SOKIMO : Les employés réclament 80 mois d’arriérés de salaire

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Travailleurs Sokimo à Watsa

Une marche de protestation et de réclamation a été organisée le 15 février 2019 par les employés de la Société Minière de Kilomoto, Sokimo, en territoire de Watsa. La manifestation a connu la participation de la quasi-totalité d’employés de l’entreprise minière, tous de 2ème et 3ème âges, accompagnés d’épouses et enfants.
La marche du 15 février est partie du bureau administratif de la Sokimo, en passant par l’artère principale de la cité pour chuter devant le bureau du territoire où un mémorandum dénonçant les tares qui sont à la base de destruction de cette entreprise du portefeuille de l’Etat, selon les employés. Le document était adressé au Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshilombo Thsisekedi, dont copie a été remise à l’administrateur de territoire de Watsa, Innocent Makanda Mwamba.
Le mémorandum, dont Le Maximum a pris connaissance, dénonce notamment la transformation des entreprises publiques de l’Etat à des sociétés commerciales par le ministère du Portefeuille à travers le COPIREP, qui favorisé la spoliation des intérêts de la Sokimo par les entreprises privées Mwana Africa, Giro Gold Field, Minzoto, etc. Mais aussi le non-respect de clauses du contrat par le partenaire Kibali Gold Mines, qui ignore l’apport substantiel de la Sokimo consistant dans la mise à disposition d’un gisement minier, de la centrale hydroélectrique de Nzoro, dans la réalisation du projet.
Un accent particulier a été mis sur les violations massives et la modification du contrat original par Kibali Gold Mines avec la complicité de la tutelle ministérielle de l’entreprise, l’imposition par le ministère de tutelle de la vente de 20% des actions de la Sokimo pour l’affaiblir au conseil d’administration des sociétés communes, le non payement par Kibali Gold Mines de dividendes du 1er contrat d’investissement, dont la production a débuté en 2013, pour ne citer que cela.
Kibali Gold Mines est donc pointée du doigt comme étant la vraie cause de la coupure intempestive du courant en territoire de Watsa, à la suite de ce les employés de la Sokimo qualifient de confiscation de la centrale hydroélectrique de Nzoro, selon le mémo.
Quelles recommandations ont été formulées à l’intention du Président de la République, notamment : la modification du statut de la Sokimo d’entreprise commerciale en entreprise étatique comme par le passé. Etant donné que la réforme mise en œuvre par le COPIREP a échoué ; la résiliation de tous les contacts miniers conclus par Sokimo avec des partenaires n’ayant pas atteint la phase d’exploitation ; la subvention de la Sokimo par l’Etat congolais pour relancer la production industrielle de l’or ; la suppression de l’exploitation d’or par Kibali Gold Mines en raison des nombreuses violations des clauses du contrat conclu avec la Sokimo, en attendant l’arbitrage de la chambre de commerce internationale ou de la justice internationale ; traduire l’entreprise Kibali en justice nationale ou internationale pour rétablir la Sokimo dans ses droits, etc.
Les employés de la Sokimo ont également émis le vœu de voir le Chef de l’Etat se rendre personnellement aux sièges de l’entreprise dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé aux fins de palper du doigt les problèmes qui assaillent l’entreprise qui compta jadis parmi les plus prospères du pays.
Alain PANGUIMO
Correspondant à Isiro.

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