MONNAIE ELECTRONIQUE ; La RD Congo pas intéressée

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    Monnaie électronique

    En Afrique centrale, la banque centrale pourrait faire entrer en vigueur le nouveau cadre règlementaire sur la monnaie électronique avant la fin de l’année 2018.
    La RD Congo, selon nos sources, n’est nullement pressée d’adhérer à un projet dont les tenants et les aboutissants ne sont pas clairement définis. Et pourtant, le projet d’émission de la monnaie électronique fait du chemin dans la région. C’est en tout cas la substance à retenir d’un rapport récemment publié par l’institution sur les paiements électroniques dans la zone CEMAC en 2017, qui souligne l’urgence d’actualiser le cadre réglementaire dans l’espace économique : « Les acteurs de l’activité d’émission de monnaie électronique sont unanimes sur le fait que les textes actuels, en dehors du fait qu’ils restent muets sur le développement des certains services (transferts d’argent à l’international, microcrédit, micro-épargne, crowfunding etc.), ne permettent pas de résoudre certains problèmes épineux rencontrés sur le terrain comme les modalités d’entrée en relation et l’identification de la clientèle », souligne la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale).
    Pour justifier l’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale évoque la nécessité de corriger des manquements jusqu’ici observées, en l’occurrence la surveillance des systèmes. Aussi, la réforme du cadre réglementaire permettra de donner la possibilité aux établissements de microfinance de devenir des émetteurs de monnaie électronique. Une opportunité qui n’est actuellement réservée qu’aux banques classiques, en dépit du rôle important des microfinances dans l’inclusion financière sur le continent.
    La RD Congo n’est pas encore concernée par ce projet. Le pays de Kabila a d’autres préoccupations dans la région. Une délégation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), conduite par sa secrétaire générale adjointe chargée du département intégration physique, économique et monétaire, Thérèse Chantale Mfoula, a, en effet, sollicité le 12 juin 2018 à Kinshasa, l’appui et l’accompagnement de la RD Congo dans la réalisation des projets de cette organisation en faveur de l’intégration régionale, au cours d’une séance de travail avec le vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères et intégration régionale, Léonard She Okitundu.
    Mme Mfoula a fait savoir, à l’issue des échanges, que les discussions ont porté notamment sur des projets liés à l’environnement, au commerce et aux infrastructures dont la RD Congo, « grand pays au cœur de l’Afrique », sera aussi bénéficiaire. Parmi les projets intégrateurs, la secrétaire générale adjointe de la CEEAC a cité l’aménagement des routes panafricaines reliant différentes villes de la région, dont Bangui-Zongo-Kisangani-Bujumbura et Kisangani-Kampala, avec la construction d’un pont sur l’Oubangui et d’un poste de contrôle frontalier unique. Ces routes, a-t-elle dit, faciliteront le transport, le commerce et le transit des populations des pays membres de cette organisation. En tout cas rien n’a été dit ni sur la monnaie unique de la région, ni sur la monnaie électronique.
    POLD LEVI

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