MEDIAS, NOS CONFRERES ONT COMMENTE : L’Union européenne crispe la décrispation

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Les dernières mesures de l’Union Européenne contre les autorités de la RD Congo, en fait, des sanctions ciblées contre 7 personnalités politiques réputées proches du pouvoir, ainsi que l’appel à la décrispation du climat politique lancé dimanche dernier par la même instance du vieux continent, ont fait l’objet d’un dossier de la rédaction de nos confrères de la RTNC, lundi 19 décembre 2016 dans la soirée. Intéressant.
Regrettant l’absence d’un compromis à bonne date entre les délégués du Dialogue National Inclusif et une partie de l’opposition emmenée par le « Rassemblement », parties prenantes aux échanges entre signataires et non signataires de l’Accord du 18 octobre, l’Union Européenne vient de publier un communiqué qui exhorte notamment le gouvernement à consentir des mesures de décrispation politique. Mais pourquoi en même temps cette organisation régionale s’obstine-t-elle à crisper le même climat politique en prenant des sanctions unilatérales, pourtant totalement illégales, contre des responsables qui font du reste partie du groupe des signataires de cet Accord impliqués dans des pourparlers qu’elle dit soutenir ?
C’est ce qu’on appelle vouloir une chose et son contraire à la fois ou souffler en même temps le chaud et le froid. Pendant que certains dirigeants du vieux continent qui prend l’eau de toutes parts demandent aux autorités congolaises de décrisper un climat politique décrit par eux comme tendu, eux-mêmes européens ne se gênent pas de fouler aux pieds l’abécédaire aussi bien du droit international que des négociations. Ils prennent inconsidérément des sanctions injustes, injustifiées et illégales contre ceux de qui ils disent attendre une attitude de décrispation en interne. En réalité, toutes ces contradictions à la limite de l’irrationalité dissimulent mal l’embarras d’un continent en phase de décadence qui apprend à ses dépens que l’Afrique et la RDC ont cessé d’être sa chasse gardée et que les anciennes colonies ont rapidement évolué sur le chemin de l’affirmation de leur souveraineté. Dorénavant, il ne suffit plus qu’un dirigeant européen tousse pour que les africains se mettent à éternuer. Ainsi va l’histoire sur la terre des hommes. Aucune domination ne peut rester sempiternelle. Il y a toujours un temps où un peuple opprimé finit par renverser la vapeur. C’est la découverte de cette réalité déplaisante pour eux qui explique la fébrilité des Européens.
On sent dans ce communiqué de l’Union Européenne une sorte de revirement qui ne dit pas son nom, en l’occurrence lorsqu’elle s’aligne enfin sur les sages conseils des Chefs d’Etats africains de la CIRGL le 26 octobre dernier à Luanda et appuie la mission confiée par le Chef de l’Etat à la CENCO. Est-ce là une façon orthodoxe de revenir à la raison ?
C’est à se demander si un retour à la raison sur la pointe des pieds peut vraiment servir à grand-chose. Il est difficile de s’empêcher de croire que les stratèges européens avaient un plan derrière la tête, dont la réalisation semble de plus en plus improbable au regard de la détermination affichée par les institutions politiques de la RDC face à leurs prétentions, de la maturité du peuple congolais imperturbable qui ne semble pas prêt à céder à une énième manipulation, ainsi que du soutien du continent africain aux autorités légitimes du pays dans la mise en œuvre des mesures urgentes pour la tenue des élections dans les plus brefs délais. Il n’est donc pas moralement cohérent de faire croire que la recherche d’un plus large consensus entre forces politiques soit le fait des « conseils » venus d’occident. L’honnêteté intellectuelle nous oblige à attester que c’est le Président Joseph Kabila qui, jaloux de la paix chèrement acquise, a toujours fait de la cohésion nationale son cheval de bataille. Le peuple congolais ayant souscrit sans ambages à cette démarche, il ne restait qu’à convaincre une partie de la classe politique qui a enfin accepté de s’aligner dans cette dynamique congolo-congolaise parachevée par la CENCO à la demande du Chef de l’Etat en l’absence de toute médiation ou facilitation étrangère comme le Président lui-même l’avait souhaité dès le départ.
DECRYPTAGE LE MAXIMUM

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