TRANSPORT FLUVIAL : La SNCC veut exploiter le fleuve, du Katanga à la Tshopo

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    Un pousseur sur le fleuve Congo

    La Société nationale des chemins de fer, SNCC, a été prise de court par des armateurs privés depuis qu’elle a annoncé sa volonté de remettre ses navires sur le fleuve Congo.
    Afin d’améliorer ses capacités de manutention, la SNCC veut étendre ses tentacules sur le Lualaba, nom que porte le fleuve Congo à sa source, au pied des monts Mitumba dans le Katanga profond, jusqu’à Kisangani. Les parcours navigables du Lualaba sont présentement dominés par une flottille d’armateurs privés. Projet d’Etat au départ, le transport fluvial urbain a été repris par un privé à Kindu. Bien qu’un pont ait été jeté sur le Lualaba, à environ 400 km au nord-ouest de Lubumbashi, le trafic fluvial demeure encore important. Aussi pour la SNCC, le trafic fluvial est d’une grande complémentarité avec le transport ferroviaire. Les parties navigables du Lualaba sont de temps à autres balisées par la Régie des voies fluviales, RVF. Cet établissement public négociait l’acquisition de deux baliseurs danois grâce à un appui financier et logistique de l’Union européenne dans le cadre de son Programme d’appui à l’amélioration de la navigabilité des voies fluviales et lacustres en RDC (PANAV). Le premier baliseur sera affecté sur l’axe Kindu-Ubundu dans les provinces du Maniema et de la Tshopo. Et le second sur l’axe Bukama-Kongolo, dans les provinces du Haut-Lomami et du Tanganyika. Le contrat signé avec la firme danoise prévoit aussi le renforcement des capacités des utilisateurs pour le compte de la RVF. Selon les experts de la RVF, la navigation sur le Lualaba, particulièrement sur le bief Bukama-Kongolo, est rendue difficile en toutes saisons par des courbures prononcées et de nombreux coudes.
    Ces défauts entraînent, d’une part, à une importante limitation du tirant d’eau et rendent, d’autre part, difficile, et même parfois dangereuse, la manœuvre des traînes, du fait que certains bateaux s’inscrivent trop justement entre les bords trop serrés du chenal. La violence du courant dans certaines passes nécessite donc de scinder le convoi en plusieurs endroits du bief. Sur près de 100 km, des sinuosités très marquées soumettent, toute l’année durant, les qualités manœuvrières des armateurs à rude épreuve. Les bateaux de grande dimension ne peuvent y aller sans raguer fréquemment les berges, surtout s’ils sont à la descente et quelque fois aussi à la montée. Voilà qui justifie la nécessité des baliseurs en vue non seulement d’améliorer les passes par l’installation de nouvelles balises et bouées de signalisation, mais aussi le dragage des branches d’arbres, de papyrus et parfois le renflouement des épaves de bateaux coulés, et autres rochers.
    POLD LEVI MAWEJA

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