Le Maximum

Informations générales

Notification Voir plus d\\\'articles
Font ResizerAa
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT
  • MONDE
  • PROVINCES
  • COURRIER DES LECTEURS

Le Maximum

Informations générales

Font ResizerAa
Search
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT
  • MONDE
  • PROVINCES
  • COURRIER DES LECTEURS
Suivez nous
Le Maximum > Blog > A la une > PACTE SOCIAL CENCO-ECC : Nouvelle cabale des calottes sacrées
A la une

PACTE SOCIAL CENCO-ECC : Nouvelle cabale des calottes sacrées

LE MAXIMUM
LE MAXIMUM
Partagez
17 lecture minimale
La coalition CENCO - ECC
Partagez

Six mois après sa présentation à l’opinion nationale, le 15 janvier 2025, «le pacte social pour la paix en RDC et dans la région» proposé par les hiérarchies catholique et protestante congolaises peine à franchir le cap des polémiques partisanes. Ce n’est pourtant pas faute, pour ses entreprenants auteurs d’avoir fait des  pieds et des mains en sillonnant le monde pour l’imposer au pays.

L’initiative, sponsorisée par le cardinal Fridolin Ambongo Bensungu et le Dr  André Bokundoa Bo-Likabe est décriée par une grande partie de la classe politique et de la société civile. Les auteurs de  ce projet querellé se passeraient bien de cette levée de boucliers. «Notre démarche n’a pas vocation à créer la polémique. Elle se veut pastorale et prophétique, une contribution des églises, engagées comme faiseuses de paix», déclarait à ce sujet le pasteur protestant Eric Nsenga (ECC) samedi 28 juin 2025 à Kinshasa. Corapporteur de la coalition des deux confessions religieuses (avec Mgr Donatien Nshole de la CENCO), ce n° 2 de l’ECC précise qu’il n’a jamais été question «de remplacer un processus régional ou de nous y opposer, mais plutôt de construire des ponts, de faciliter la complémentarité. Nairobi s’est concentré sur les groupes armés, Luanda sur les tensions entre la RDC et le Rwanda. Notre initiative, elle, part du principe que les causes profondes du conflit sont aussi internes, et qu’un dialogue national est indispensable. Nous proposons une approche globale et inclusive, portée par des acteurs multiples, pour articuler les dimensions nationales et régionales du conflit. C’est dans cette logique que s’inscrit notre initiative».

La lecture attentive du projet CENCO-ECC laisse pourtant transparaître de  manière indubitable la position ambigüe, voire hostile de ses  initiateurs vis-à-vis tant des processus internationaux et régionaux que des institutions congolaises en place.

Au cours d’un récent séjour à Rome, le cardinal Ambongo n’a pas mis de gants pour fustiger l’accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington DC entre la RDC et le Rwanda, sous l’égide de l’administration Donald Trump. «La course aux minerais stratégiques aujourd’hui, en Afrique, est à l’origine de la prolifération des groupes armés», a-t-il martelé devant un aréopage de prélats catholiques. Le primat de l’église romaine au Congo  s’en est pris avec virulence à l’initiative américaine la qualifiant de «fausse solution. Il (Donald Trump Ndlr)a tenté cette solution en Ukraine. Ça n’a pas marché, chez nous tout le monde a peur de Trump», a claironné l’archevêque de Kinshasa.

Usurpation de pouvoir

La polémique sur le pacte social porté par la CENCO et l’ECC a pris une autre tournure le 16 juillet 2025. L’Alliance des autorités traditionnelles du Congo (AATCC), une organisation de la société civile qui regroupe les autorités coutumières des 26 provinces du pays a formellement déposé une plainte à charge des deux confessions religieuses auprès de la Cour de cassation. Elle leur reproche d’«agissements anticonstitutionnels». Selon cette structure faîtière de la chefferie coutumière, le pacte social de la coalition CENCO – ECC relève des initiatives dévolues par les articles 207, al. 4 de la constitution au pouvoir coutumier.

Constituées en une forte délégation, les chefs traditionnels de la RDC ont, dans leur lettre, dénoncé l’acte des responsables de la CENCO et de l’ECC, qui, sans qualité ni mandat légal, se sont permis d’initier un dialogue dit ‘‘national’’. «Nous sommes venus déposer notre plainte contre ceux qui pensent que les chefs coutumiers n’ont pas étudié, qu’ils ne connaissent rien et se permettent ainsi de piétiner une attribution qui nous est reconnue. Ils ont fait le tour du monde en quête de la sagesse alors que nous sommes  dépositaires de cette valeur dans notre pays, selon la constitution. Nous demandons à la Justice de nous départager en mettant en exergue l’entité à laquelle le droit positif congolais confie la charge de veiller à la sauvegarde de la cohésion nationale», a déclaré le grand chef Lemba-Lemba Kel’he, président de l’AATCC.

Il a tenu à souligner que les chefs coutumiers ne sont pas contre les princes des deux congrégations religieuses. Mais il s’insurge contre le manque de respect à leur égard affiché par la CENCO et l’ECC.

Les autorités traditionnelles de la RDC estiment en outre que la démarche de ce groupe de prélats est une manœuvre tendant à déstabiliser les institutions légalement établies, notamment la première d’entre elles, le président de la République.

Les autorités traditionnelles ne sont pas les seules à mal digérer l’initiative cavalière de  la CENCO et de l’ECC. Des remous se font de plus en plus entendre  au sein de l’Eglise catholique notamment. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, un prêtre séculier dénonce ses pères-évêques qui, selon lui, semblent «avoir plus de temps pour faire de la politique policienne que pour prêcher l’Evangile». Dont acte.

D’autres confessions religieuses ne sont pas en reste. Bien que le 14 juillet, certaines d’entre elles s’étaient déclarées «éclairées» sur le pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs du tandem CENCO-ECC, l’archevêque Israël Dodo Kamba apporte, au nom des Communautés Unies du Réveil (CUR),   une nuance. S’exprimant après une rencontre entre sa congrégation et les deux porte-voix de la CENCO – ECC, il a invité ses congénères à s’impliquer dans une question qui lui paraissait «beaucoup plus élargie. Nous sommes en train d’harmoniser. Ce que nous avons entendu aujourd’hui, c’est qu’il y encore de l’enrichissement à faire dans ce projet-là», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il s’agissait de discussions entre confessions religieuses autour des solutions à apporter à la crise multidimensionnelle que traverse la RDC.

Un pacte social à enrichir

Mais il y a plus que ces perspectives d’enrichissement du fameux pacte social des catholiques et protestants. Le 15 juillet 2025, Evariste Ejiba Yamapia, président de la plateforme des confessions religieuses, a présenté à la 1ère ministre, Judith Suminwa Tuluka, un projet de paix lancé depuis mars dernier intitulé Initiative interconfessionnelle pour la paix et la réconciliation en RDC. C’est une démarche qui vise à promouvoir l’unité du peuple congolais, à mettre fin aux conflits persistants et à favoriser une paix durable par le dialogue et la réconciliation, selon ses concepteurs.

«Nous voulons que la guerre s’arrête. Nous voulons garantir l’intégrité territoire. A travers cette initiative, nous espérons que ceux quoi ont trahi la Nation se repentent, et que tous les Congolais puissent regarder ensemble dans la même direction», a déclaré Evariste Ejiba Yamapia à l’issue de la rencontre de la primature.

Le 26 juin, une autre délégation de la plateforme des confessions religieuses comprenant des représentants des églises de réveil, de la communauté islamique, des églises kimbanguistes, orthodoxe, anglicane, Bangunza, Liloba et de l’Armée du salut, avait présenté son initiative de restauration de la paix au président Félix Tshisekedi qui a recommandé la fusion de leur initiative avec celle des églises catholique et protestante.

Samedi 21 juin 2025, une délégation de la CENCO-ECC conduite par Mgr Donatien Nshole et le Dr Bokundoa avait remis le rapport de mission relatif au pacte social pour la paix et le bien-être en RDC et dans la région des Grands Lacs au président de la République. En réaction, Félix Tshisekedi a  annoncé la constitution d’une équipe de travail chargée de «l’approfondissement» du projet, dont la mission consiste à «essayer de planifier les choses pour que les étapes suivantes, car il existe des nombreux préalables à harmoniser», selon les explications du pasteur Eric Nsenga.

Des contradictions à surmonter

Près d’un mois après, il semble que les choses en soient encore au niveau de l’harmonisation des vues autour des voies et moyens de rétablir la paix par le dialogue en RDC. Une conciliation d’idées entre la CENCO-ECC et les autres églises membres de la composante Confessions religieuses s’impose avant toute discussion sur le contenu et les modalités du dialogue politique proprement dit, selon des sources proches du dossier.

A première vue, des contradictions fondamentales opposent le «Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs» à «l’Initiative interconfessionnelle pour la paix et la réconciliation en RDC». Pour d’aucuns parmi les partisans du premier projet, l’initiative CENCO-ECC se veut un pacte-pardon au nom de la restauration de la paix et est fondée sur «les valeurs sociologiques et spirituelles du Bumuntu pour construire la paix durable et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région, le consensus et la palabre pour trouver des solutions idoines aux causes profondes des conflits politiques et armés qui endeuillent la RDC et la sous-région des Grands Lac».

C’est tout le contraire de l’initiative des confessions religieuses qui se fonde, elle,  sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC et le repentir des traîtres à la patrie, l’une et l’autre étant totalement ignorés par la CENCO et l’ECC «au nom de la paix».

Au plan régional, les violations récurrentes de l’intégrité territoriale de la RDC par le Rwanda, et, au plan national, l’arrimage de quelques renégats congolais (M23 – AFC) à cette agression militaire extérieure constitue des défis  insurmontables au fameux pacte social-pardon porté par la CENCO-ECC qui ressemble de toute évidence à une stratégie de remise sur orbite d’acteurs politiques en quête de repositionnement après leur échec aux dernières élections.

Monstruosité constitutionnelle

Force est de constater que les hiérarchies catholique et protestante n’ont pas fourni beaucoup d’efforts pour éviter de prêter le flanc aux critiques des détracteurs. «Le tandem CENCO-ECC est une monstruosité constitutionnelle», commente à ce sujet une source proche du dossier qui explique que seule la composante confessions religieuses membre de la société civile est reconnue par les textes légaux en vigueur en RDC.

La politisation excessive du discours des deux confféssions religieuses dites  traditionnelles rend ces dernières suspectes à priori aux yeux de nombre de Congolais. On rappelle à ce sujet l’échec du candidat porté par les deux églises, Cyrille Ebotoko, à l’élection aux fonctions de président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en octobre 2021. Sur les 8 confessions religieuses membres de la plateforme éponyme (dirigée par la CENCO et l’ECC), 6 avaient jeté leur dévolu sur Denis Kadima, présenté par l’église kimbanguiste. «Nous leur avons suggéré de présenter une autre personne, que nous accepterions sans conditions. On ne peut pas accepter que le pays soit bloqué à cause d’un nom», reconnaîtra l’alors Abbé Donatien Nshole, quelques jours plus tard.

Plutôt que se soumettre au vote uninominal prévus par les statuts de la plateforme des confessions religieuses, la CENCO et l’ECC préférèrent se retirer de la plateforme et se constituer en organisation «autonome», mais néanmoins arbitraire et, en tout état de cause, illégale, jusqu’à ce jour.

Complexe de supériorité ?

Selon plusieurs observateurs, c’est de cette époque que date le projet politique CENCO-ECC coulé en forme de pacte social pour le retour de la paix brandi aujourd’hui. Au cours d’une conférence de presse au Centre interdiocésain de Kinshasa, le 7 octobre 2021, la CENCO et l’ECC avaient publié un «rapport du presidium sur les négociations» dénonçant les manœuvres qui, selon eux, avaient entaché l’élection à la tête de la CENI de Denis Kadima. Les deux confessions religieuses proclamèrent, urbi et orbi, leur détermination à «gagner le pari de bonnes élections en 2023» en utilisant «tous les moyens légaux, civiques, démocratiques et pastoraux à leur disposition». C’était déjà plus que n’en stipulaient les lois et textes légaux en vigueur en RDC, qui ne prescrivent nullement que la branche confessions religieuses de la société civile était chargée d’une mission autre que celle de doter l’institution d’appui à la démocratie qu’est la CENI d’un président.

Les évêques de la CENCO  avaient également adressé au président Tshisekedi un memorandum contenant des «recommandations pastorales pour accompagner le processus électoral et sur l’état de siège en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri», selon Mgr Marcel Uthembi. Ils exigeaient en outre «des réformes de la loi électorale», avait précisé Mgr Donatien Nshole, le 29 novembre 2021. 

En fait, la CENCO exigeait ce qu’elle présentait comme une «dépolitisation de la CENI», à contrario du constituant qui  l’avait expressis verbis voulue fondamentalement politique. La dépolitisation proposée, déjà avancée par l’opposition  quelques semaines auparavant, consistait au «renforcement de l’indépendance des membres du bureau de la CENI ainsi que la désignation de personnes apolitiques dans l’administration de la CENI (le secrétariat exécutif national (SEN), les secrétariats exécutifs provinciaux (SEP) et les antennes locales de la centrale électorale)».

La CENI au cœur du problème

Il est clair que les évêques de la CENCO voulaient, à travers ces conditionnalités, accaparer la CENI et l’organisation des élections en RDC. Une pilule  anticonstitutionnelle impossible à avaler.

Des appels au report des scrutins prévus fin décembre 2023 furent lancés par des princes de l’église catholique, particulièrement, par Mgr Nshole, qui les subordonnait à un consensus politique préalable.

Le pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs est l’autre nom du dialogue et du consensus exigé par les catholiques depuis 2023. Et donc une négation des scrutins qui ont sanctionné l’élection de Félix Tshisekedi et l’avènement de sa majorité au pouvoir.

J.N.

A propos

Journal d'informations générales paraissant à Kinshasa, en République Démocratique du Congo
Contact: +243 97 20 71 204
Email: administration@lemaximum.cd
 
LE MAXIMUM 17 juillet 2025 17 juillet 2025
Partagez cet article
Facebook Twitter Copy Link Print

Nous suivre

La rédaction vous conseille

ACCORD STRATÉGIQUE RDC-USA : Tshisekedi veut une task-force spéciale

APPEL AU CESSEZ-LE-FEU : Test pour le plan angolais

PAIE DES FONCTIONNAIRES DE L’ÉTAT : Le gouvernement rassure sur la stabilité économique

PLAN STRATEGIQUE TRIPARTITE DE L’IGF : Contrôle systémique et digitalisation

Les opinions émises dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs : PARADOXE : Kagame, pilleur milliardaire, laisse le Rwanda dans la misère

Lire aussi

ACCORD STRATÉGIQUE RDC-USA : Tshisekedi veut une task-force spéciale

19 février 2026
A la une

APPEL AU CESSEZ-LE-FEU : Test pour le plan angolais

19 février 2026
A la une

PAIE DES FONCTIONNAIRES DE L’ÉTAT : Le gouvernement rassure sur la stabilité économique

19 février 2026
A la une

PLAN STRATEGIQUE TRIPARTITE DE L’IGF : Contrôle systémique et digitalisation

19 février 2026
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT
  • MONDE
  • PROVINCES
  • COURRIER DES LECTEURS
Menu
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIÉTÉ
  • SPORT
  • MONDE
  • PROVINCES
  • COURRIER DES LECTEURS

Journal d’informations générales paraissant à Kinshasa, en République Démocratique du Congo.

  • Avenue Njombo, 57 C/Ngiri-ngiri, RD-Congo
  • administration@lemaximum.cd
  • +243 97 20 71 204
Statistiques des visites
  • 79
  • 3 589
  • 66 876
  • 17 716 002
Facebook-f Instagram Twitter Youtube
Welcome Back!

Sign in to your account

Mot de passe perdu?