DECENTRALISATION : Ruberwa : il ne se construit pas des châteaux en Espagne, en nos provinces il flaire des petites Suisses,

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Rendre viables les nouvelles provinces en termes d’infrastructures et de modernisation de l’administration, Azarias Ruberwa, le tout nouveau ministre de la Décentralisation et réformes institutionnelles, y croit ferme. D’ailleurs, il voit en nos 26 provinces, des petites Suisses.
Les entités de base Suisses produisent des milliers des dollars leur permettant de fournir des services de qualité, a fait comprendre Azarias Ruberwa, en marge de la cérémonie de la remise et reprise avec son prédécesseur, Salomon Banamuhere.
«Le développement de la RDC passe réellement par des structures décentralisées, autour de la mise en œuvre de la décentralisation et de la mise en application des lois qui la consacrent ainsi que des lois sectorielles », a indiqué le nouveau ministre de la Décentralisation et Réformes institutionnelles.
Mais il demeure que faute du respect du principe constitutionnel de la retenue à la source de 40% des recettes réalisées par les provinces, Ruberwa se construirait bien des châteaux dans son rêve de voir les 26 provinces on ne peut plus viables.
Pour l’exercice 2016 finissant, les 26 provinces de la RDC ont dû se contenter de rétrocessions de moins de 1.800 milliards FC (nettement 1.793.357.814.684 FC) soit 1,9 milliards de dollars. Le gros lot revient à la capitale Kinshasa qui disposera de 14,77% de l’enveloppe, soit 264.863.833.045 FC, c’est-à-dire un peu moins de 285 millions de dollars. Viennent ensuite le Haut Katanga avec 10,16%, en numéraires 182.177.127.655 Fc, soit un peu plus de 195 millions de dollars, le Kongo Central 147.145.017.178 FC, environ 160 millions de dollars (8,21%), et le Nord Kivu qui reçoit 5,13% de la cagnotte, quelque 92.004.881.110FC, soit près de 100 millions de dollars.
Toutes les 22 autres provinces restant ont chacune moins de 5% des crédits alloués à la rétrocession aux provinces pour l’exercice 2016. La plus petite part revenant à la Tshuapa dans l’ex-Equateur, avec 1.99% pour 35.652.627.795 FC, soit 38 millions de dollars.
Le Sankuru, sans doute la plus dynamique de toutes les nouvelles provinces en termes de construction ou de réhabilitation des infrastructures – dont l’aéroport de Lodja – avec des fonds propres n’a pas cependant été récompensé dans ses efforts par l’Etat. Il n’a droit qu’à 42,8 millions de dollars, soit juste 2,2% de la cagnotte de la rétrocession. Alors que de (nouvelles) provinces déjà bénéficiaires des appuis financiers de l’Etat à travers des projets d’intégration comme le Starec, ont davantage perçu, à l’image du Sud-Kivu, plus de 86 milliards de FC, soit 92,5 millions ou encore de l’Ituri, 45,5 milliards de FC, soit 49 millions de dollars. La clé de répartition des crédits alloués à la rétrocession a toujours posé problème voilà quasiment 10 ans. Certains gouverneurs ont appris à ne plus trop y croire. A l’instar du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, ou encore André Kimbuta de Kinshasa.
NKM

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