PETROLE DE MUANDA: Seulement 80.000 USD/ mois versés au Kongo Central

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    Les experts de l’ITIE-RD Congo ont été éconduits manu militari à Matadi, courant août 2015. Selon le secrétaire exécutif de l’ITIE, le prof Mack Ndumba, deux de ses proches collaborateurs ainsi que son chauffeur ont été kidnappés et jetés dans un amigo de la ville portuaire. Ils n’ont été remis en liberté que grâce à l’intervention d’une haute personnalité du pays. Dans son rapport, l’ITIE-RD Congo s’est pourtant félicité du fait que les pétroliers producteurs de Muanda ont versé, en 2013, 360 millions USD au Trésor public.

    Et que gagne le Kongo Central (Bas-Congo) de l’exploitation de «son» pétrole ? C’est en février 2015 que le gouverneur de l’alors Bas-Congo, Jacques Mbadu, a obtenu du Premier ministre, Matata Ponyo, le relèvement à USD 250.000 chaque trimestre, de la rétrocession pétrolière pour sa province. Selon les pétroliers producteurs, la production globale du littoral muandais est en moyenne de 9,3 millions de barils l’an, dont 5,6 millions pour off-shore et 3,7 millions pour on-shore. C’est en moyenne quelque USD 115 millions chaque 3 mois que les pétroliers producteurs versent à l’Etat. Mais à la suite de la dégringolade des cours du baril de l’or noir à l’international, les recettes de l’Etat se sont considérablement amenuisées. Sans doute que la rétrocession pétrolière pour le Kongo Central devrait se réduire à peau de chagrin elle aussi.

    Depuis une quinzaine d’années, PERENCO se fait obligation d’affecter quelque USD 210.000 chaque année, aux actions sociales dans la région de Muanda. SOCO s’était engagé à verser 600.000 USD. Toute somme faite, ça n’est que du menu fretin pour une cité au bord de l’Atlantique qui mériterait une vie de cocagne… comme la Guinée équatoriale. Hélas, Muanda est soumise à une vie de Germinal, de PPTE, faute de la retenue à la source – de 40% de ses recettes à caractère national – consacrés pourtant par la constitution. Malgré son pétrole, Muanda ne compte que deux stations d’essence privées qui ferment dès 20 heures. La population se ravitaille bien souvent dans les cités frontalières angolaises. Les produits pétroliers venus de Soyo angolais s’achètent d’ailleurs chez les revendeurs à la sauvette, les fameux Kadhafi.

    Pold LEVI

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