FORETS DU BASSIN DU CONGO : Les tourbières de la recolonisation

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L'esperanza

Bis repetita dans les assauts en règle de prétendues ONG internationales contre le gouvernement de la RD Congo, pour l’empêcher de gérer et d’exploiter les forêts nationales au profit du bien-être des Congolais. Après le communiqué rendu public lundi dernier à partir de Bonn en Allemagne, Global Witness, Greenpeace, Rainforest Foundation UK, Rainforest Foundation Norway ont récidivé mercredi dernier en larguant un autre communiqué accusateur. Cette fois-ci, avec le soutien d’ONG satellites de la RD Congo, exactement comme cela se passe en matière de prétendues campagnes de défense des droits de l’homme. Réseau Ressources Naturelles, Groupe de Travail Climat REDD Rénové et Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones se sont associés aux ONG internationales-mères pour dire leur opposition au projet de levée du moratoire sur l’exploitation forestière en RD Congo, alors que le gouvernement de la RD Congo « participe à des pourparlers sur le climat à la COP 23, déplorent ces organisations ».
Plaidoyer imposteur
Dans ce plaidoyer perçu par les observateurs avertis comme une véritable imposture qui dissimule maladroitement la volonté des puissances étrangères d’imposer sa volonté au continent africain par de prétendues ONG bienfaitrices interposées, l’argumentaire développé par Global Witness et Cie est des plus farfelues, il faut l’avouer. Dans le communiqué rendu public mercredi dernier, ces ONG assurent ainsi qu’« alors que les dirigeants du monde se réunissent pour lutter contre le changement climatique à Bonn, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a rapidement organisé des réunions pour discuter de la levée d’un moratoire de 15 ans sur l’attribution de nouvelles concessions forestières industrielles dans la deuxième plus grande forêt tropicale humide au monde. » Elles ajoutent que « Toute expansion de l’exploitation industrielle entraînerait une dégradation des forets et une déforestation, et provoquerait une augmentation significative des émissions de carbone, y compris provenant des tourbières riches en carbone récemment découvertes qui reposent sous de larges zones de la forêt de la RDC », entre autres « arguties », selon cette réaction d’un agronome rd congolais, membre d’une ONG locale au Sankuru, une province forestière au centre de la RD Congo.
Les pollueurs refusent de financer
Ce que les fameuses ONG internationales occultent sans vergogne, c’est la mauvaise foi et la mauvaise volonté de leurs pourvoyeurs de fonds, les puissances occidentales, qui rechignent à la fois à réduire l’émission des gaz à effet de serre et à délier les cordons de la bourse en faveur des qui abritent les forêts protectrices de la planète. Les conférences internationales sur les changements climatiques en sont à leur 23ème session, présidée cette année par les Iles Fidji, mais aucune évolution n’a été notée sur le problème du financement, notamment depuis que les Etats-Unis, un des plus gros pollueurs de la planète (avec la Chine) se sont retirés de cet accord.
A Bonn, les Africains ont relancé les discussions sur cette question du financement. Le Guinéen Alpha Condé, qui préside aux destinées de l’Union Africaine, et son homologue Brazza-Congolais Denis Sassou-Ngouesso ont déploré le non-respect des engagements financiers pris à Paris par la communauté internationale. « Le changement climatique, dont l’Afrique n’est pas responsable, entraîne la pauvreté. Et la pauvreté entraîne l’émigration et le terrorisme. Quels que soient les moyens que nous mettrons au G5 Sahel, nous ne pourrons jamais vaincre le terrorisme si nous ne diminuons pas la pauvreté en Afrique », a expliqué en substance Alpha Condé le 15 novembre à Bonn. Tandis Denis Sassou Ngouesso, dont le pays préside la Commission climat du bassin du Congo, est venu défendre le projet de Fonds bleu dont l’objectif est de financer les programmes de développement de la région. « Nous souhaitons pour notre part que toute l’Afrique, d’une seule voix, soutienne ce grand projet du bassin du Congo », a-t-il plaidé pathétiquement.
« Nous parlons du Fonds bleu, a-t-il par ailleurs poursuivi, (mais) nous n’ignorons pas qu’il existe le Fonds vert depuis Cancun. (Et) depuis Cancun, aucun franc (…) ne sort de ce fonds vert ». Un avis partagé par son homologue, le président guinéen Alpha Condé.
Recommandation à sens unique
Mais cela, les ONG occidentales et leurs appendices africaines l’occultent, dans le dessein manifeste de protéger les puissances du monde qui polluent la planète mais néanmoins assurent leurs financements. C’est une manœuvre de recolonisation sans fards et il semble bien que les élites politiques africaines n’entendent pas courber l’échine pour la seconde fois. Outre la RD Congo, qui rouvrira ses forêts à l’exploitation industrielle pour apporter une plus-value à ses exportations forestières et ainsi améliorer le vécu quotidien de milliers de bénéficiaires d’une telle activité, le Congo-Brazzaville semble émettre sur la même longueur d’ondes, et même plus. Mardi dernier, l’Esperanza, un navire de l’ONG Greenpeace qui entreprend le tour des pays du bassin du Congo pour « apprendre aux autochtones à protéger la forêt » – comme s’ils étaient à la base de sa destruction – a été interdit d’accoster à Pointe-Noire.
C’est déjà ça !
J.N.

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