Contre toute attente, le verdict dans le procès opposant le ministère public à Constant Mutamba qui devait intervenir mercredi 27 août a été renvoyé au 1er septembre prochain.
Bien avant la tenue de la séance à la cour de cassation, alors que Kinshasa vibrait déjà au rythme de ses légendaires embouteillages, un dispositif policier robuste était déployé aux alentours du siège de ce cette instance judiciaire pour contenir l’assaut des partisans de l’ancien ministre de la Justice.
Le suspens était à son comble sur le verdict tant attendu jusqu’au moment où la cour a annoncé le report de sa décision, sans donner d’autres détails sur ce renvoi.
Pour rappel, Constant Mutamba est poursuivi pour le détournement de près de 19 millions USD de fonds publics destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Depuis le début de son procès, le 9 juillet dernier, ses partisans sont persuadés que leur leader est innocent. A l’instar d’une de ses sympathisants Vanessa Bolumbu pour qui, l’ex-ministre de la Justice ne doit pas être condamné. «Qu’ils se le tiennent pour dit parce que chaque jour nous serons là. Et s’ils décident de l’arrêter, ils doivent s’assurer que la prison est assez grande pour nous contenir tous. Il est innocent, il n’a pas volé cet argent. Qu’ils nous disent à combien s’élève le montant pour lequel il est arrêté, ainsi on va se cotiser pour restituer la somme en question. Nous sommes prêts à le faire pour notre leader», martèle-t-elle.
Décision chahutée
Depuis une dizaine de jours, des veillées dites patriotiques se tiennent à la résidence de Constant Mutamba pour le soutenir dans l’attente du verdict.
Un autre de ses soutiens, Noé Mbuyi, faisant lui aussi partie des jeunes qui veillent devant la résidence de l’ancien ministre de la Justice, dans la commune de Ngaliema, considère que Mutamba «est le docteur qui va soigner la justice congolaise, souvent qualifiée de malade».
A noter par ailleurs que les cas de détournements de déniers publics sont fréquents en RDC, où l’indice de perception de la corruption est l’un des pires au monde, selon Transparency International. «La cour s’est retenue pour ne pas rendre son verdict aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne, le mobile reste le même, les arsenaux restent les mêmes. On sera toujours disponibles et disposés pour accompagner notre leader politique, comme c’était le cas aujourd’hui», clame Tshintutshiabo Namegabe, un des sympathisants de l’ancien ministre de la Justice pour qui les juges s’efforcent de retarder l’inévitable. «Je ne vois pas, pendant tout ce temps où on a mis l’affaire en délibéré, ce à quoi les magistrats étaient occupés, pour ne pas être prêts aujourd’hui. Qu’y a-t-il de si sérieux ou de si difficile dans ce dossier que les magistrats n’arrivent pas à régler au bout d’une semaine ? Je pense que cela nous plonge dans une autre inquiétude, ce qui renforce toute la pression que vous voyez ici. Les gens sont venus pour prendre connaissnce d’un arrêt de la Cour. Vous ne pouvez pas renvoyer juste parce que vous avez envie de renvoyer l’annonce du verdict», a-t-il ajouté.
L’on se souvient qu’alors qu’il exerçait encore entant que ministre de la Justice, Constant Mutamba avait déclaré vouloir rendre la peine de mort applicable aux personnes condamnées pour détournements des fonds publics. Aujourd’hui, le ministère public a requis plutôt une peine de dix ans de travaux forcés contre l’ancien ministre de la Justice.
JM