HAUT UELE/ISIRO : La criminalité prend l’ascenseur

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    Travaux de voirie à Isiro

    La coordination provinciale de la société civile du Haut-Uélé hausse le ton pour fustiger l’insécurité grandissante dans la ville d’Isiro, chef-lieu de la province. En espace d’un mois, plus de deux cas de mort d’hommes ont été enregistrés dans la ville d’Anuarite Nengapeta Marie-Clémentine, à la suite d’insécurité qui y a élu domicile. Et qui frappe principalement les conducteurs des taxis Motos.
    Pour rappel, le 1er cas est celui d’un taximan poignardé en plein exercice de son travail à côté de la Clinique de l’Est par des inconnus, décédé quelques heures plus tard après le drame à l’hôpital. Comme si cela ne suffisait pas, un autre cas est signalé au cours de ce même mois. Mais bien avant, un autre taximan avait été lui aussi porté disparu dont on est resté sans nouvelles à Isiro, jusqu’à la découverte de ses restes (ossements, chaussures et habits) dans le bas fond de la rue Magbe, à côté de la briqueterie, sa Moto ayant manifestement été emportée par ses bourreaux.
    Le crime le plus récent est celui enregistré dans la soirée du mardi 31 septembre 2017, lorsqu’un taximan du nom de Tiboko du parking Avenue Mbongo, a subi le sort de ses prédécesseurs dans l’infortune. L’incident a eu lieu à quelques mètres de la paroisse protestante Ngeli, sur la route qui mène vers le couvant saint Martin, dans la direction de l’ancienne usine de Beltexco. Les sources contactées par Le Maximum renseignent que la victime transportait un client à bord de son engin, qui l’aurait poignardé par la suite.
    Ayant appris cette nouvelle, les conducteurs de Motos de toutes les 9 associations de la ville d’Isiro (centre commercial Mendambo et ville) en colère, se sont mobilisés pour protester contre ces meurtres. Boutiques, magasins, stations, alimentations, pharmacies, marchés, dépôts, maisons d’achat d’or et de sont restés fermés. Aucun établissement scolaire de la place n’a par ailleurs fonctionné durant une grande partie de la journée.
    Face à cette situation, un comité de sécurité de la ville a été vite mis sur pied à l’issue d’une réunion d’urgence à la Mairie d’Isiro le même jour, afin de sensibiliser les chefs de tous les 11 quartiers de la ville à l’extrême vigilance. Une décision appréciée à sa juste valeur, selon le coordonnateur provincial de la société civile du Haut-Uélé, mais qui n’a jamais été mise en pratique, a déploré John Magwengasa.
    Quant au président du conseil provincial de la FEC, Fédération des entreprises du Congo, Célestin Bekabisya, il s’est dit indigné et frustré et a déploré l’ampleur pris par le phénomène à Isiro. Célestin Bekabisya en appelle la population d’Isiro, qu’elle invite à s’unir pour barrer la route à cette criminalité rampante dans la ville d’Isiro. « La sécurité étant l’affaire de tous, nous devons nous impliquer d’abord pour notre sécurité, et celle du milieu à travers les stratégies, et le concours de l’autorité en place, afin de bannir complètement ce danger permanent », a soutenu Célestin Bekabisya, dans une interview avec la presse. « C’est un manque à gagner non seulement pour l’intérêt de la communauté en général, mais également pour les opérateurs économiques », a-t-il ajouté.
    Alain PANGUIMO

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