PASSEPORTGATE : Une motion de défiance contre She Okitundu

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    Les membres du Gouvernement à la plénière du 6 octobre

    Le député national UNC, Juvénal Munubo, a déposé lundi 9 octobre 2017 une motion de défiance contre le Vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères, Léonard She Okitundu, en rapport avec la décision du gouvernement d’invalider les passeports semi-biométriques d’ici janvier 2018.
    «Je constate que le ministre Okitundu refuse de lever cette décision contre les passeports semi-biométriques. Nous allons déposer une motion de défiance contre cette décision qui viole la constitution », avait déclaré Juvénal Munubo après les explications de She Okitundu à la plénière du vendredi 6 octobre 2017.
    51 députés ont signé cette motion qui devrait être programmée dans les 48 heures, selon les usages parlementaires. « Cette motion a été signé par 51 députés, essentiellement de l’opposition. Certains de la Majorité ont eu peur, mais pourront voter pour la destitution du ministre. Même dans la Majorité, cette mesure ne fait pas plaisir à tout le monde », soutient l’initiateur de la motion.
    Vendredi 6 octobre dernier, Léonard She Okitundu avait déclaré que la question de l’invalidation des passeports semi biométriques devait transcender les clivages politiques, en réplique aux préoccupations soulevées par les députés nationaux au cours d’une plénière très animée consacrée à l’examen de la question orale avec débat de Juvénal Munubo Mubi. La mesure gouvernementale ne visait que l’uniformisation et la sécurisation du passeport détenu par des congolais en vue de les permettre d’accéder à d’autres pays sans tracasseries liées à la fiabilité de ce document. « Le gouvernement a le devoir d’aider ses citoyens à détenir un passeport sain et fiable et qui ne souffrirait d’aucun doute à sa présentation en dehors des frontières nationales », a soutenu le plénipotentiaire rd congolais des affaires étrangères.
    Par ailleurs, Léonard She Okitundu a affirmé que la mesure d’invalidation du passeport semi-biométrique en RD Congo ne violait aucune disposition constitutionnelle, ni, encore moins, la Charte africaine des droits de l’homme, dans la mesure où elle répond aux exigences de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) visant l’uniformisation et la sécurisation des passeports des pays membres contre la fraude et la falsification, en vue de lutter contre la mobilité des terroristes à travers le monde.
    Le passeport semi-biométrique en cours de validité en RD Congo, bien que lisible à la machine, est facilement falsifiable et ne présente plus de garantie essentielle pour avoir atteint un degré élevé d’obsolescence.
    Le chef de la diplomatie congolaise a rassuré les détenteurs de passeport semi-biométriques disposant d’un visa en cours de validité que celui-ci sera rattaché au nouveau passeport (biométrique) avec une indication consulaire pour leur permettre d’user de leurs droits jusqu’à l’expiration du visa. « Un arrêté interministériel sera signé en vue d’accompagner cette mesure », a-t-il promis.
    Il est néanmoins peu probable que la motion de défiance contre le chef de la diplomatie rd congolaise aboutisse, compte tenu des rapports de force en présence à l’hémicycle du Palais du Peuple. Le même vendredi 6 octobre 2017, une motion incidentielle du député MP Zacharie Bababaswe avait suffi pour que soient rejetées les motions de défiance initiées contre Ramazani Shadary et Alexis Thambwe Mwamba. L’honorable Bababaswe a expliqué à la plénière que le vice-premier ministre Ramazani Shadary demeurait un acteur capital dans le processus de pacification des provinces kasaïennes après l’anéantissement des milices Kamwina Nsapu. Et que son éviction serait contre-productive à la cohabitation pacifique des populations kasaiennes, dont fait partie l’auteur de la motion.
    Concernant le ministre d’Etat Thambwe Mwamba, le député national Bababaswe a fait remarquer que sa responsabilité n’est pas engagée dans les différentes évasions des prisons et centres de détention de la RDC, étant donné que la garde et la sécurité de ceux-ci incombent au ministère qui a en sa charge la police nationale et les services de sécurité. La motion incidentielle a été acceptée à l’unanimité, à l’issue d’un vote après débat sur la question.
    J.N.

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