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ELECTION DE GOUVERNEUR AU SANKURU : Mgr Nicolas Djomo dans la danse

Le président de la République, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, a invité la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) aurait reporté ‘sine die’ l’élection des gouverneur et vice-gouverneur de la province du Sankuru, dimanche 14 avril 2019 à partir de Goma où il séjournait jusque lundi 15 avril 2019. Des raisons sécuritaires justifieraient cette seconde décision du chef de l’Etat dans les questions électorales réservées habituellement à la CENI.
Cette intervention présidentielle serait la suite de pressions auxquelles le président a résisté jusqu’à une insistance lourde d’un évêque de l’Eglise catholique, selon des informations de bonne source parvenues au Maximum lundi dans la soirée. Mgr Nicolas Djomo Lola, évêque du diocèse de Tshumbe dans la province du Sankuru est intervenu personnellement pour convaincre le chef de l’Etat des dangers qui menaçaient ses ouailles de Lusambo, le chef-lieu de la province, si l’élection de gouverneur était organisée avec le seul Lambert Mende Omalanga en lice. Le prélat a été cru au mot, manifestement, avant que ses interlocuteurs ne soient alertés un jour plus tard sur le fait qu’en réalité les paroisses catholiques du territoire et de la ville de Lusambo relèvent toutes du diocèse de Kabinda et non pas du diocèse de Tshumbe administré par Mgr Djomo. On se trouve donc face à une manipulation grossière de la plus haute institution de l’Etat.

Marche animée par une fanfare, lundi 15 avril à Lusambo. Spontanée ?

Au Sankuru, tout semble mis en branle par certains milieux pour empêcher le ministre sortant de la communication et médias de devenir gouverneur de province. Répondant à l’invitation du bureau local de la CENI qui avait reporté et délocalisé les opérations de vote du gouverneur de province, le candidat unique à ce poste ainsi que 13 députés provinciaux se sont vus interdire l’accès aux lieux par une escouade d’agents de police dirigés par un commandant assurant en avoir reçu ‘‘l’ordre de la hiérarchie’’. «Nous sommes au nombre de 13. Nous étions tous présents pour répondre à l’appel de la CENI comme prévu. On a trouvé l’Inspecteur provincial de la police, le général Aba Van Angh», a déclaré à la presse Justin Omokala, un élu provincial de Lodja. «Nous sommes-là, debout. Qu’est-ce qui permet à la police d’interférer ainsi dans le processus électoral au lieu de se limiter à le sécuriser ?», s’est-il emporté.
Quelques heures plus tard, à Kinshasa, la CENI dénonçait l’enlèvement de son préposé à la formation, à l’inscription et au scrutin de Lusambo, également président du bureau de vote, Basile Dimandja qui aurait été enlevé à minuit au quartier Dibaya dans la commune de Lupemba, a indiqué le rapporteur Jean-Pierre Kalamba dans une communication aux médias.
Alors qu’ils assuraient craindre pour leur sécurité le week-end dernier encore, au moins une dizaine de députés provinciaux proches du candidat retoqué Mukumadi a pourtant marché bruyamment dans les rues de Lusambo. Pour fêter le nouveau report de l’élection. Alors qu’à Lodja, la capitale économique de la province dont Lambert Mende est originaire et élu, le report du scrutin a donné lieu à diverses manifestations de protestation.
J.N.

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