CONGOLAIS EXPULSES : Luanda se justifie mais ne rompt pas

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Expulsés d'Angola : pas seulement des Congolais, se défend Luanda

Face aux expulsions, plus ou moins sauvages des Congolais de l’Angola voisin, le Gouvernement de la RD Congo s’est ému au plus haut point, décidant la convocation de l’ambassadeur Angolais à Kinshasa, le rappel de l’ambassadeur rd congolais à Luanda pour consultations, ainsi que l’expulsion par réciprocité de tous les étrangers en situation irrégulière dans un délai de deux mois. Ça ne s’était jamais par le passé, même si l’immense voisin de la RD Congo n’en est pas à son premier coup du genre. De l’Angola, c’est par grappes que les autorités ont toujours expulsés les ressortissants du voisin rd congolais, grands connaisseurs du commerce des pierres précieuses, particulièrement le diamant, dont regorge le sous-sol de ce pays qui fait face à une crise économique sans précédent depuis quelques années.
Le trafic illicite de son diamant, c’est selon les autorités angolaises, ce qui justifie l’opération gigantesque lancée contre tous les résidents irréguliers au pays de Joao Lourenço. L’opération lancée depuis septembre 2018 s’inscrit dans le cadre global de la lutte contre l’immigration clandestine et l’exploitation illicite du diamant. Elle ne vise pas les seuls ressortissants de la RD Congo mais plutôt tous les étrangers en séjour irrégulier, ainsi que tous les exploitants de diamant, qu’ils justifient de documents de séjour régulièrement acquis ou non. L’opération s’appelle « Transparence » et est prévue pour s’étendre jusqu’en 2020. Le gouvernement angolais la revendique et réitère son combat pour mettre fin à l’exploitation illégale de ses pierres diamantaires.
Au cours d’un point de presse rapporté par l’Angop, Ernesto Muangala, le gouverneur de la province de Lunda Norte, avait annoncé aussi bien la fermeture d’établissements de vente de diamants et l’arrestation de leurs responsables que l’expulsion des immigrants irréguliers dans les provinces de Lunda Sul, Cuando Cubango, Moxico, Malanje, Uige et Bie, en plus de Lunda Norte. 200.000 immigrants illégaux ont été expulsés et le gouvernement angolais menaçait de sanctions tout Angolais qui aiderait les immigrants illégaux. Ils mettent en péril la souveraineté de leur pays et l’économie nationale, explique-t-on de l’autre côté de la frontière. 7 autres avaient été rapatriés majoritairement vers la RD Congo, mais aussi, en plus petit nombre, vers le Congo-Brazzaville le Mali, l’Erythrée et la Mauritanie.
Le secteur de l’exploitation artisanale du diamant, est assure le gouverneur angolais, dominé par les RD Congolais dont le pays partage 770 km de frontière.
Au cours d’une adresse au parlement angolais, lundi 15 octobre 2018, le Chef de l’Etat Angolais, Joao Lourenço est revenu sur cette opération d’expulsions d’étrangers illégalement établis dans son pays. Pour la confirmer et l’encourager. Le nouvel homme fort de Luanda a justifié les expulsions qui ont tant ému à Kinshasa, arguant du fait que « l’émigration illégale liée à l’exploitation minière et au commerce illégal de diamant a atteint des niveaux alarmants dans au moins sept provinces du pays. S’agissant d’une question de sécurité nationale, de défense et de protection de nos ressources naturelles, nous menons une lutte incessante contre ce phénomène qui s’est installé dans notre pays aux yeux de tous, avec la connivence et la protection de nombreuses personnes », a soutenu en substance Joao Lourenço. Nos confrères de Jeune Afrique qui rapportent les propos du président Angolais indiquent qu’il fonde beaucoup d’espoir sur le diamant dont il envisage une nouvelle politique de commercialisation.
J.N.

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