RASSOP/LIMETE : Nouvelle « marche » en vue

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    Le Marché Gambela, un jour de ville morte

    L’échec de la plupart d’appels à manifester dans les rues de la capitale de la RD Congo et de certaines villes et agglomérations provinciales, plus que patent selon la plupart d’observateurs, n’en dissuade pas pour autant le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (Rassop/Limete). La dernière en date de ces manifestations, la marche organisée jeudi 30 novembre 2017 pour appeler au départ de Joseph Kabila du pouvoir, aura été un mémorable bide, à Kinshasa particulièrement. Mais rien n’y fait. Sans doute à court d’imagination, Félix Tshilombo Tshisekedi et ses affidés ont annoncé, samedi dernier, la convocation d’une nouvelle marche le 19 décembre prochain, soit une semaine avant la fête de la Nativité célébrée le 25 décembre de chaque année. On se croirait retourné aux années Mobutu des fameuses opérations « villes mortes », aussi irréalistes que les autres qui n’ont eu aucun effet significatif sur la dictature mobutiste. Pour changer, la nouvelle manifestation projetée à l’appel des extrémistes de Limete s’intitule « marche de sommation ». Elle poursuit, selon ses initiateurs l’objectif de « … la mobilisation du peuple jusqu’à ce que Joseph Kabila partira. A ce sujet, nous déclenchons la marche de sommation. Ce sera une marche démocratique, sans violence, qui aura lieu le 19 décembre prochain. Parce que le 19 décembre c’est une date magique. C’est le jour où le feu président Étienne Tshisekedi avait lancé l’opération carton rouge ». Une conjuration quasi larmoyante plus qu’une invitation, la déclaration rendue publique par le fils Tshisekedi étant manifestement destinée à donner du cœur au ventre des nostalgiques de feu le ‘lider maximo’ du parti de Limete, décédé il y a quelques mois dans une clinique bruxelloise. Qui atteste surtout du fait que les « radicaux » n’en mènent pas large, parce qu’ils en sont réduits à compter sur d’improbables effets « magiques » d’une date et de souvenirs d’actions posées de son vivant par feu Etienne Tshisekedi, les réalités s’obstinant à leur tourner le dos…
    Le bilan de la dernière manifestation des radicaux, qui sous le prétexte d’une manifestation pacifique avaient piteusement tenté de rééditer l’exploit burkinabè d’octobre 2014, se réduit aujourd’hui lamentablement à un débat sur le nombre de blessés et d’interpellés. Là où les radicaux « voulaient de dizaines et de centaines de morts à mettre sur le dos du pouvoir », selon ce diplomate africain en poste à Kinshasa. Selon les statistiques onusiennes, environ 186 personnes auraient été interpellées pour troubles à l’ordre public sur toute l’étendue du territoire national le 30 novembre dernier, dont 18 blessés les manifestations n’ayant été ni autorisées, ni encadrées par les autorités municipales. Des organisations proches des radicaux de l’opposition, comme l’ACAJ de Georges Kapiamba, avancent quant à eux le chiffre imaginaire de 235 interpellations et 87 personnes blessés, mais peu dans l’opinion croient encore à ces estimations généralement fantaisistes de militants sans fards comme Kapiamba déguisés en animateurs « neutres » de la société civile.
    Comme les précédentes manifestations, tout indique que la « marche de sommation » prévue le 19 décembre prochain a peu de chances de dépassera le seuil d’une « ville morte » de plus, lorsque, par précaution et prudence, commerces, écoles et autres restent fermées pour ne pas permettre aux casseurs et pillards de s’adonner à leurs activités de prédilection. Rien de plus.
    Il reste qu’à cette allure-là, les radicaux de l’opposition qui appellent à une manifestation chaque mois ou plus, visent à court terme la transformation de la période électorale qui court jusqu’en juin 2018 en période de tensions politiques. Et ainsi de pousser le pouvoir à la faute. Par l’augmentation des mesures de sauvegarde et/ou de répression que tout Etat normalement constitué ne peut pas s’abstenir de prendre pour préserver des vies humaines et la sécurité publique. « C’est à peine si l’opposition ne veut pas contraindre le président Kabila à décréter l’état d’urgence pour sécuriser le processus électoral en cours afin de donner du grain à moudre à ses mentors occidentaux », s’interroge à ce sujet un professeur de droit public de l’Université de Kinshasa. Une perspective qui équivaudrait à une victoire pour cette frange de la classe politique qui poursuit l’objectif à peine voilé de remettre les compteurs à zéro. Dans le but de tout renégocier.
    J.N.

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