DERRIERE UNE FALLACIEUSE CONTESTATION ELECTORALE : L’Occident joue Katumbi contre Fatshi

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Fatshi, avec Emmanuel Macron à Nairobi

En séjour à Nairobi au Kenya à l’occasion du sommet des Nations-Unies sur les changements climatiques, le président de la RD Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est entendu recommander sans ambages de mettre un terme à l’entente politique qui le lie à son prédécesseur au sommet de l’Etat, Joseph Kabila, en dépit de l’indéniable victoire du FCC, regroupement politique de ce dernier aux élections législatives nationales et provinciales. C’est Emmanuel Macron, le président français flanqué de son homologue kényan, Uhuru Kenyatta, qui s’est chargé de le dire au nouveau chef de l’Etat de la RD Congo, préalablement cuisiné moralement par de puissants médias occidentaux.
En réalité, Emmanuel Macron a dit tout haut ce que presque tous les anciens colons occidentaux réunis au sein de l’Union Européenne pensent plus ou moins bas, notent les observateurs. L’élection surprise de l’héritier Etienne Tshisekedi est une couleuvre difficile à avaler, même si elle est la résultante de la volonté exprimée dans les urnes par ses compatriotes, au terme d’élections entièrement financées par cet immense et important Etat au centre du continent africain. « Jusqu’à la dernière minute, les Occidentaux ont espéré que Kinshasa appellerait à l’aide pour tenir ses scrutins ce qui leur aurait permis de peser de tout leur poids pour en influencer l’issue », explique ce chercheur en relations internationales de l’Université de Kinshasa. Qui estime que c’est pour « rattraper » une situation qui leur échappait « qu’ils ont résolu de financer et convertir la mission d’observation de l’Eglise catholique en une centrale électorale parallèle devant les aider à imposer leurs hommes de confiance aux commandes de l’Etat ».
Vaine astuce
L’astuce a manifestement échoué. Mais ses géniteurs n’abdiquent pas et jouent crânement la carte de l’ancien gouverneur de l’ex. province minière du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, connu pour sa « flexibilité » vis-à-vis des puissants minings occidentaux qui pompent quotidiennement du minerai rd congolais, contre Félix Tshisekedi Tshilombo. La pression sur le nouveau président de la RD Congo est énorme, dans les médias dits mondiaux particulièrement, qui se livrent sans vergogne à une sorte de Fatshi Bashing. « L’objectif de cette vaste campagne médiatique vise en fait à fragiliser ce nouveau leader qui ne rassure pas les Occidentaux, à la fois en l’opposant à Joseph Kabila dont il est l’allié à l’heure actuelle, et en le poussant dans les griffes de leurs hommes de main locaux, sachant bien qu’il ne fera pas le poids durablement dans une éventuelle alliance avec ces caïmans qui ne sont pas des enfants de chœur », explique un diplomate en place à Kinshasa, interrogé par nos rédactions.
C’est un Fatshi particulièrement cuisiné par les médias pro Katumbi qui a ainsi effectué le déplacement de Nairobi mercredi dernier. C’était le jour choisi, comme par hasard, par La Libre Afrique, la version en ligne du quotidien belge exclusivement voué depuis quelques années à la défense des intérêts occidentaux en RD Congo via Moise Katumbi. Le nouveau président de la République y est ainsi traité d’«impotent» par la passionaria Marie-France Cros, sous le prétexte qu’il n’avait pas libéré les ‘prisonniers politiques et assimilés’ selon sa promesse du 2 mars dernier. Quelques heures avant de se faire recommander par le chef de l’Etat français de rompre les amarres avec son prédécesseur en signe de gage de confiance démocratique (sic !) avec la France et les Occidentaux, un argument qui s’appuie sur l’orgueil personnel sans aucune considération pour les normes constitutionnelles et les intérêts nationaux des Congolais.
D’autres arguments, que d’aucuns qualifient d’arguties à Kinshasa, sont évoqués à la rescousse, notamment les résultats des élections à la tête des assemblées provinciales du pays, qui indiquent que 20 des 24 bureaux de ces assemblées seront présidées par la famille politique de Joseph Kabila. Un chercheur au musée belge de Tervuren, nègre de service pour la circonstance, a été réquisitionné pour donner une forme « scientifique » étriquée à ce constat avéré depuis le 30 décembre dernier : « Tshisekedi règnera mais ne gouvernera pas », soutient Jean Omasombo Tshonda, par ailleurs professeur de sciences pô à ses heures perdues à l’université de Kinshasa.
Fatshi cuisiné par les médias
Mais la formule lapidaire de ce scientifique et les inductions de La Libre Afrique sont malmenées par les réalités sur le terrain. Parce que le président de la République avait bel et bien signé avant son départ vers Nairobi les ordonnances portant mesures de grâce desdits prisonniers politiques et assimilés, et dûment instruit le gouvernement de faire suspendre les poursuites judiciaires contre d’autres. « En attendant de disposer d’une nouvelle équipe gouvernementale, le nouveau chef de l’Etat marque ainsi déjà de son empreinte l’action au sommet de l’Etat », soutient ce diplomate africain en place à Kinshasa. « Peut-être ne gouverne-t-il pas à la manière de nos amis Occidentaux ou comme ils aimeraient qu’il le fasse. Mais il faut qu’il sache que les temps ont changé », ponctue-t-il avec un sourire ironique.
Ce que les Occidentaux, et avec eux tous ceux qui fustigent les limites des pouvoirs du nouveau président de la RD Congo, voudraient c’est d’un Mobutu Bis : un président de la République omnipotent, qui ne se sentirait nullement obligé vis-à-vis des lois du pays ni de la volonté de ses compatriotes et des Intérêts Nationaux, et qui s’imposerait tel un démiurge à tous et à chacun. Parce que soutenu par les puissances économiques et militaires du monde. Soit un dictateur, carrément. C’est le destin miroité aux Katumbi et autres Fayulu sous le paravent de la contestation électorale.
On sait pourtant comment l’homme de Gbadolite qui s’était enivré de tels chants de sirène avait fini, se souviennent certains en RD Congo.
J.N.

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