DEPENSES EXCEPTIONNELLES : La Société civile recommande plus de transparence à la CENI

    30
    Une rencontre CENI-Acteurs de la société civile à Kinshasa

    Selon les analyses explicatives des dépenses 2018 reproduites dans un document annexe de la loi des finances publiques 2018, la CENI n’a officiellement sollicité aucun crédit des partenaires extérieurs.
    Zéro FC. Voilà le chiffre repris dans la colonne des dépenses exceptionnelles sur ressources extérieures de la Commission Electorale Nationale Indépendante pour ce qui est des crédits sollicités. Le gouvernement caresse-t-il l’idée d’organiser derechef seul les élections ? Au cours d’un point de presse, jeudi 21 décembre 2017 à Kinshasa, Lambert Mende Omalanga, le porte-parole du gouvernement, a quasiment dénoncé le refus des partenaires internationaux de mettre la main au portefeuille. Signe que les hommes de Bruno Tshibala n’attendent pas la manne du ciel. Même s’ils ne le clament pas tout haut.
    Il reste que dans la colonne des crédits accordés, le ministère du Budget a mentionné quelque 72.536.000.000 FC attendus de la MONUSCO au titre d’appui logistique aux opérations électorales. Un apport également évoqué par le point de presse du ministre de la communication et médias. Il sied de rappeler que pour l’exercice 2017, la mission onusienne devrait financer la CENI à hauteur de 883.558.400 FC. Mais jusqu’à fin octobre 2017, la MONUSCO n’avait rien décaissé devant les incertitudes liées à l’organisation des scrutins. Toutefois, la Centrale électorale avait obtenu des appuis financiers extrabudgétaires de la part des partenaires extérieurs dont le PNUD, mais qui restent difficiles à retracer.
    La CENI bénéficie aussi des investissements en termes des dépenses exceptionnelles propres, internes c’est-à-dire du gouvernement. Voté à 1.110.899.527.729 FC dans le budget 2017, les prévisions des dépenses exceptionnelles sur financement de l’Etat s’élèvent à 840.000.000.000 FC. Alors que le bureau de Corneille Nangaa avait sollicité 1.062.133.679.246 FC.
    La CENI a, en effet, sollicité du gouvernement, pour 2018, année électorale, plus de mille milliards 350 millions de FC (exactement 1.350.891.781.925 FC) mais le budget 2018 n’a prévu que 966.546.601.946FC dont 840.000.000.000 FC pour les opérations électorales.
    Les prévisions de dépenses relatives aux quatre missions principales du Gouvernement représentent 59 % contre 41 % pour les autres missions. La part réservée aux élections représente 9 % du budget global, soit 912 536 000 000Fc.
    Selon la mouvance de la Société Civile -qui a procédé, début décembre, à l’analyste critique du budget 2018, sous la coordination du Réseau Gouvernance Economique et Démocratie (REGED)- les dépenses exceptionnelles de la CENI représentent 95 % de son budget (cfr tableau) mais ne sont toujours pas ventilées en dépit de la recommandation faite au bureau Naanga en 2016 pour le budget 2017 de la CENI.
    Pour la Société civile, ventiler les dépenses exceptionnelles est une exigence pour la crédibilité de la CENI dont l’audit financier est de plus en plus réclamé dans l’opinion. La centrale électorale permettrait ainsi aux contribuables de savoir ce qu’il prend en charge et dissiper tout malentendu par rapport à la transparence de sa gestion par l’équipe de Corneille Naanga.
    POLD LEVI.

    Pas de commentaire