VIOL EN PUBLIC A LUEBO : Une vidéo qui pose question

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    Milicien Kamwina Nsapu présentant un trophée : la tête de l'épouse d'un administrateur de territoire

    En RDC, c’est une vidéo extrêmement choquante est apparue sur les réseaux sociaux courant septembre. D’une durée de près de huit minutes, on y voit des rebelles se revendiquant de la mouvance Kamuina Nsapu, condamner une femme à se faire violer en public avant d’être tuée à coup de machettes dans la localité de Luebo au Kasaï occidental. Indignation, choc, la vidéo fait réagir les Congolais face à un type de violence inédit dans la région, mais elle pose un certain nombre de questions.
    La scène est filmée par un témoin non identifié. Sur la place principale de la ville de Luebo, 40.000 habitants, on voit une femme présentée nue à une foule, par des rebelles qui se revendiquent de Kamuina Nsapu. Le fameux bandeau rouge autour de la tête (au moment où la vidéo a été tournée ces miliciens occupent et contrôlent le village depuis une dizaine de jours, selon des témoins joints par RFI), celui qui visiblement est leur chef affirme en tshiluba – la langue locale- que « la femme a trahi et qu’elle doit donc mourir ».
    Suivent des images d’une violence inouïe. La femme est emmenée de force sur une estrade, condamnée à être violée par un jeune homme, contraint lui aussi. Tout est filmé en détail et en gros plans obscènes. Les deux sont ensuite exécutés à coups de machette, leurs corps mutilés, le tout en public et sous les applaudissements des miliciens.
    Une scène de justice populaire extrêmement violente donc et qui pose un certain nombre de questions. Pourquoi ce film tourné en avril dernier selon de nombreux témoins, est-il apparu sur les réseaux sociaux aujourd´hui, cinq mois plus tard ? Enfin, selon nos informations, les autorités congolaises sont en possession de cette vidéo depuis le mois de mai, peu de temps après que l’armée ait repris le contrôle de Luebo.
    Pourquoi alors aucun des tortionnaires que l’on voit sur le film n’a-t-il encore été présenté à la justice ? Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende confirme qu’une enquête globale est en cours sur les exactions commises dans les Kasaï, sans plus de précisions.
    M. MB.

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