SORTIE MEDIATIQUE DE L’ARCHEVEQUE DE KINSHASA : Alain Atundu : « Mgr Ambongo n’a ni les outils ni l’expertise pour orienter l’opinion à ce sujet »

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Alain Atundu Liongo

Au cours d’un point de presse animé samedi 10 novembre 2018 à Kinshasa, le porte-parole de la Majorité Présidentielle, Alain Atundu Liongo, est revenu sur la sortie médiatique controversée du nouvel archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo. Au cours d’une interview accordée à la chaîne publique française RFI à partir de Rome, le prélat a émis des critiques contre le processus électoral en cours en RD Congo, et notamment, contre la machine à voter introduite par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Répondant à la question d’un journaliste, l’Ambassadeur Atundu a dénoncé la posture d’autorité compétente en la matière arborée par Mgr Ambongo sur une question éminemment technique. Le nouvel archevêque de Kinshasa n’a ni les outils nécessaires ni l’expérience requise pour juger et orienter l’opinion sur la question, a-t-il tranché. « L’on aurait pu s’attendre à recevoir du nouveau nominé des orientations pastorales dans le sens d’une meilleure évangélisation des kinois au regard des défis qui assaillent la société », a déploré Alain Atundu qui dénonce une confusion de genre qui n’est pas de nature à respecter la laïcité de l’Etat, ni à favoriser la sérénité dans l’esprit des chrétiens engagés en politique.
Se défendant de prendre la défense de la CENI, Alain Atundu a expliqué que conformément à la constitution de la RD Congo, les décisions de la centrale électorale relèvent la loi. « C’est la légalité que nous défendons et non pas la CENI comme telle », a-t-il soutenu.
Des affirmations malveillantes
Le porte-parole de la Majorité Présidentielle s’est également exprimé sur les allégations d’utilisation des moyens de l’Etat par le candidat du Front Commun pour le Congo et certains membres du gouvernement. « Quo gentes affirmatur, gratis negatus », a-t-il déclaré à ce sujet, expliquant que les accusations relatives à l’utilisation abusive des moyens de l’Etat n’étaient pas assorties de preuves. Mais aussi, que si c’était le cas, il revenait aux accusateurs de saisir les instances judiciaires compétentes. « Ce sont des affirmations malveillantes et des tentatives de déstabilisation », a estimé Atundu. « La loi n’interdit pas l’implication du Chef de l’Etat, du Premier ministre ou des Ministres dans une campagne électorale. Ceci est d’ailleurs pratique courante dans les systèmes démocratiques », a-t-il soutenu, évoquant l’exemple des Etats-Unis d’Amérique où « nul n’a été choqué par l’implication personnelle du Président Trump dans la campagne pour les élections de mi-mandat sans être pour autant obligé de suspendre son mandat présidentiel ».
Au chapitre des élections de décembre 2018, le porte-parole de la Majorité Présidentielle les a fermement confirmées pour mettre un terme « aux bourdonnements pour entretenir le doute ». « Pour la dignité du peuple congolais, pour l’autorité de l’Etat, pour le respect de nos institutions et pour sauvegarder la sacralité de notre Constitution et de son serment constitutionnel, le Président Kabila a tenu à rendre son estime au peuple congolais qui l’a accompagné pendant 17 ans dans la conduite de l’Etat et la défense de la souveraineté nationale, en respectant l’engagement solennel pris devant le Peuple réuni en congrès de ne pas se représenter contre les dispositions constitutionnelles et de tout mettre en œuvre pour des élections réussies en vue de la passation pacifique du pouvoir entre lui et le président entrant dûment élu », déclaré Atundu à ce sujet.
Equipe de campagne : tout le monde a été consulté
Sur la polémique née à la suite de la publication de l’équipe de campagne du candidat du Front Commun pour le Congo (FCC) à la présidentielle du 23 décembre 2018, Alain Atundu a révélé que chacune des personnes citées a été « … soit consultée, soit informée, soit contactée ou en toute hypothèse, chacun a été intéressé », rappelant que lorsqu’on fait allégeance à une organisation politique comme le FCC, l’on est supposé être disponible pour la plateforme, faire montre de discipline républicaine et en synergie pour l’intérêt du groupe. « Une banalité comme le reniement opportuniste de quelques 3 personnes ne mérite aucune bataille digne de ce nom », selon lui.
J.N.

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