LEADERSHIP POLITIQUE AU SANKURU : Basile Olongo veut faire son trou à tout prix

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Basile Olongo, ici à Kananga

Il n’y a pas de problèmes de sécurité à Lusambo, assurait dans un document rendu public au début de la semaine dernière, le maire du chef-lieu de la province du Sankuru. De nombreuses sources confirment le fait et font état de l’extraordinaire surenchère politique qui agite certains milieux politiques dans la petite ville. Il n’y aurait donc pas lieu de généraliser abusivement, mais c’est ce que font, à la suite du vice-ministre de l’Intérieur qui assure l’intérim du titulaire élu député national à Kinshasa, tous ceux qui trouvent leur compte dans le report ou l’annulation de l’élection de gouverneur de province au Sankuru.
C’est ce que prouve un courrier du ministre intérimaire au Premier ministre, Bruno Tshibala, qu’un vent favorable a entraîné aux rédactions du Maximum. Basile Olongo Pongo semble tout mettre en œuvre pour coller l’étiquette de l’insécurité à Lusambo et dans la province du Sankuru à Lambert Mende Omalanga, qui passe pour l’homme politique le plus en vue de cette province depuis qu’il y glane des scores impressionnants aux différents scrutins organisés dans cette partie du pays.
Certains observateurs s’en sont rendus compte, dimanche dernier, lorsque le ministre intérimaire de l’Intérieur a subtilement assorti l’information relative à l’injonction de report de l’élection de gouverneur du Sankuru adressée par le président de la République à la CENI de préoccupations sécuritaires. Henri Mova Sakanyi, le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur dont il assure l’intérim aurait déjà alerté sur l’insécurité créée par Mende à Lusambo depuis plusieurs mois, a expliqué Basile Olongo à des médias.
Mais c’est dans sa lettre au premier ministre Bruno Tshibala, parvenue au Maximum, que l’ancien présentateur d’une émission de variétés à Kinshasa vide son sac, comme on dit, pour «se venger » maladroitement de ses récents déboires électoraux aussi bien dans la capitale que dans sa province natale du Sankuru où il a tenté vainement de se recycler par personnes interposées. Basile Olongo s’y était rendu l’année dernière, après plusieurs dizaines d’années d’absence, dans l’espoir de s’assurer une présence politique pour conjurer les incertitudes de la capitale.
De toute évidence, il n’y avait plus de place à prendre dans la province natale de Patrice Lumumba, surtout pas pour des arrivistes, ainsi que sont perçus tous ceux qui rappliquent dare-dare dans cette province, des présents de pacotille à la main.
Pour mettre toutes les chances de son côté, l’alors vice-ministre de l’Intérieur s’était assuré les services d’un ancien collaborateur véreux de Lambert Mende, révoqué pour malversations financières, trafic d’influence et autres. La formule n’a pas tenu toutes ses promesses, et « Ndeko Basile », ainsi qu’on surnommait cet acteur politique qui s’était fait élire haut la main à Kinshasa il y a 8 ans, attribue ses déboires dans la conquête de l’électorat du Sankuru à Mende.
Le vice-ministre et ministre intérimaire de l’Intérieur et sécurité, pourtant membre du Front Commun pour le Congo (FCC) a, selon un courrier de Lambert Mende au Premier ministre Tshibala dont copie lui a été réservée, pris le parti de soutenir un indépendant tombé de nulle part, adversaire du candidat gouverneur de la province du Sankuru, malgré l’arrêt de la Cour d’appel du Sankuru anéantissant les prétentions de ce dernier. « Je me suis résolu à vous adresser la présente car, encouragé par M. Olongo, le candidat déclaré non-éligible multiplie des provocations aussi bien à partir de Kinshasa qu’à Lusambo (…) où, selon un rapport du Maire de cette ville, il a recruté des bandes de jeunes désoeuvrés pour y semer des troubles », écrivait en substance Lambert Mende le 4 avril dernier avant de se rendre dans le chef-lieu de la province du Sankuru.
L’accusé s’en défend, naturellement. La lettre de Basile Olongo, longue de 3 pages saisies en corps 8 pour tenter d’en dissimuler l’étendue, est un étalage de lourdes rancœurs accumulées. «Il convient de noter que le Regroupement CCU et Alliés a aligné dans sa liste, comme premier suppléant du candidat Lambert Mende aux élections législatives et provinciales, un certain Docteur Billy Lotshimba, pourtant membre effectif du Parti Congolais Sociodémocrate (le parti politique de Ndeko Basile, ndlr), ce débauchage n’ayant fait aucune polémique de notre part», lit-on dès les premiers paragraphes.
Poursuivant sa complainte, le ministre intérimaire de l’Intérieur et Sécurité assure à Bruno Tshibala que « non seulement l’Honorable Lambert Mende et son Regroupement sont à l’origine, de manière répétée, des troubles récurrents à l’ordre public dans cette partie de la République, mais, il vous piège par sa lettre car, déterminé à troubler davantage l’ordre public avant, pendant et après l’organisation du scrutin des Gouverneurs et Vice-Gouverneurs des provinces, en se présentant en victime expiatoire ». C’est le fond des motivations qui sous-tendent le report répété de l’élection du gouverneur de province au Sankuru, que l’on a répété inlassablement aux plus hautes autorités du pays, dont le président de la République. Même si tout esprit sain peinerait à se convaincre qu’un candidat convoite un poste de gouverneur pour semer des troubles dans l’entité qu’il dirigera ou y fomenter des rébellions contre… lui-même.
J.N.

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