Alors que Washington et Doha s’activent en vue d’un accord global de paix entre les protagonistes de la crise en RDC, les confessions religieuses congolaises multiplient de leur côté des initiatives pour trouver une issue à ce conflit. Pour l’heure, elles expriment un optimisme de façade.
Au terme des consultations qu’elles avaient entamées auprès des différents protagonistes, les Églises catholique et protestante, initiatrices de cette démarche, ont associé, sur instruction du président de la République, d’autres confessions religieuses, notamment la Plateforme du pasteur Ejiba Yamapia, ainsi que la Coalition interconfessionnelle pour la nation (CIN) afin de faire aboutir le processus d’un dialogue national inclusif.
Dans un communiqué publié lundi 25 août 2025, à l’issue de plusieurs séances techniques avec le cabinet du chef de l’État, les responsables religieux affirment assumer pleinement leur «responsabilité morale et spirituelle» pour aider à sortir le pays de la spirale des violences, soulignant la nécessité de bâtir une démarche nationale fondée sur «l’inclusivité, le pardon et la réconciliation», en vue de solutions durables à une crise qui fragilise la cohésion nationale depuis plusieurs années.
Déplorant particulièrement «la résurgence d’un nouveau conflit armé impliquant l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda», qui s’ajoute à la prolifération d’autres bandes locales et étrangères, les confessions religieuses rappellent l’urgence d’un processus de paix global et durable, sur pied d’une feuille de route en quatre étapes :
1. Le ‘‘mois de la Paix’’, pour instaurer un climat de confiance mutuelle et engager la décrispation politique à travers des activités spirituelles et des actions de plaidoyer ;
2. Le ‘‘dialogue des experts’’, destiné à mobiliser les compétences nationales et de la diaspora pour proposer des solutions holistiques, couvrant des thèmes comme la gouvernance, la défense, l’environnement, ou encore la justice ;
3. Le ‘‘Dialogue politique’’, point culminant du processus, visant à obtenir le consensus des acteurs politiques et sociaux autour des «feuilles de route du redressement rapide et du développement accéléré du pays» ;
4. L’adoption d’un ‘‘Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble’’, afin de consolider l’État de droit démocratique et la réconciliation nationale.
Pour le tandem Cenco – ECC et leurs partenaires, ce processus s’inscrit dans le prolongement des efforts de l’Union africaine, de l’ONU et des initiatives régionales pour ramener la paix dans les Grands Lacs. Ils appellent à l’engagement de toutes les parties prenantes – acteurs politiques, société civile et communautés locales – pour transformer cette feuille de route en un véritable contrat social et spirituel de réconciliation. «Nous avons la responsabilité de montrer à la Nation le sens profond de l’inclusivité, du pardon et de la réconciliation», affirment les signataires, qui disent attendre désormais l’aval du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour enclencher officiellement le processus.
Une paix œcuménique?
Ce rendez-vous national que les religieux appellent de tous leurs vœux, se doit d’être inclusif, c’est-à-dire prendre en compte tous les acteurs : la majorité au pouvoir, les oppositions (politique et non armée), la société civile, les autorités coutumières et traditionnelles, la diaspora congolaise et des personnalités indépendantes influentes issues du monde académique, culturel, intellectuel et économique.
La paix en RDC, une affaire du clergé ?
C’est la question que se posent bien des observateurs qui souhaitent qu’il en soit ainsi dans l’intérêt des Congolais qui souffrent le martyre. Pour autant, les uns et les autres sont-ils prêts à dépasser leurs ego surdimensionnés pour jouer le jeu ? That is the question. Car, comme on le sait, tant que prévaudront les calculs politiques à la petite semaine, la RDC demeurera un véritable pandémonium dans lequel prospéreront des groupes armés de tous bords.
L’élite politique gagnerait à faire preuve de sursaut patriotique pour sortir le pays de l’ornière.
JP avec le maximum