UTEXAFRICA : le quartier huppé de Col Mondjiba nationalisé ?

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L'avenue Col Mondjiba à Kinshasa

Les locataires, personnes physiques et morales, une bonne centaine, de la concession ex-Utexafrica, sur avenue Colonel Mondjiba ont été signifiés verbalement, selon nos sources, de payer désormais leurs loyers à l’Etat, au ministère de l’Urbanisme et Habitat.
La concession devenue propriété du groupe belge Texaf, héberge, on le sait, des personnalités VIP du pays et des expatriés, dont, dit-on, Louis Michel, l’ancien Vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères et ex-commissaire européen à l’Aide au développement. Texaf est, en effet, une société d’investissement, constituée en 1925 et cotée sur Euronext. Elle affiche volontiers une vocation industrielle, financière et immobilière en République Démocratique du Congo. L’entreprise est notamment propriétaire de Carrigrès en RD Congo et dispose notamment d’un terrain de plus de 100 ha à Kinsuka, dans la banlieue Ouest de Kinshasa. Texaf tient son assemblée générale des actionnaires le 8 mai prochain à Bruxelles. Sans doute que la question de la reprise de la gestion de sa concession de Kinshasa sise avenue Colonel Mondjiba, non loin du rond-point dit Socimat et de la nouvelle ambassade de France figurera à l’ordre du jour de cette assemblée. En attendant, il se saura d’ici la fin du mois, à qui les locataires de la concession verseront leurs loyers. Et ainsi s’assurer que la concession qui donne sur le majestueux fleuve Congo a effectivement été réintégrée dans le domaine privé de l’Etat.
Des sources au ministère de l’Urbanisme et Habitat rapportent qu’un arrêté aurait été signé par le ministre AFDC Kokonyangi, qui porte plutôt sur la concession ex-Utexafrica, donc la concession Texaf de Kinsuka et même sur le quartier Laurent Désiré Kabila, propriété de la SNEL, Société Nationale d’Electricité. Mais il semble que le ministre se serait fondé sur des « considérations dépassées », pour reprendre les termes de nos informateurs pour « monter son arrêté ». D’ores et déjà, Texaf s’estime non concerné par la décision du ministre de l’Urbanisme et Habitat. L’entreprise soutient qu’elle ambitionne toujours de jouer un rôle important dans la relance économique de la RD Congo en devenant l’opérateur de nouveaux projets d’investissements. «Bénéficiant d’une bonne connaissance du terrain, de la population et de ses dirigeants et ayant d’autre part démontré sa capacité de faire face aux événements successifs qui ont secoué le Congo, Texaf a la volonté d’intéresser des investisseurs étrangers à des prises de participations financières majoritaires ou minoritaires dans les secteurs productifs (infrastructures, minier, agroindustriel, énergie, tourisme) et qui génèrent des rendements élevés sur investissements. Texaf peut à cet effet utiliser sa capacité d’appel au marché des capitaux soit directement soit indirectement par la création de fonds spécifiques opérés par Texaf ». Simple discours de séduction posté sur le Net ou réelle volonté d’investir davantage en RD Congo ? Les jours prochains le confirmeront.
Aux dernières nouvelles, il appert qu’un député estampillé MP est sur le point de porter l’affaire devant la plénière de l’Assemblée nationale à travers une question orale avec débat. Il devrait pleuvoir des hallebardes sur le ministre de l’Urbanisme… si jamais. Il sied de rappeler que le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, avait déjà décliné une offre des terres faite à la Chambre basse par le même ministre Kokonyangi. L’affaire Texaf, si elle se vérifiait, promet des étincelles.
Nous y reviendrons.
POPOL ABIJA BENAJA
Correspondance particulière

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