COMITE LAIC DE COORDINATION : Les appels à la violence battus en brèche

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    Le groupe d'universitaires qui donne la réplique au CLC

    Une année seulement après sa création dans le sillage de l’archevêché de Kinshasa et la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), le Comité laïc de coordination (CLC) semble réduit à sa plus simple expression. Celle d’une espèce d’Ong, comme en compte par milliers en RD Congo, qui largue de multiples incantations auxquelles de moins en moins de rd congolais croient. Et depuis peu, que de plus en plus d’esprits éveillés contestent, carrément.
    Beaucoup d’eau a, en effet, coulé sous les ponts depuis la mi-2017, lorsqu’à l’instigation du cardinal archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, une sorte de bras armé de l’Eglise catholique tentait d’embarquer les fidèles catholiques dans un engagement politique partisan à la limite du peccamineux. La stratégie n’a manifestement pas tenu la route, les protestataires déversés sur les rues à Kinshasa et dans certaines villes du pays se sont trop révélés ce qu’ils étaient en réalité : des loubards et autres combattants casseurs au service de quelques partis politiques extrémistes belliqueux. Et les véritables fidèles catholiques se sont rebiffés.
    Depuis quelques mois, le CLC se débarrasse peu à peu de ses atours d’emprunts et se « laïcise », pour ainsi dire. L’affaire marche encore moins qu’avant, « même à Kinshasa, on ne voit pas les fidèles catholique suivre les agitateurs politiques du cardinal en connaissance de cause», explique au Maximum le curé d’une paroisse au Centre-ville. Le groupe dirigé par Isidore Ndaywel, un professeur d’histoire qui a longtemps flirté avec le pouvoir en place jusqu’à sa disgrâce pour faits de gestion à la tête du Commissariat général à la Francophonie il y a quelques années, ne paient plus de mine. Dans une déclaration, le 7 juillet 2018, ils annonçaient pourtant encore des manifestations publiques d’envergure, qui tombent comme un cheveu dans la soupe en pleins préparatifs électoraux. Et marque leur isolement : même les acteurs politiques qui ont accompagné leurs premières manifestations semblent leur avoir résolument tourné le dos. En s’engageant précipitamment, et tardivement, dans le processus qui mène droit sur les élections de décembre 2018. Les fournisseurs des manifestants n’arrêtent plus de vanter le nombre de candidats alignés aux prochaines élections, les mêmes que combattent avec l’énergie du désespoir les scouts du vieux cardinal kinois. Et ces politiciens ne sont pas les seuls à avoir largué le CLC.
    Samedi 13 juillet à Kinshasa un collectif de jeunes qui se déclare engagé pour la paix est courageusement monté au créneau. Pour fustiger les derniers appels à la violence lancés par le CLC, qu’il juge « contre productifs » à 5 mois d’élections qui permettront de renouveler les institutions du pays et d’assurer l’alternance politique au sommet de l’Etat. Nous «dénonçons les actions de rue que se propose de décréter le CLC à partir du mois d’août prochain dans le seul but de perturber le processus électoral dont le train a bien quitté la gare avec l’ouverture depuis le 24 juin dernier, des Bureaux de réception et traitement des candidatures pour l’actualisation des Candidatures à la députation provinciale », écrivent ces jeunes intellectuels dans un message lu sur certaines chaînes de télévision à Kinshasa (Texte intégral ci-après).
    J.N.
    Déclaration des Mouvements citoyens et Associations des jeunes universitaires à l’Appel du Comité Laïc de Coordination
    Nous, Mouvements citoyens et Associations des jeunes universitaires réunis au sein du Collectif des jeunes engagés pour la paix, après avoir pris connaissance du contenu de l’Appel du Comité Laïc de Coordination (CLC) daté du 7 juillet 2018 et relayé par certains médias locaux ;
    Sachant que ce message du CLC est contreproductif à quelque cinq mois des élections censées permettre de renouveler les institutions du pays et assurer l’alternance politique réclamée à cor et à cri par la communauté tant nationale qu’internationale ;
    Faisons la déclaration ci-après :
    Rejetons l’appel du Comité Laïc de Coordination ;
    Dénonçons les actions de rue que se propose de décréter le CLC à partir du mois d’août prochain dans le seul but de perturber le processus électoral dont le train a bien quitté la gare avec l’ouverture depuis le 24 juin dernier, des Bureaux de Réception et Traitement des Candidatures pour l’actualisation des candidatures des députés provinciaux ;
    Soutenons et encourageons la Commission électorale nationale indépendante qui, malgré des conditions difficiles de travail, exécute sans rechigner son chronogramme ;
    Condamnons les incriminations et les récriminations fantaisistes formulées par le CLC sur les électeurs enregistrés sans empreintes digitales. Celles-ci ne sont qu’un des dix critères d’identification et non l’unique. Ne pas en disposer n’entame pas du tout la crédibilité de l’audit du fichier ni du processus électoral. Car, la finalité recherchée est l’identification certaine du votant.
    Refusons que le CLC prenne prétexte sur la candidature supposée du président Joseph Kabila pour un troisième mandat, alors qu’il n’en est rien, l’intéressé ayant à plusieurs reprises communiqué sur son avenir politique, pour créer inutilement des tensions sociales. Le chef de l’Etat a dit et redit qu’il respectera la Constitution dans toutes ses dispositions. Le contexte actuel de notre pays recommande d’agir dans le seul souci de garantir l’intégrité de notre territoire, la stabilité des institutions, la cohésion nationale et le bonheur des populations congolaises. La création du Front commun pour le Congo (FCC), ce nouveau Camp de la patrie, participe à cet idéal.
    Appelons les extrémistes du CLC à reconsidérer leur position à la lumière de l’aspiration profonde des populations congolaises à des élections apaisées et à la paix post-électorale. L’unité de tous, autour des intérêts réels du Congo et de son peuple, est la meilleure façon de garantir le développement économique et l’amélioration de la situation sociale de nos populations.
    Invitons les jeunes à ne pas céder aux manipulations des vendeurs d’illusions car il s’agit de notre avenir immédiat.
    Nous exhortons le peuple congolais, davantage les jeunes, à être particulièrement vigilants dans l’exercice de leur droit de regard sur la bonne application de la Constitution, forts de l’autorité de l’article 64 de notre Constitution.
    Que Dieu bénisse la Rd Congo
    Le peuple gagne toujours
    Pour les mouvements citoyens et associations des jeunes intellectuels
    Collectif des Jeunes Engagés pour la Paix et Associations des jeunes étudiants des universités du Congo.

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