, ONG Défense des victimes des crimes sans frontières (DCSF), ASBL Actions d’accompagnement des veuves, orphelins victimes de guerre (AVOVIG), Joseph Kabila a choisi de ne pas se présenter devant la haute cour. L’ancien président de la République n’en est pas moins poursuivi pour participation à un mouvement insurrectionnel, crime contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicide intentionnel par balles, trahison, apologie, viols, tortures, déportations et occupation à force ouverte de la ville de Goma.
A la dernière audience publique consacrée au procès Joseph Kabila, le 22 août 2025, le ministère public avait requis la peine de mort contre l’ancien président de la République, et demandé d’ordonner la mise sous séquestre de ses biens, sa condamnation au paiement des frais, la contrainte par corps ainsi que son arrestation immédiate.
Jugé par contumace
Même s’il n’a pas daigné répondre aux convocations de la justice militaire de son pays, le président de la République honoraire est longuement revenu sur le procès intenté contre sa personne au cours de sa dernière sortie médiatique. De son point de vue, le procès instruit par la Haute cour militaire serait une parodie de justice visant à réduire au silence l’opposition et à écarter de la scène un acteur politique majeur, lui-même, en l’occurrence. Tout en refusant de se laisser juger, Joseph Kabila ne s’empêche donc pas de juger, plutôt sévèrement, ses collègues sénateurs et ses juges. «En mai 2025, le Sénat a illégalement et inconstitutionnellement levé les immunités parlementaires de l’ancien Président et sénateur à vie, une garantie constitutionnelle conçue pour éviter la tentation de s’accrocher indéfiniment au pouvoir par tout président en exercice, par peur de poursuites judiciaires injustifiées une fois son mandat achevé», déplore-t-il. Selon lui, c’est cette tentative désespérée qui serait à blâmer car «c’est une décision sans précédent qui a ouvert la voie à une juridiction militaire de Kinshasa d’engager des poursuites contre ma personne pour des accusations de trahison, crimes de guerre, meurtre, viol, torture, soutien à des insurrections armées et complicité avec l’AFC/M23».
Juge sévère de la justice militaire
Comme si dans son esprit un ancien président de la République devrait être placé sans aucune base juridique hors du champ du droit pénal pour tout acte répréhensible dont il pourrait se rendre coupable.
J.N.