LIGNES MARITIMES CONGOLAISES : 3 navires cargo et 2000 conteneurs attendus de l’Etat

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    Selon le ministre des Transports et des Voies de communication, José Makila Sumanda, le gouvernement veut doter les Lignes maritimes congolaises, LMC ex-CMDC anciennement CMZ, de 3 navires cargo polyvalents ou multipurpose et de 2.000 conteneurs, à court terme.
    D’ici le 30 octobre prochain, le ministre des Transports pourrait, en effet, rendre public, le nom de l’entreprise ou groupe d’entreprises qui fournira aux LMC les 3 navires polyvalents. Cette dotation traduit la volonté de l’Etat rd congolais de remettre à flots, avec ses propres unités, l’ex-CMZ. Il est établi à ce jour que le gros du transport mondial s’effectue, en effet, par voie maritime. Hélas, la vingtaine de navires de l’alors Compagnie Maritime Zaïroise ont soit été vendus soit cannibalisés. A ce jour, les Lignes Maritimes Congolaises louent, dans le cadre d’un partenariat on ne peut plus obscur avec le belge Marinvests, des navires au coût de 10.000 dollars le jour. En d’autres termes, les LMC dépensent environ 150.000 dollars à chaque voyage Anvers-Boma-Matadi. L’armateur public organise deux rotations le mois. Expert maritime rd congolais, auteur de Le guide de la conteneurisation et du transport multimodal, paru en 2011 aux Editions Shipping Guides/Ghana, Gabriel Mukunda Simbwa note que « depuis le retrait des armements européens des conférences maritimes, le glas venait de sonner pour les armements africains qui n’ont pas pu faire face à la libre concurrence devant désormais régner dans l’industrie maritime mondiale ». Et d’ajouter que «les armements africains tels que « Black Stars » du Ghana, « CMZ » de l’ancien Zaire (RDC), « SITRAM » de la Cote d’Ivoire et « CAMSHIP » du Cameroun ont été liquidés car n’ayant pas été capables de sortir la tête hors de l’eau suite à la concurrence féroce des armements de grandes puissances maritimes sur diverses lignes. Après l’élimination du « circuit » de l’Afrique, les géants de la conteneurisation se sont « jetés » sur l’Afrique, comme un fauve sur une proie, pour y asseoir le contrôle et l’exploitation du fret entrant et sortant de l’Afrique». Relancer les LMC revient donc à marquer la souveraineté internationale de la RD Congo. L’expert maritime relève également dans cet ouvrage tout l’intérêt de la conteneurisation. «C’est une activité qui consiste à transporter les marchandises au moyen des conteneurs par voie routière, maritime ou par la navigation intérieure. La conteneurisation, note-t-il, permet donc le transport multimodal des marchandises : les différents modes de transport peuvent être combinés pour réaliser le transport porte à porte». Le commerce maritime de la RDC est largement dominé par des armements -qui disposent tous des succursales ou des filiales en RD Congo –Boma, Matadi, Kinshasa- tels que MAERSK LINE/SAFMARINE, CMA CGM/DELMAS et MSC pour le trafic transocéanique et NILEDUTCH ou PIL (Pacific International Line) qui récupère tous les conteneurs à destination de la RD Congo à Pointe-Noire et les amène à Matadi. Cela ne saurait plus durer longtemps. Les Lignes Maritimes Congolaises seront bientôt de 2.000 conteneurs! Il s’agit de 1450 conteneurs secs 20 pieds, 400 conteneurs secs 40 pieds et 150 conteneurs frigorifiques 40 pieds. En clair, l’Etat actionnaire unique des LMC signe son grand retour sur un marché longtemps dominé par des privés et des intérêts étrangers qui parfois se paient l’outrecuidance d’imposer au pays la fréquence et l’horaire des navires.
    POLD LEVI MAWEJA

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