DESARROI DANS LA PLATEFORME NEE A GENEVE : Lamuka : le point de presse qui a mis le feu aux trousses

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Le porte-parole du Gouvernement (archives Mxm)

Le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement est sorti d’un silence relativement long, vendredi 14 décembre 2018. Au cours d’un point de presse plutôt bref, Lambert Mende Omalanga a évoqué les entraves auxquelles le processus électoral est confronté, dénoncé les sanctions européennes contre des personnalités politiques rd congolaises et évoqué les actes de sabotage orchestrées par certaines parties prenantes au processus électoral contre leurs adversaires.
Comme on dit, c’est dans la queue que se trouve le venin. En réponse une des rares questions accordées à l’assistance, vendredi dernier dans les studios d’enregistrement de la RTNC, le porte-parole du Gouvernement qui a rappelé (parce qu’il l’avait déjà déclaré aux médias il y a peu) que la candidat Lamuka à la présidentielle du 23 décembre était « une souris naine », a également souligné le fait que Martin Fayulu ne battait guerre campagne électorale. « Il n’évoque pas son programme, il n’exhorte même pas les électeurs à porter leurs voix sur lui en leur rappelant son numéro … ». L’affirmation semblait aller de soi, tant elle était vraie.
48 heures plus tard, dimanche 16 décembre à Kinshasa, Pierre Lumbi Okongo, le directeur de campagne de Martin Fayulu, faisait sensation en décrétant que la plateforme Lamuka ne s’opposait plus à l’usage de la machine à voter, vouée aux pires gémonies jusque-là. Dans l’opinion à Kinshasa, beaucoup ont vu dans la réaction des radicalisés, le résultat de de diverses pressions, dont ce point de presse gouvernemental.
Le lecteur trouvera ci-après le texte intégral de la communication du porte-parole du Gouvernement.
POINT DE PRESSE DU MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET MEDIAS
KINSHASA, VENDREDI 14 DEC 2018
Mesdames et Messieurs de la presse,
L’objet essentiel de notre communication de ce jour porte sur les inquiétudes exprimées par d’aucuns concernant le tournant que prend notre processus électoral au regard des entraves délibérées et des actes hostiles dans le déroulement de la campagne électorale qui est entrée dans sa dernière ligne droite.
1. Les entraves délibérées au processus électoral
Depuis quelques jours en effet, les Congolais qui se sont lancés avec un enthousiasme parfois débordant dans les opérations préparatoires à leur troisième cycle électoral depuis 2006 tout comme les observateurs extérieurs assistent soudain à une agitation assez préoccupante car fondée sur un regain de tension ponctuée de quelques débordements et incidents graves.
Si pour certains cette agitation constitue une surprise, pour des analystes plus avisés, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’elle participe d’un plan prévisible car notoirement concocté par des individus et groupes d’individus qui n’ont jamais fait mystère de leur volonté radicale de saboter ce processus électoral.
En effet, alors que la campagne électorale se déroulait jusqu’il y a peu sans incident majeur, des personnes connues pour leur extrémisme et qui ont, de toute évidence, reçu ou se sont données (c’est selon), la mission de torpiller ou de décrédibiliser ledit processus électoral, s’adonnent depuis quelques jours à un travail de sape organisé.
Plutôt que de dérouler, comme il se doit, à l’intention des Congolaises et des Congolais leur programme qui doit en substance être la déclinaison de l’offre politique qu’ils entendent leur servir durant les cinq prochaines années, ces agitateurs patentés qui se comportent véritablement en « nègres de service » de certains intérêts hors de notre pays s’emploient, avec une rare véhémence, à attiser les braises de la haine et à ajouter de l’huile sur le feu dans le but de permettre à leurs mentors de réaliser leurs projets funestes.
Il n’est pas inutile à cet égard de rappeler que dès le 13 septembre dernier déjà, un tweet assassin de l’un de ces pyromanes par procuration annonçait la couleur. Je le cite : « Si Corneille Nangaa (le Président de la CENI) s’entête à imposer ses 100.000 machines à tricher, il devra déployer derrière chacune d’elles un policier pour qu’elles ne soient pas cassées, détruites, brûlées ! » ; Fin de citation. Si on ajoute à cela toutes les révélations qui ont été faites au sujet des véritables enjeux des accords signés entre certains protagonistes de ces élections en dehors de notre pays notamment à Genève en Suisse, on peut aisément expliquer le cirque, les intimidations et les actes de provocation qui se déroulent sous nos yeux.
Dès lors, il n’est pas surprenant de constater, par exemple, que partout où le candidat d’une plateforme créée en marge de cette rencontre de Genève est passé depuis le lancement de la campagne électorale, il ne se donne même pas la peine d’appeler la population à voter pour lui. Il ne communique pas son numéro d’ordre comme le font tous ses autres collègues. Au contraire, il se limite à multiplier les provocations contre ses adversaires ou, chose plus grave, contre les forces de l’ordre et de sécurité. Il invite les électeurs à saborder la machine à voter, un outil technique pourtant né, faut-il le rappeler, de la volonté de la classe politique y compris lui-même, associée à la société civile lors du dialogue du Centre interdiocésain de Kinshasa dans le but de rationnaliser le processus électoral.
Partout et spécialement à Beni, il a invariablement appelé au chaos et à l’insurrection, se livrant même à une véritable apologie du crime encourageant les égorgeurs des forces négatives dits maï-maï, alliés aux terroristes ADF dont on connaît maintenant les ramifications avec le groupe Etat Islamique et que nos vaillantes FARDC sont quotidiennement occupées à éradiquer au prix de lourds sacrifices en vies humaines.
Il faut être sourd et aveugle ou complice pour ne pas se rendre compte de ce qui est aussi évident que le nez au milieu du visage. Il y a peu de doute quant au fait que l’objectif poursuivi par cet acteur politique inconséquent est de multiplier les incidents afin d’empêcher d’autres plateformes électorales concurrentes aussi bien de la majorité au pouvoir que de l’opposition de se déployer pour battre campagne dans le seul dessein d’entraver ainsi le processus électoral. Le discours de ce candidat mis sur orbite à Genève par la coalition des invalidés et des nostalgiques outre-Méditerranée et outre-Atlantique est truffé de contradictions flagrantes. Il prétend battre campagne pour solliciter les suffrages des électeurs mais il leur demande de ne pas exprimer valablement leurs votes. Une forfaiture.
Son désir conscient de mettre ainsi délibérément en péril le processus électoral et au-delà le pays et ses populations dans l’espoir de confisquer les droits et la liberté des citoyens est plus que manifeste. Aux Congolais de juger.
2. La position ambiguë de l’Union Européenne
Ce n’est plus un secret pour personne. En dépit de ce que le processus électoral coûte à la République, le Gouvernement congolais a levé l’option ferme et définitive d’organiser et de financer sur fonds propres ses élections pour marquer à jamais sa souveraineté. La discussion est close, et bien close à ce sujet : tout a un prix, y compris la dignité et nous avons décidé de le payer une fois pour toutes et rien ne nous fera changer d’avis.
Depuis que cette position a été rendue publique, nous constatons que certains des partenaires extérieurs de notre pays qui ont toujours parié sur l’immaturité du peuple congolais et de ses dirigeants font des pieds et des mains pour nous contraindre à la revoir. Ils ne se consolent pas et n’en démordent pas de constater qu’un tel processus puisse se dérouler dans ce pays qu’ils ont fini par considérer comme leur arrière-cour sans eux. Aussi se sont-ils juré, par tous les moyens et parfois par procuration, d’interférer coûte que coûte dans notre processus électoral dont ils n’attendent par ailleurs que l’échec.
C’est manifestement la raison pour laquelle malgré les récents appels à la raison lancés par notre Ministre des Affaires Étrangères et les plaidoiries de l’Union Africaine dont la RDC est un éminent membre, l’Union Européenne à laquelle n’appartient pas la République Démocratique du Congo a décidé, contre toute logique, de maintenir des sanctions politiques injustes, illégales et illégitimes prises à l’encontre d’une quinzaine de personnalités congolaises, parmi lesquelles un candidat Président de la République et d’autres candidats aux assemblées nationales et provinciales dans le but manifeste de permettre à leurs « clients » au sein de la classe politique congolaise d’en faire usage pour les fragiliser en les discréditant par un amalgame douteux entre elles et une quelconque culpabilité criminelle dans leur chef. Heureusement sans succès.
Je confirme ici ce que le Gouvernement congolais, par la voix de son Ministre des Affaires Étrangères, a eu déjà à dire : cette hostilité sans fards des Autorités européennes à la démarche souverainiste des Patriotes Congolais ne restera pas sans conséquences.
Par ailleurs, dans le contexte d’une campagne électorale dont le caractère passionné ne saurait nous étonner outre-mesure, la poussée de psychose délibérément initiée par la pratique des comptabilités macabres de la Monusco que d’aucuns parmi les Congolais accusent de se montrer plus prompte à annoncer des tueries réelles ou supposées qu’à accomplir sa mission de protéger les populations civiles ou appuyer d’autres secteurs demandeurs d’aide alimentent également l’agenda d’une opposition radicalisée qui veut imposer un partage de pouvoir par de nouvelles négociations politiques en violation de la Constitution et des Lois de la République qui stipulent clairement que toute dévolution de pouvoir ne peut s’opérer qu’au moyen des élections.
3. Les incidents et actes de sabotage
Les attaques délibérées contre des femmes inoffensives lors de la caravane du Front Commun pour le Congo à Lubumbashi dimanche dernier, suivies de la mise à sac et de l’incendie du Tribunal de Paix de la commune de la Kenya dans la même ville lundi sont le fait d’un groupe d’ores et déjà bien identifié qui vise à créer une ambiance délétère et un climat de chaos propices à une crise post-électorale que certains s’amusent délibérément à provoquer artificiellement. Le Gouvernement de la République n’entend en aucune manière abdiquer de sa responsabilité régalienne de sécuriser le processus électoral ainsi mis en danger par ces pyromanes sans foi ni lois qui ne se gênent pas pour prendre cyniquement des postures victimaires afin d’atteindre leurs sombres desseins.
S’il s’avérait que l’incendie dans la nuit du 12 au 13 décembre d’un entrepôt de la CENI Ville-Province de Kinshasa avec son cortège de dégâts matériels procédait de la même logique criminelle, tout en rassurant notre peuple de sa détermination à offrir jusqu’au bout les meilleures conditions de sécurité au pouvoir organisateur et à toutes les parties prenantes de ce processus électoral, le Gouvernement a pris toutes les dispositions qui s’imposent pour élever le niveau de sécurité. Il appelle en même temps le peuple congolais à plus de vigilance et à coopérer davantage avec les Forces de l’ordre et de sécurité afin de dénoncer quiconque chercherait à contrarier l’exercice par les Congolais de leurs droits civiques en toute quiétude afin de faire triompher les Intérêts Nationaux et la souveraineté de la RDC.
Je vous remercie.
Lambert MENDE OMALANGA
Ministre de la Communication et Médias
Porte-parole du Gouvernement

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