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INSTITUTIONS DE BRETTON WOODS : FMI, des préalables à Fatshi avant toute reprise des financements

Le Fonds Monétaire International, FMI, assiste généralement la RD Congo en appuis budgétaires. Des dizaines des millions USD.
Lorsque le FMI s’est désengagé du Programme Economique du Gouvernement en 2012, la RD Congo avait manqué d’empocher quelque 280 millions USD. La raison, on le sait, c’était un contrat minier entre la Gécamines et la firme Comide. Un marché minier ténébreux pour lequel le Trésor a manqué d’empocher 1 à 4 milliards USD.
A Félix Antoine Tshisekedi, la directrice du FMI, Christine Lagarde, a dit s’en tenir au préalable à l’audit de l’économie de la RD Congo. Le FMI, selon Christine Lagarde, posera une série de questions au Chef de l’Etat et à son gouvernement – (Lequel?)- sur la situation économique du pays. Dès cette semaine, le FMI serait prêt à travailler avec les officiels.
Avis d’experts, le principal grief à l’encontre des autorités de la RD Congo demeure la corruption et ses corollaires, contrats léonins, dilapidation des deniers publics, etc., Depuis les Etats-Unis, le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, a déclaré la guerre à la corruption et à la détérioration cyclique du climat des affaires. Des investisseurs étasuniens n’attendraient que ça pour revenir dans l’ancien Zaïre comme avant les pillages de 1991. «(…) Sur 10 transactions financières réalisées, 7 sont entachées des pratiques de corruption », selon le prof Mwendambali, DG de l’OCEP, service public en charge de la lutte contre la corruption. La RD Congo est plus d’une fois arrivée en tête de liste de cet indice annuel qui mesure la prévalence de la corruption et l’efficacité des programmes gouvernementaux de lutte contre ce fléau.
Le pays, très riche en ressources naturelles figure en avant-dernière position au classement de l’indice du développement humain établi par l’ONU. Hélas, les ressources naturelles qui rapportent l’essentiel des recettes publiques échappent encore au contrôle de l’Etat. Tenez. Selon une récente enquête, les recettes générées par la vente du niobium n’ont été jamais orientées vers le Trésor public. Par ailleurs, ce minerai ne figure pas non plus sur la liste officielle de la nomenclature des métaux exploités en RD Congo. Or, le niobium est un métal rare extrêmement cher, plus cher que le coltan. (En 2018, la RDC a exporté, selon le ministère des Mines, quelque 190,18 t de coltan pour des revenus insignifiants de l’ordre de 60,9 millions USD).Les gisements connus du niobium n’existent, selon la revue ‘‘Affaires’’, qu’a deux endroits de la planète : la Malaisie et la RD Congo.
Méconnu du grand public jusqu’à la publication du rapport des experts de l’ONU qui le citent abondamment parmi les richesses congolaises pillées actuellement par le Rwanda et l’Ouganda, le niobium est exploité dans une semi-clandestinité depuis trois décennies. Aucune statistique, aucun chiffre n’a jamais été rendu public. Il faut se fier à des indiscrétions pour apprendre que ce minerai est extrait et commercialisé depuis 1972 à titre expérimental et qu’une firme américaine l’exploitait déjà avant la guerre d’agression en l’expédiant par avion depuis le lieu d’extraction au Kivu jusqu’au port de Mombassa d’où il était embarqué à bord des bateaux pour les Etats-Unis.
Présentement, des investissements russes relancent l’exploitation du niobium sur le site de la société Somikivu. En tout cas, depuis les Etats-Unis, Fatshi s’est engagé à poursuivre des réformes économiques et financières afin de garantir un bon climat des affaires aux potentiels investisseurs américains. Face à tous ses interlocuteurs, dont le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo, le sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines, M.Nagy, le Chef de l’Etat s’est employé à redorer l’image de son pays comptée ces dernières années parmi les cinq pays les plus «corrompus» de la planète, selon l’indice de risque de corruption publié par le cabinet de conseil en gestion des risques Verisk Maplecroft. Toutefois, le pays s’est doté des instruments de lutte contre la corruption, preuve de sa détermination à en finir avec le régime les pots-de-vin, l’enrichissement facile et coulage des recettes.
Mais il reste difficile d’affirmer que Fatshi a réellement effectué un bon voyage comme Ulysse. Pas de contrat digne de ce nom, pas d’engagement financier des institutions de Bretton Woods…
POLD LEVI MAWEJA K.

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