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INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE : RDC, des images satellitaires pour combattre la pauvreté

La RD Congo veut se doter d’un système statistique efficace et pérenne. Pour ce faire, le pays est en quête d’une société spécialisée dans l’exploitation des images satellitaires afin de renforcer notamment les capacités de l’Institut National de la statistique, INS.
Selon le ministère du Plan, la RD Congo, grâce au financement de la Banque Mondiale, avait déjà mis en place le projet de développement des statistiques, PDS, dans l’optique d’un meilleur suivi de la politique de la réduction de la pauvreté et des projets de progrès économiques. Mais les données sous forme d’images satellitaires sont quasiment restées inexploitées… pour les décideurs politiques qui voudraient mieux cerner la problématique de la pauvreté.
Alors que des progrès réalisés dans la résolution d’images satellitaire, les technologies d’intelligence artificielle comme la Machine Learning, en conjonction avec des données d’enquête sur terrain, permettent aujourd’hui d’établir des estimations plus exactes notamment sur la problématique des inégalités et de la pauvreté sur l’ensemble du territoire national. Selon le DG de l’INS, Roger Shulungu Runika, l’objectif principal du futur partenaire de l’Institut National de la Statistique est d’exploiter les technologies d’intelligence artificielle dont les techniques OBIA (Object based image analysis) sur des images satellitaires à très haute résolution afin d’extraire des variables corrélées dans le but d’améliorer les techniques de recensement et d’étude de la population, d’automatiser le traitement des images, d’analyser la dimension spatiale (distribution géographique des phénomènes observés), extraire des statistiques, des variables et des indicateurs socio-économiques, explorer des techniques innovantes pour générer de façon objective des indicateurs pertinents.
L’on se souviendra de la polémique sur le nombre des déplacés internes qui avait opposé le gouvernement et les organisations humanitaires en 2018, au point que Kinshasa avait refusé de prendre part à la conférence des donateurs pour les déplacés du Kasaï. L’on espère qu’avec des images satellitaires les contradictions du genre n’auraient plus de raison d’être.
Faute de disposer d’un satellite en propre, la RD Congo recourt à la location du segment spatial du satellite Rascom QAF1. En 2016, la location satellite avait coûté 3 .445 .071. 078 FC à l’Etat alors que les prévisions budgétaires étaient de 400 fois moins, soit 861 .115 .500FC et en 2018, quelque 4.541.009.226.775 FC. Pour l’exercice 2019, la réception du signal satellitaire est reprise dans le budget du ministère de l’intérieur. Quelque 20.400.000.000 FC y sont prévus, mais ces frais concernent aussi, par exemple, l’acquisition des véhicules terrestres, d’équipements informatiques, des matériels de communication…la réhabilitation de l’Hôpital du Camp Lufungula et de la Polyclinique de l’ANR de Bandalungwa.
C’est quoi en fait la RASCOM? Regional African Satellite Communication Organization (RASCOM) est une organisation intergouvernementale panafricaine composée de 45 pays dont le siège se trouve à Abidjan, chargée de définir les services de télécommunications à bas coûts basés sur la technologie spatiale en liaison avec les opérateurs en télécommunications de ces pays.
Cette organisation a été fondée le 27 mai 1992 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Le système RASCOM offre une vaste gamme de services à l’ensemble de la communauté des télécommunications, depuis les opérateurs de réseaux de télécommunication (TELCOS), qu’ils soient publics ou privés, jusqu’aux sociétés de diffusion de programmes audio et vidéo.
Cette offre se décline en trois grandes classes de services, à savoir la téléphonie intégrée, la commutation à faible débit et la location des transpondeurs. Ces services spécifiques au système RASCOM permettent de réaliser l’accès universel aux services de téléphonie, de télécopie, transmission de données, accès internet, réception audio/vidéo. Grâce à des réseaux de petits terminaux satellites, les zones rurales et périurbaines se voient ainsi dotées de l’infrastructure vitale permettant d’offrir à tous et à un très faible coût l’accès aux services de communication.
POLD LEVI MAWEJA K.

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