L’OPPOSITION A LA PRESIDENTIELLE 2018 : Fatshi prend les devants

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    Fatshi : dans la peau de candidat unique de l'opposition

    Le doute n’est plus permis depuis la cérémonie de lancement d’une opération de récolte de fonds pour financer la campagne électorale du candidat de l’UDPS/Tshisekedi, Félix Tshilombo Tshisekedi, à la présidentielle du 23 décembre 2018. Dans la course à une candidature unique de l’opposition, ce parti et son candidat campent résolument dans le fauteuil de porte-étendard de l’opposition politique et se préparent activement en conséquence. Vendredi 7 septembre à Kinshasa, Félix Tshilombo Tshisekedi, également surnommé Fatshi, a résolument pris acte des vérités judiciaires issues des contentieux des candidatures à la présidentielle traités à la cour constitutionnelle à invitant les candidats invalidés à reporter les voix des leurs sur sa personne. « Nous savons qu’on a fait du mal à certains de nos amis, mais la vie ne s’arrête pas là. Nous demandons à nos amis invalidés de nous faire confiance, car nous allons continuer le combat en leurs noms », a déclaré en substance le candidat de l’UDPS/Tshiskedi. C’est net et clair.
    Plus de doute non plus sur la position du parti tshisekediste au sujet du processus électoral. Ainsi que le supputaient plus d’un observateur, tirant les leçons de la politique de la chaise vide qui a tant préjudicié l’ancienne « fille aînée de l’opposition », la plongeant dans une ménopause prématurée selon l’expression amusée d’un internaute, l’UDPS ne prendra plus le risque de faire cadeau de sa base électorale à quiconque au nom de prétendus principes d’inclusivité. Le parti a multiplié des initiatives qui confortent son engagement dans le processus électoral avec la formation des observateurs électoraux, la surveillance des listes électorales en cours d’affichage et surtout le lancement d’une campagne de récolte de fonds, l’opération « 1 USD pour Fatshi ». Qui atteste du souci des thisekedistes de cesser de continuer à dépendre de la générosité de qui que ce soit, en ce compris Moïse Katumbi, dont le parti annonce ainsi l’affranchissement.
    Car, dans les faits, il apparaît que le tandem Félix Tshilombo – Moïse Katumbi n’a pas tenu toutes ses promesses … financières. Certes, le candidat de l’UDPS/Tshisekedi s’est acquitté de la caution de dépôt de candidature à la présidentielle, qui équivaut à 100.000 USD. Ainsi que de la caution sur listes pour les candidatures aux législatives nationales et provinciales. Mais le parti de la 10ème rue Limete à Kinshasa a, ci et là dans certains circonscriptions électorales, fait véritablement figure de parent pauvre. Certains observateurs voient dans ces carences une preuve supplémentaire de la rupture formelle des relations de collaboration entre le richissime ancien gouverneur de l’ex Katanga et l’UDPS/Tshisekedi. Même si les sources du Maximum assurent que le parti a fait le plein des candidats à la députation dans les provinces kasaiennes dont est originaire son candidat à la présidentielle, dans la partie ouest du territoire national, dans l’ex province de l’Equateur, dans l’ex province du Bandundu, à Kinshasa et dans la province du Bandundu, l’UDPS/Tshisekedi n’aligne que 142 candidatures à la députation nationale, contre 191 pour le MLC de Jean-Pierre Bemba, 163 pour le G7 katumbiste, et 165 pour l’UNC de Vital Kamerhe, cet autre prétendant de l’opposition à la même présidentielle.
    A Kinshasa la capitale, le parti tshisekediste fait le plein de candidature en alignant 54 prétendants. Mais au Kongo-Central où il se contente de 22 prétendants, il fait l’impasse de circonscriptions comme Luozi. Tout comme dans l’ex province du Bandundu où le parti lance 47 compétiteurs en faisant l’impasse sur les circonscriptions de Gungu, Kiri, Kwamouth, Oshwe et Yumbi. Dans l’ex province de l’Equateur également, l’UDPS se contente d’une vingtaine de candidatures aux législatives et zappe les circonscriptions électorales aussi importantes que Bomongo, Lukolela, Makanza (Province de l’Equateur) ; Businga, Gbadolite Ville et Mobayi Mbongo (Nord Ubangi) ; mais surtout Gemena Ville, et Libenge (Sud Ubangui). Ou encore Zongo Ville, Befale, Boende, Boende Ville, Bokungu, Djolu, et Ikela (Tshuapa). Dans ces circonscriptions électorales où il n’est pas représenté, le parti tshisekediste comptera sur « des collègues de l’opposition », assurent les sources du Maximum du côté de la 10ème rue Limete à Kinshasa dans le cadre d’une collaboration qui devrait se poursuivre au-delà du processus électoral en cours. Vendredi dernier, à l’occasion du lancement de la campagne de récolte des fonds pour les élections, Félix Tshilombo Tshisekedi a laissé filtrer son idée sur ce sujet : « Quand nous gagnerons les élections, nous allons diriger avec les opposants invalidés », a-t-il déclaré.
    J.N.

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