EAU ET ELECTRICITE : La surconsommation des « ayants-droits » pose problème

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    Siège de la Regideso à Kinshasa

    Les factures de consommation d’eau et de courant des institutions publiques et autres ayant-droits devraient coûter, en 2018, au bas mot 54 milliards de FC pour le secteur énergétique, à savoir 24 milliards de FC pour l’alimentation en eau (REGIDESO) et 20 milliards de FC pour l’alimentation en énergie électrique(SNEL).
    Mais une certaine confusion entoure, hélas, la gestion de cette charge de l’Etat à tel point que les chiffres publiés au ministère du Budget ne correspondent pas toujours à ceux disponibles à la SNEL SA ou à la REGIDESO SA.
    En 2016 par exemple, selon la Direction de préparation et de suivi du budget, le gouvernement a décaissé plus de 115 milliards de FC pour le paiement des factures de fourniture d’eau et de l’électricité au bénéfice des institutions publiques, entreprises et services de l’Etat. Ces dépenses ont, en effet, été exécutées à plus de 1.250 % de leurs prévisions, selon ce service spécialisé du ministère du Budget. Le rapport de la Direction de préparation et de suivi du budget qui remonte au début du second quadrimestre 2017, note, en effet, que le gouvernement n’avait disposé que 20.7 milliards de FC, en raison de 11,6 milliards de FC pour la consommation d’eau courante et un peu plus de 9 milliards de FC pour le courant électrique. Mais le gouvernement débourse 38,9 milliards de FC au bénéfice de la Régie des eaux, REGIDESO SA, soit 335,2 % des prévisions et 74,6 milliards de FC pour la Société nationale de l’électricité, SNEL SA, soit une exécution de 820 % par rapport aux prévisions. La facture se gave davantage quand on y ajoute la rubrique «fournitures énergétiques» reprises dans les charges communes de l’Etat, pour plus de 2,3 milliards de FC.
    Selon cet agent de la REGIDESO SA, outre les institutions publiques et leurs animateurs, l’Etat prend également en charge la consommation des anciens et nouveaux officiers généraux des FARDC, des anciens Premiers ministres, etc., Cela vaut autant pour la SNEL SA. Naturellement, la facture devient davantage salace. D’après l’estimation de la Commission d’études statistiques et des comptes nationaux, CESCN, en 2017, la contribution de l’électricité, le gaz, la vapeur et l’eau à la croissance du PIB réel dans le secteur secondaire n’a été que 0.03 de point de pourcentage, contre 0,7 pour les industries manufacturières et 0.5 pour les bâtiments et travaux publics.
    En 2016, l’apport de l’eau et de l’électricité dans le PIB réel du secteur secondaire était plus de trois fois supérieur soit 0.1 point de pourcentage. Pour l’exercice 2018, l’apport de l’eau et de l’électricité serait, d’après les projections de la CESCN, de 0.0 point de pourcentage, alors que le secteur secondaire verrait plutôt les contributions des branches « Industries manufacturières » et « Bâtiments et Travaux publics» osciller respectivement autour de 0,3 point et 0,1 point de pourcentage.
    En 2017, l’apport attendu de la REGIDESO SA au titre des dividendes des entreprises publiques transformées en entreprises commerciales était de 470.4 millions de FC à fin décembre, moins de 23 millions de FC auraient été versés au Trésor. La situation financière de l’entreprise a atteint un seuil critique à tel point que le conseil d’administration présidé par le MSR/MP Yoko Yakembe a sollicité et obtenu du gouvernement, courant janvier 2018, de revoir à la hausse son tarif moyen de 0.75 dollars à 0.89 dollars le m3, dans l’espoir de ramener la REGIDESO SA à un certain équilibre financier. En pratique, le m3 d’eau en RDC coûte désormais autant qu’au Sénégal ou au Burkina-Faso, des Etats aux ressources en eau plutôt limitées du fait de l’influence du climat sahélien.
    En 2016, le déficit cumulé sur l’année de la REGIDESO SA et de la SNEL SA était de 30 milliards de FC selon le ministère du Budget.
    POLD LEVI

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