EAUX DE TABLE ET JUS : L’Etat escompte 17.5 millions USD sur 500.000 hl

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    La production locale des eaux de table va crescendo depuis 2015. Les limonades et les jus suivent la même tendance. Cependant les étiquettes de ces produits donnent à croire à des articles importés. Ce n’est pas toujours le cas.
    De par leurs étiquettes, eaux de table et jus vendus sur le marché local évoquent le Canada, les Etats-Unis, l’Egypte, etc. Et pourtant, tous ou presque sont made in Kingabwa, ce quartier industriel de la commune de Limete (Est de Kinshasa) ou encore des produits des PME installées dans le Kongo central, aux bordures de la nationale n°1, axe Matadi-Kinshasa.
    La barre symbolique de 500.000 hl d’eaux de table pourrait être atteinte à décembre 2017, selon des experts de cette industrie, mais la DGDA, Direction générale des douanes et accises, table plutôt sur une production minimale de 460.807 hl et de 3 058 485 hl de limonades et jus, sur lesquelles elle (DGDA) compte percevoir 16.3 milliards de FC (16 300 047 619 FC), soit autour de 17,5 millions de dollars de droits d’accises. Les mêmes produits, importés effectivement, ne devraient rapporter que moins de 2 millions de dollars (2.117.673.484FC) à la douane.
    Une affaire d’expats.
    En 2016, la DGDA avait perçu plus de 12,7 milliards de FC (12 705 008 304FC) sur des assignations de 21 milliards de FC (21 015 588 433FC) contre un petit milliard de FC (1.463.723.757 FC) sur les eaux de table, jus et limonades importés. En 2015, la production locale avait rapporté à la douane 12.6 milliards de FC (12.602.701.163 FC) et 13,3 milliards de FC (13 375 036 092 FC) en 2014. Par ailleurs le ministère en charge des ressources hydrauliques chiffre à près de 2.5 milliards de FC (2.478.274.330 FC), environ 2 millions de dollars la redevance 2017 sur les auto-producteurs des eaux naturelles, minérales et thermales. En 2016, la redevance qui est, en pratique, perçue par la DGRAD, Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations, a été captée à plus de 2.961 %, soit plus de 1.3 milliards de FC (1.359.912.016 FC) sur des attentes d’environ 46 millions de FC (45 914 159 FC).
    L’industrie des eaux de table et produits connexes reste concentrée entre les mains des expatriés (Aqua Cool, Aqua rim, Abeer, Canadian, American, Alpina…) généralement indopokistanais et libanais. Certains nationaux financés par le FPI, Fonds de promotion de l’industrie, se sont aussi lancés dans l’aventure. C’est le cas de l’eau de table estampillée «Ma vie» produite au Kongo central. Son promoteur aurait reçu sans appel d’offre officiel sa distribution exclusive dans les institutions publiques, dont la primature. Ce contrôleur de la DGRAD fait aussi remarquer que les eaux de table produites par des indopakistanais, par exemple, ne sont distribuées dans des magasins et restaurants tenus par des indopakistanais, il en est de même pour des Libanais. «Vous ne verrez jamais Aqua cool servi dans un resto des Libanais. Ou encore Canadian dans un restaurant pakistanais ou indien. Il en est de même pour ce qui est des jus », poursuit-il. Dans ce domaine de distribution d’H20, la guerre des tranchées est nette et sans quartier.
    Le ministère en charge des ressources hydrauliques et la DGRAD comptent percevoir plus de 222.3 millions de FC courant 2017 au titre de redevance sur les eaux minérales et minéralisés, commercialisées ainsi que les eaux thermales. Selon le ministère de l’Industrie, des eaux de table se distinguent, en effet, de part leurs sources. Ainsi, pour l’exercice 2017, l’autorisation d’exploitation des eaux naturelles de surface ou souterraines devrait rapporter au bas mot 128,3millions de FC, alors que l’autorisation de recherche des eaux naturelles, minérales et thermales, quelque 9.3 millions de FC. Cependant, pour des observateurs, à Kinshasa, nombre des fabricants d’eaux de table ne recourent qu’à l’eau distribuée par la REGIDESO à laquelle il suffit d’ajouter des purifiants. Et le tour est joué.
    Les eaux minérales sont officiellement des eaux qui possèdent des caractéristiques chimiques stables de nature à apporter ses propriétés favorables à la santé. Mais de l’avis d’experts de l’ACME, Association pour un contrat mondial de l’eau, les opérations de marketing priment sur les normes EDCH, Eaux Destinées à la Consommation Humaine. Les eaux de table, d’après l’ACME, sont généralement beaucoup trop minéralisées pour être consommées à longueur de journée ou même obtenir l’appellation de « potable ».
    POLD LEVI

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