NIEME HAUSSE DU PRIX A LA POMPE : Carburant, le gouvernement a-t-il capitulé face aux sociétés commerciales ?

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    Une station Cobil

    Nième hausse du prix à la pompe quand les pétroliers producteurs
    Le litre du carburant, gasoil ou super, à la pompe a dépassé depuis hier lundi la barre fatidique de 2000 FC.

    Effet immédiat, les transporteurs, taxis et taxi-bus, s’appliquent volontiers à la pratique du demi-terrain, en attendant, insistent-ils, une révision à la hausse du prix de la course. L’Association des chauffeurs du Congo, ACCO, et l’Hôtel de ville devraient en convenir au préalable. Selon nos sources, la révision à la hausse du prix des pétroliers producteurs à la pompe serait la condition posée par les sociétés commerciales pour poursuivre l’achat des produits pétroliers.
    Depuis le 11 septembre 2018, le stock de toutes les sociétés commerciales des produits pétroliers avait atteint un seuil critique, alerte SEP, Service des Entreprises Pétrolières. Avant de se dédire devant les caméras de la télé publique, RTNC, son administrateur directeur général adjoint, Jean Madebu Bunga Madrandele, et le directeur du département d’exploitation, Célestin Beya, redoutaient dans une correspondance adressée au ministre des Hydrocarbures, Aimé Ngoy Mukena, dont une copie a été transmise au Chef l’Etat, Joseph Kabila, et au Premier ministre, Bruno Tshibala, que « cette situation va rapidement se traduire par la rupture des produits pétroliers dans les stations-services vraisemblablement d’ici la fin de la semaine, si les stocks ne sont pas reconstitués». Et fort probable dès lundi 17 septembre, les stations-services pourraient, comme il y a quelques mois, rationner la vente du super et du gazole. Depuis le début de l’année, le prix du litre à la pompe a déjà augmenté à trois reprises. Le prix du litre du carburant a augmenté de 4,62%, soit 80 FC à la pompe, passant ainsi de 1 730 à 1 810 CDF pour l’essence et de 1 720 à 1 800 FC. Chaque fois le ministre de l’Economie, Joseph Kapika, justifiait la hausse à la pompe du fait de l’augmentation du prix du baril de pétrole sur le marché international, celui du PMF, prix moyen frontière commercial ainsi que l’écart du taux change appliqué dans la structure des prix du carburant en RDC avec la réalité du marché de change. Pourtant des analystes pressentaient déjà un malaise qui couvait au sein de SEP. Les stocks des sociétés commerciales tant en essence qu’en gazole se situent, en effet, en-deçà de 30 % du stock, apprend-on. En d’autres termes, la RDC ne disposera même plus du stock stratégique que doivent obligatoirement conserver les entreprises commerciales. « Nous les avons mis en demeure de reconstituer urgemment leurs stocks, sans actions de leur part », poursuivent l’administrateur directeur général adjoint de SEP, Jean Madebu Bunga Madrandele et le directeur du département d’exploitation, Célestin Beya dans leur correspondance au ministre de tutelle. Les réfractaires, s’il faut les désigner ainsi, sont Engen, Total, Aristea, bref, les entreprises étrangères qui détiennent l’actionnariat majoritaire à SEP Congo. La Société nationale des hydrocarbures, Sonahydroc SA ex-Cohydro, représente les intérêts de l’Etat avec 36 % d’actions.
    POLD LEVI MAWEJA

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