MINERAIS DE LA RD CONGO DANS LE VISEUR DE LA FINANCE INTERNATIONALE : Le zinc et le plomb aussi

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    Le zinc

    Il n’est pas que le cobalt qui soit de plus en plus demandé dans l’industrie d’auto électrique ou celle des GSM. L’argent, le zinc et le plomb le sont aussi. La RD Congo en est producteur mais la traçabilité des exportations et des recettes qui en découlent posent problème.
    Un conflit oppose la Gécamines et le Groupe Forrest – associés dans la joint-venture STL qui retraite les terrils – sur la production du zinc qui échappait totalement à la société publique rd congolaise. La Gécamines avait, en effet, repris sa production de zinc en décembre 2001, année au cours de laquelle 215 tonnes ont été produites, selon des statistiques de la Banque Centrale du Congo (BCC). Une production est de loin inférieure aux potentialités en zinc de la RD Congo, selon des experts. Le pays, indique-t-on, est un grand producteur de zinc avec une capacité de plus de 70.000 tonnes par an. Cette production a cependant chuté à 54. 043 tonnes en 1984, au plus fort de la crise économique qui a sévi dans le pays, et à 1.147 tonnes en 1998, à la suite du déclenchement du deuxième conflit armé de la RD Congo. En 2016, quelque 12.578 t de zinc ont été exportées. La tonne a connu une légère hausse de 5.900 USD sur le prix pratiqué la semaine du 22 au 28 Janvier 2018, soit 3 433,30 USD.
    Le zinc est un métal bleu-gris. Environ la moitié de la production est destinée à la galvanisation, un traitement qui consiste à recouvrir un autre métal d’une couche de zinc dans le but de le rendre résistant à la corrosion. L’autre usage principal est son utilisation dans les alliages comme le laiton (combiné avec du cuivre), utilisé dans l’automobile, les appareils ménagers ou les composants électriques. Le zinc est enfin utilisé sous forme d’oxyde dans l’industrie chimique, par exemple pour renforcer et protéger les caoutchoucs et les plastiques, dans les peintures ou les produits pharmaceutiques.
    Il sied de noter que nombre des minerais exportés par la RD Congo se retrouvent emberlificotés les uns aux autres. C’est notamment le cas du zinc avec le cuivre.
    S’agissant du plomb, environ trois quarts de sa consommation est destinée à la fabrication des batteries, après avoir longtemps servi à la fabrication de canalisations. En décembre 2017, le prix du plomb s’établit à 2 510 dollars la tonne, en hausse de 2 % sur un mois et en hausse de 13,6% sur un an. Le plomb est, en effet, coté au London Metal Exchange (LME), en USD/tonne. En Mars 2017, le prix du plomb s’est établi à 2.281 dollars la tonne. Il avait alors connu une hausse de 26.6 % sur un an. Au 1er août 2017, la tonne du plomb se négociait autour 1.950 dollars. Après une chute à 1.890 dollars le 20 juillet puis une remontée à 1.966 dollars la tonne le 27 juillet 2017. Il y a dix ans, en octobre 2007, le métal gris-bleu avait atteint son prix record, plus de 3.655 dollars à la bourse de métaux de Londres. C’est à cette époque que le Kongo central alors Bas-Congo, s’est confirmée une vocation minière. Des carrières d’exploitation du plomb se développèrent çà et là dans la province. Le géant minier américain BHP Billiton avait même projeté de construire une usine dans la région. Mais le projet ne franchit guère le seuil de la matérialisation à cause des chinoiseries administratives des autorités r-dcongolaise.
    Selon le professeur Bosibono, interface de BHP dans les négociations avec le gouvernement, au moins 10 ministres tenaient à avoir une commission (pot-de-vin) pour laisser le géant minier s’installer dans l’ex-Bas-Congo. BHP qui comptait construire, avec ses propres capitaux, la centrale d’Inga III, fit ses bagages. Depuis l’exploitation du métal gris-bleu est restée au niveau artisanal. Alors qu’il est exploité fusionné notamment avec le cuivre dans les industries minières du Katanga. En 2016, selon les statistiques du ministère des Mines, quelque 100, 94 t de plomb ont été exportés à destination entre autres de la Chine, de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Les batteries, toutes applications confondues, représentent les trois quarts environ des débouchés du plomb : les batteries automobiles en représentent ainsi 40 % à elles seules.
    POLD LEVI

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