TRANSITION SANS KABILA : Transition sans constitution aussi ?

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Les membres du Rassemblement lors d’un point de presse le 24/04/2017 à Kinshasa au siège de ce parti UDPS. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le «Rassop/Limete et Alliés», plateforme en gestation appelée à intégrer toutes les forces politiques et sociales acquises au schéma d’une «transition sans Kabila», doit convaincre l’opinion «tant nationale qu’internationale» qu’il dispose d’idées et d’un projet crédibles pour gouverner un pays-continent aux dimensions de la RDC.
A deux mois et dix jours de l’échéance du 31 décembre 2017 prévue, paraît-il, dans l’Accord du 31 décembre 2016 (ce qui est faux), le tandem Tshilombo-Lumbi prône ce schéma sans cependant se prononcer sur l’essentiel : la base légale et constitutionnelle sur laquelle serait adossée ladite transition.
Tout le monde est conscient du fait que la Loi fondamentale actuelle ne pouvant nullement l’administrer, il va falloir procéder soit à sa révision, soit à sa suspension, ce qui équivaut à un coup d’Etat.
Or, dans l’Accord de la Saint Sylvestre, les parties prenantes se sont engagées «à respecter la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée en 2011 et les Lois de la République», mais aussi «à n’entreprendre ni soutenir aucune initiative de révision et de changement de Constitution», cela nonobstant les dispositions de l’article 5 alinéa 1 relatif au référendum. C’est au point II.1. du chapitre II relatif au respect de la Constitution.
Promouvoir le schéma «transition sans Kabila» implique non seulement la liquidation de la Loi fondamentale en vigueur, mais aussi la disqualification de l’Accord du 31 décembre 2016 lui-même, présenté par Katumbi, Tshilombo, Lumbi et leurs amis du Rassop/L ainsi que par la Cenco comme unique source des Institutions de la République. « Touche pas à ma constitution », les entend-on déclamer sur tous les tons aux quatre vents.
Comme on peut d’emblée l’appréhender, «TSK» n’est donc rien d’autre que la mise à mort programmée de l’ordre institutionnel actuel en plus de celle de la fameuse résolution 2348 faisant de l’Accord de la Saint Sylvestre que les uns et les autres ont érigé en instrument du droit international !
Il est de tradition, depuis l’Indépendance en 1990, de préparer toute nouvelle République ou toute nouvelle Transition par le préalable de l’adoption d’une Constitution devant la régir.
La loi fondamentale de la 1ère République l’avait été avant le 30 juin 1960. La Conférence de Luluabourg de 1964 avait produit une Constitution en prévision de la 2ème République. La Transition issue des Accords du Palais du Peuple en 1994 avait vu sa Constitution apprêtée plus tôt. La Transition de Sun City de 2003 à 2006 avait eu sa Constitution avant son avènement et celle de la 3èmeRépublique avait été apprêtée pendant cette Transition.
Les rares fois où l’ordre normal des choses a été bouleversé autrement (Constitution de 1967 après le coup d’Etat de 1965, Constitution révisée de 1990 après la libéralisation politique et Constitution de 1997 avec l’avènement de l’Afdl), les résultats se sont révélés catastrophiques : on a eu tour à tour le Mpr transformé en Parti-Etat, la transition conflictuelle Mobutu-Tshisekedi et, last but not least, la guerre du 2 août 1998.
Envisager d’abord la fameuse «TSK» pour se doter ensuite d’une Constitution a tout d’un crime prémédité. Ce n’est que dans un Etat paria (dixit Louis Charbonneau de Hwr) que des choses de ce genre peuvent se concevoir. Et se promouvoir.
Pour faire plutôt les choses correctement, à supposer seulement qu’ils ne soient pas favorables à la transformation de la RD Congo en Etat paria, le Rassop/Limete et ses Alliés se doivent d’obtenir au préalable la révision ou la suspension de la Constitution du 18 février 2006. C’est maintenant et non demain.
Et pour le faire selon les règles de l’art, ils sont dans l’obligation de se prononcer clairement pour un référendum constitutionnel dès lors qu’avec le schéma «TSK», l’Accord de la Saint Sylvestre sera appelé à disparaître. C’est maintenant et non demain.
Toutes affaires cessantes, ces messieurs doivent à l’opinion une précision…
Omer Nsongo die Lema

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