ILS DOIVENT AU MOINS 5 MILLIONS UDS FPI : Belges insolvables dans les filets de la justice

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    Le siège administratif du FPI à Kinshasa

    Le parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa Gombe est déjà à pied d’œuvre. Il instruit les premiers dossiers sur les impayés des prêts évalués à quelque 162 millions de dollars. On s’attend à ce que l’action judiciaire soit pleine et entière. Des ministres et anciens ministres sont dans le collimateur.
    Ce n’est que le début. Le Fonds de Promotion de l’industrie (FPI) a ouvert une action en justice contre ses débiteurs « mauvais payeurs ». Sur la liste, l’entrepreneure belge, Christiane van der Haegen et son fils, Georges Jacofides. Ils doivent au moins 5 millions de dollars au FPI au titre de remboursement d’un crédit pour un projet non réalisé. L’entrepreneure belge a tenté de quitter le pays pour des raisons de santé, mais en vain. Elle a été interpellée au beach Ngobila et se trouve hospitalisée mais néanmoins en détention, à Kinshasa.
    Pour rappel, Christiane van der Haegen avait sollicité et obtenu pour le compte de la société TRADEXIM un financement de 3 millions de dollars pour le montage d’une usine des concentrés de tomates et de jus à Kinshasa. Le contrat du prêt n°873 a été signé le 7 juin 2013. Le premier remboursement arrivait à échéance le 5 juin 2015. D’après le rapport d’enquête parlementaire sur la gestion du FPI, ce délai a été dépassé sans que la société n’ait ni réalisé le projet ni, encore moins, remboursé le crédit.
    Son fils, Georges Jacofides, quant à lui, a bénéficié d’un financement de plus de 2 millions de dollars du FPI en novembre 2013 pour l’achat des équipements d’une imprimerie en faveur de la société Media Print Sprl. Selon les clauses du contrat, le premier remboursement arrivait à échéance le 30 avril 2015. On se rappelle que la commission parlementaire qui a gratté sur ce dossier a indiqué qu’« à défaut de le rencontrer », elle a visité les lieux renseignés dans le contrat et trouvé un bâtiment à l’enseigne Media Print Sprl, mais sans machines d’imprimerie. La commission a noté que non seulement ce projet n’a pas été réalisé mais aussi aucun remboursement n’a été effectué.
    Des interpellations s’enchaînent dans le cadre de ce vaste scandale politico-financier au FPI. Le conservateur des titres immobiliers de la Gombe et un agent de la division juridique du FPI ont été également interpellés à propos de la disparition du titre de propriété de Christiane van der Haegen des archives du cadastre de Lukunga alors qu’il était mis sous hypothèque. Même dans les archives du FPI, aucune trace de ce titre de propriété. D’où, la présomption de vol en bande organisée (agents de l’État et du FPI). Le procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa Gombe poursuit l’instruction du dossier. On s’attend à ce que l’action judiciaire soit pleine et entière, c’est-à-dire qu’elle vise tous les mauvais payeurs du FPI, notamment des acteurs politiques, ministres et anciens ministres. Aujourd’hui, le FPI entend recouvrer les impayés (portefeuille-prêts à fin 2017) de 162 millions de dollars mais aussi collecter efficacement la taxe de promotion de l’industrie (TPI). Car, tous, doivent rembourser l’argent du FPI afin de lui permettre de financer la promotion des petites et moyennes industries (PMI) congolaises.
    PALM

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